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UE-Migration : L’impossible réforme européenne de l'asile ?


Rédigé par L'Opinion Mercredi 25 Janvier 2023

L'UE, confrontée à une hausse des arrivées, avec 330.000 "entrées irrégulières" en 2022, alors qu’elle compte quelque 924.000 demandes d'asile enregistrées, bute toujours sur une réforme de son système d'asile.



Huit ans après la crise des réfugiés de 2015, l'Union Européenne bute toujours sur une réforme de son système d'asile, au moment où les arrivées de migrants repartent à la hausse sur le continent. Le poids de l'extrême droite dans plusieurs pays européens complique encore les perspectives de consensus sur un meilleur partage des responsabilités au sein de l'Union dans l'accueil des demandeurs d'asile.

La question migratoire, plus spécifiquement celle des renvois de personnes en situation irrégulière vers leur pays d'origine, sera jeudi au menu d'une réunion des ministres de l'Intérieur en Suède qui assure la présidence semestrielle du Conseil de l'UE et mène donc les négociations sur les dossiers européens jusqu'à fin juin.

Dans ce pays scandinave qui portait une politique d'asile parmi les plus généreuses du continent jusqu'en 2015-2016, le gouvernement s'appuie depuis octobre sur une alliance sans précédent avec le parti d'extrême droite des Démocrates de Suède (SD).
L'accord de majorité passé entre les trois partis au gouvernement et SD "durcit encore l'approche restrictive" sur l'immigration adoptée par le précédent gouvernement social-démocrate, souligne l'expert Bernd Parusel, de l'Institut suédois d'études politiques européennes, interrogé par l'AFP.

Il vise "à réduire l'immigration autant que possible", et le gouvernement et ses alliés "ne vont certainement pas vouloir d'un compromis (européen) susceptible d'accroître le nombre de demandeurs d'asile en Suède", poursuit-il.

 
Dans l'immédiat, augmenter les renvois des migrants
 
Ludvig Aspling, député SD et porte-parole de ce parti sur les questions migratoires, le confirme: "Nous n'avons pas de problèmes pour des coopérations sur le contrôle aux frontières ou la lutte contre l'immigration clandestine dans notre région proche, mais clairement nous ne voulons aucun accueil obligatoire de migrants", explique-t-il à l'AFP.

Dans l'immédiat, la présidence suédoise du Conseil de l'UE veut œuvrer à faire augmenter les renvois des migrants en situation irrégulière vers leur pays d'origine, alors qu'au niveau européen, seules 20% des décisions de "retour" sont effectivement mises en œuvre.

Certains volets du Pacte sur la migration et l'asile présenté par la Commission en septembre 2020 connaissent certes des avancées, notamment l'élargissement du champ d'Eurodac, la base de données européenne contenant les empreintes digitales des migrants en situation irrégulière et des demandeurs d'asile. Ou la mise en place d'un nouveau filtrage obligatoire préalable à l'entrée d'un migrant dans l'UE.

Mais la perspective d'aboutir à une adoption de l'ensemble du pacte avant les élections européennes de 2024, comme s'y sont engagés le Parlement et le Conseil de l'UE, est une mission pour le moins incertaine.

Car le point le plus épineux, la réforme du système de Dublin et la répartition des demandeurs d'asile entre les pays de l'UE, reste bloqué.



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