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Secteur BTP : Redynamisation des entreprises par la commande publique [INTÉGRAL]


Rédigé par Soufiane CHAHID Dimanche 19 Mars 2023

Le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a présidé une réunion avec les acteurs du secteur pour leur exposer les grands projets programmés en 2023.



45 milliards de dirhams. C’est le vaste portefeuille d'investissements que le gouvernement compte engager au cours de l’année 2023. Eau, routes, autoroutes, ports, équipements publics, ces secteurs stratégiques pour le Royaume vont bénéficier d’enveloppes conséquentes. Afin d’informer et donner de la visibilité aux acteurs marocains du BTP sur la commande publique, le ministère de l’Equipement et de l’Eau a organisé, le 15 mars, une journée d’information sur le programme prévisionnel des marchés de BTP.
 
Cet événement a été présidé par le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, avec la participation des directeurs centraux du ministère, ainsi que les entreprises publiques engagées dans ces chantiers, comme l’ONEE, Autoroutes du Maroc (ADM), l'Agence Nationale des Ports (ANP), le groupe Tanger Med et Nador West Med.
 
Cette journée s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements du contrat-programme signé entre le gouvernement et les professionnels du secteur BTP, qui a pour but de mettre en place les orientations stratégiques nécessaires afin de promouvoir l‘ingénierie et les entreprises du BTP”, a expliqué le ministre dans son discours d’ouverture.
 
Le ministre a aussi rappelé que le secteur du BTP est un des secteurs les plus dynamiques du tissu économique national, puisqu’il contribue à environ 6% du PIB et 11% des créations d’emplois. “Le secteur joue également un rôle central dans l’exécution des stratégies sectorielles, ce qui fait de lui un pilier important de la croissance de l’économie nationale”, a poursuivi Nizar Baraka.
 
Secteur en difficulté
 
Ces projets publics représentent une bouffée d’oxygène pour un secteur qui souffre. Les entreprises du BTP sont confrontées depuis la crise Covid à une baisse des commandes conjuguée à une hausse générale des prix des matières premières. Le prix du ciment est ainsi passé de 1.158 dirhams la tonne en janvier 2021 à 1.238 dirhams la tonne en décembre 2022. Même chose pour l’acier torsadé qui est passé de 5.949 dirhams la tonne en janvier 2021 à 7.792 dirhams la tonne en décembre 2022. Pour ce qui est du bitume pur routier, il a évolué de 4.186 dirhams la tonne en janvier 2021 à 7.422 dirhams la tonne en décembre 2022.
 
Cette situation s’est reflétée dans les ventes de ciment, indicateur principal de l’activité des BTP. Selon les chiffres du département de l’Habitat, les ventes de ciment sont passées de 13,97 millions de tonnes en 2021 à 12,49 millions de tonnes en 2022.
 
En 2022, le ministère de l'Equipement et de l’Eau, en accord avec la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics, et en collaboration avec les différents secteurs concernés, a pris l’initiative de mettre en place des mesures exceptionnelles. Ces mesures ont été acceptées par le chef du gouvernement, en date du 18 avril 2022”, a rappelé le ministre. Selon Nizar Baraka, ces mesures ont permis de traiter quelques difficultés auxquelles ont été confrontées les entreprises du BTP, en prolongeant les délais pour 805 marchés, et en rompant 83 marchés sur 122 de manière amiable sans recourir à la saisie des garanties financières.
 
Nouveau décret
 
Pour faciliter l’accès aux marchés publics et le fonctionnement des entreprises du secteur, le ministère a porté des réformes juridiques et organisationnelles pour plus de transparence et de gouvernance. “Nous avons révisé les textes relatifs aux passations des marchés publics, en coordination avec les acteurs du secteur. Le nouveau décret sur les marchés publics a été adopté par le Conseil de gouvernement le 29 décembre 2022 et il sera publié dans le Bulletin Officiel dans les deux prochaines semaines”, a déclaré Nizar Baraka.
 
“Ce texte est venu avec plusieurs nouveautés, parmi lesquelles l’adoption de la meilleure offre en termes de qualité, plutôt que le moins disant”, a poursuivi le ministre dans son discours d’ouverture de l'événement. Ce nouveau décret mettra un terme à la problématique de la concurrence au plus bas prix, ce qui a conduit à la faillite de plusieurs entreprises.
 
Soufiane CHAHID
 

Trois questions à Mohamed Gueri : “L’administration est en décalage par rapport aux urgences des entreprises BTP”


Le président du bureau régional de Rabat-Salé-Kénitra de la Fédération nationale du Bâtiment et des Travaux publics (FNBT), Mohamed Gueri, a répondu à nos questions concernant les difficultés que traverse le secteur du BTP.
 

