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Actu Maroc

PIB, chômage, transferts des MRE, IDE… les sombres prévisions de CDG Capital

Covid-19 et sécheresse


Rédigé par A. CHANNAJE le Vendredi 17 Avril 2020

Les équilibres maroc-économies en prennent un coup en cette année de covid 19 et de sécheresse qui frappe le pays. L’embellie serait pour 2021, selon le FMI.



PIB, chômage, transferts des MRE, IDE… les sombres prévisions de CDG Capital
L’évolution des principaux équi-libres macro-économiques en 2020 s’affiche fortement impactée par deux évènements majeurs : la crise du Covid-19 et ses effets néfastes sur l’ensemble des composantes de l’économie nationale, et la confirmation d’une deuxième année de sécheresse. C’est ce qui ressort d’une note de CDG Capital intitulée : « Economie nationale et marchés de taux face aux enjeux du Covid-19 et de la sécheresse ».

Dans ce contexte exceptionnellement difficile, poursuit la société de gestion collective spécialisée sur les marchés financiers, la gravité de l‘impact sur l’économie nationale dépend, dans une large mesure, de la durée de cette crise sanitaire liée à coronavirus aussi bien sur le système productif que la stabilité du système monétaire et financier national.

Selon la filiale de CDG, les prévisions économiques, évoquées dans la présente note, se sont basées essentiellement sur le plan de soutien retenu par le CVE (Comité de veille économique), dont les solutions portent sur une période allant de mars à juin.

Elle table ainsi, sur la base d’une approche comparable avec les saisons précédentes et leurs déroulements, sur une saison quasi-similaire à celle de 2016 avec une production céréalière autour de 30 millions de quintaux. Dans ce contexte, les analystes de l’établissement prévoit à ce que la valeur ajoutée agricole baisse, pour la deuxième année consécutive, pour s’établir à -6% contre à -4% estimée pour l’année 2019.

Fort ralentissement de la croissance non agricole

De même, et compte tenu des évolutions récentes relatives au Covid-19 et l’arrêt d’activité dans plusieurs secteurs non agricoles (activités financières, transport, hôtels et restaurants, BTP, industrie extractive…, CDG Capital s’attend à un fort ralentissement de la croissance non agricole à un niveau his-toriquement bas de 1,2%. La crois-sance nationale devrait évoluer en dessous de 1% contre 2,2% estimée par le HCP pour l‘année 2019, souligne-t-on.

En termes d’emplois de la croissance, la demande intérieure devrait fortement ralentir sous l’effet de quatre facteurs. D’abord, les pertes d’emploi causées par la pandémie de coronavirus, et ce, en dépit des mesures prises par le CVE pour soutenir les ménages.

Le second facteur a trait à la détérioration du pouvoir d’achat dans le monde rural suite à la succession de deux mauvaises saisons agricoles.

Pour le troisième facteur, il s’agit d’une forte dégradation prévue des transferts des MRE compte tenu, bien sur, de la conjoncture difficile de la zone euro, principal partenaire économie du Maroc.

Enfin, le quatrième facteur est le ralentissement attendu de la distribution des crédits bancaires en cette période de crise.

Les entreprises et les ménages décaleront cette année leurs décisions d’investissement

De même, et en dépit des nouvelles mesures récemment lancées pur les TPME (Très Petites et Moyennes Entreprises), notamment le pro-gramme « Intelaka », la contribution de l’investissent devrait aussi baisser passant de 0,2% en 2019 à -1,2% en 2020. Les analyses de CDG Capital attribuent ce recul à deux éléments : climat défavorable, qui devrait pousser les entreprises et les ménages à décaler leurs décisions d’investissement et baisse des investissements publics.

Cependant, et malgré la mauvaise conjoncture internationale, CDG Capital estime que la demande étrangère adressée au Maroc devrait se redresser pour contribuer à hauteur de 1,3% au PIB en 2020 contre -0,4% en 2019. Cette amélioration résulte d’une atténuation du déficit du commerce extérieur avec d’une part, un recul en volume et en valeur des importations associées à une baisse moins atténuée des exportations, compte tenu de la hausse de la demande sur l’agroalimentaire et la résistance de la chaîne d’expédition des phosphates et dérivés.

Pour ce qui est de l’inflation, elle devrait connaitre un léger rebond à 1,3% en 2020 contre 0,2% en 2019, en raison du renchérissement des prix des produits alimentaires.

Enfin, sur la base d’une hypothèse de recul de 50 % du solde voyage, de 30 % des transferts des MRE, ainsi qu’une baisse similaire à celle de 2019 des IDE, soit -42 %, CDG Capital prévoit une baisse du flux net global émanant de ces trois sources de l’ordre de 54,5 milliards de DH.

A. CHANNAJE