Cette enveloppe de 45 milliards vous paraît-elle suffisante ? 

Quand on entre dans le détail de ces 45 milliards de dirhams, on trouve que ces investissements sont étalés sur trois ans. Il y a des projets qui s’étalent étalés sur deux, trois et même quatre ans. Quand on parle d’une autoroute c’est trois ans, un barrage c’est quatre à cinq ans. Aujourd’hui, notre baromètre est les soumissions. Le marché devient très étroit par rapport aux volumes des entreprises. Dans le domaine des routes, c’est 13,6 milliards de dirhams. Ce montant ne peut pas absorber la demande. La problématique au Maroc est qu’il n’y a pas de continuité dans les programmes. On est dans une sorte d’électrocardiogramme avec des hauts et des bas. Mais les entreprises ne peuvent pas vivre sans visibilité sur le long terme. 

Vous reprochez donc à l'administration sa lourdeur ? 
Il y a un grand fossé entre l'administration et l’entreprise. Il y a des marchés qui sont ouverts quatre fois. Je vous donne un exemple. On est le 16 mars, c’est donc le quart de l’année et on vient d’annoncer le programme. S’il y a une publication pour un marché, il faut 20 jours pour les petits et moyens projets, et 45 jours pour les grands projets. On se retrouve au mois de mai. L’adjudication se fait sur deux mois. Le démarrage est pour le mois d’octobre. L’année est donc écoulée. Une entreprise a des salariés qui doivent être payés mensuellement. On voit que l’administration est en décalage par rapport aux urgences des entreprises du BTP. 


Le nouveau décret sur les marchés publics va-t-il changer quelque chose ? 

Il y a un gros problème avec ce décret, c’est qu’il n’est pas applicable aux entreprises publiques. Or, la grande majorité des marchés vient de ces entreprises. De plus, aujourd’hui, il y a la tendance des SDL, qui vont gérer les marchés publics au niveau local. Mais une fois qu’on est confronté à la SDL, le décret n’est plus applicable. 
 
Propos recueillis par Soufiane CHAHID
 
 
 

L’info...Graphie


Marchés publics : Un nouveau décret prochainement applicable

Porté par le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka, le projet de décret relatif aux marchés publics a été adopté en Conseil de gouvernement le 29 décembre 2022. Selon le ministre, il sera publié dans les deux prochaines semaines et entrera en vigueur six mois après. Le nouveau texte dispose de plusieurs apports, parmi lesquels l’adoption d’un référentiel unique régissant la passation des marchés publics, pour garantir une vision plus claire pour les acteurs économiques.
 
Le nouveau décret cherche aussi à promouvoir la valeur ajoutée locale, en valorisant les produits du terroir marocain, renforcer la conformité aux normes marocaines, et instaurer des mécanismes pour faciliter l’accès des très petites entreprises et PME, notamment les entreprises innovantes, les auto-entrepreneurs, les coopératives et les fédérations des coopératives aux marchés publics.
 
Pour ouvrir les portes à ces entreprises, le décret relatif aux marchés publics a introduit un nouveau mode d’évaluation des offres. Plusieurs méthodes de passation de marchés sont ainsi adoptées, telles que le dialogue compétitif et les appels d’offres simplifiés. De plus, le texte réserve 30% du montant prévisionnel des marchés à lancer aux TPE, PME - y compris les jeunes entreprises innovantes -, aux coopératives et auto-entrepreneurs. 20% des effectifs pour la réalisation d’un marché seront réservés à la main-d’œuvre locale.

Rôle central pour l’ANEP

La plus grande part des chantiers sera portée par l’Agence Nationale des Equipements Publics (ANEP). L’institution dirigée par Zineb Benmoussa a dans son portefeuille pour l’année 2023 pas moins de 12,9 milliards de dirhams d’investissement. Près de 2,8 milliards de dirhams seront réservés à la construction de 14 nouveaux hôpitaux, parmi lesquels le nouvel hôpital Ibn Sina à Rabat, les CHU d’Agadir, de Laâyoune et d’Errachidia. A cela s'ajoutent pas moins de 56 projets de construction de centres hospitaliers, et de 800 projets de centres de santé.

 

Priorité aux aménagements hydrauliques

Le département de l’Eau accapare près de 4,8 milliards de dirhams d’investissements, répartis entre la Direction des aménagements hydrauliques, la Direction de la recherche et de la planification de l’eau, et les agences des bassins hydrauliques. Pour 2023, cinq barrages seront mis en chantier pour 2,56 milliards de dirhams. De plus, 852 millions de dirhams seront affectés à neuf projets d’hydromécaniques et électromécaniques d’exécution associés aux barrages. Au total, 4,426 milliards de dirhams seront consacrés aux travaux, et 412 millions de dirhams aux études et contrôles.



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