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Culture

Les musées, cimetières de pièces antiques, sont devenus des lieux de vie


Rédigé par Abdallah BENSMAÏN le Mercredi 16 Juin 2021

La Fondation Nationale des Musées fête ses 10 ans. Avec des ouvertures de musées, des réalisations et des expositions de dimension internationale, elle aborde l’avenir avec optimisme et s’apprête à s’engager dans un projet appelé à faire de Rabat un centre de rayonnement culturel, national et africain, méditerranéen enfin.



Dix ans, ce n’est même pas l’âge de raison mais la Fondation Nationale des Musées a fait la preuve que la valeur n’attend pas le nombre des années…En une décennie, l’ouverture des musées s’est multipliée à travers le Royaume et la dynamique des expositions, lancée dès sa création ne s’est pas essoufflée, malgré l’intermède de la pandémie qui a gelé l’activité culturelle dans son ensemble.

C’est ainsi que pas moins de 21 expositions majeures ont été organisées depuis la mise en place de la FNM, parmi lesquelles certaines marqueront les esprits et l’ouverture sur l’art mondial du Musée Mohammed VI, avec les expositions des oeuvres de Van Gogh, Picasso, César, Miro, Dali ou encore Goya. L’apothéose de ces expositions fut atteinte avec l’organisation de la Biennale de Rabat en 2019, à la veille de la pandémie du Covid-19 qui a drainé plus de 140.000 visiteurs. Cette Biennale, dira Mehdi Qotbi, président de la Fondation Nationale des Musées, « marquera les esprits à travers le grand succès qu’elle a connu. C’est la meilleure illustration des transformations accomplies dans notre paysage culturel. Nous allons poursuivre nos efforts en faveur de la démocratisation de l’accès aux arts et à la culture, notamment au travers de la restauration et de la réouverture de nombreux musées sur tout le territoire».
 
Le recours au digital imposé par le Covid a maintenu une sorte de souffle vital durant l’année 2020, mais n’a pas remplacé, loin s’en faut, l’ambiance des vernissages, les rencontres avec les artistes et une certaine animation de la vie des cimaises. La communication, c’est prouvé, ne remplace pas l’action même si celle-ci en apparait comme une alternative...

Les musées, entre cimetières et lieux de vie

Durant cette décennie, des actions de restauration et des ouvertures de musées ont eu lieu. Il s’agit notamment du MMVI, du musée la Casbah des cultures méditerranéennes de Tanger, du musée de l’Histoire et des civilisations de Rabat, du musée des confluences Dar El Bacha à Marrakech, du musée national de la céramique de Safi, du musée national du tissage et du Tapis Dar Si Said à Marrakech, du musée de la photographie à Rabat et du musée villa Harris de Tanger, comme le rappelle dans son énumération, Abdelaziz El Idrissi, directeur du Musée Mohammed VI.

L’enrichissement de l’offre est une réalité et plusieurs autres musées seront opérationnels d’ici la fin de l’année en cours, est-il, par ailleurs, annoncé. Il s’agit des musées Dar Jamai de Meknès, Borj Belkari dans la même ville, Bab el- Okla de Tétouan, Place Jamaa El Fna de Marrakech, des Oudayas à Rabat ou encore le musée des Arts de l’Islam de Batha à Fès.

La célébration des dix années d’existence de la Fondation Nationale des Musées a également été couronnée par la mise en place d’un nouveau cadre juridique régissant les activités muséales au Maroc. La nouvelle loi 56.20 vient renforcer le rôle institutionnel de la Fondation Nationale des Musées en termes de transmission et de consécration de la connaissance culturelle et de l’image civilisationnelle du Royaume, renforçant ses missions en termes d’acteur majeur d’une diplomatie culturelle qui se construit dans son environnement immédiat, méditerranéen et africain. Porteur d’une vision d’avenir, le musée au Maroc s’ouvre sur la jeunesse avec l’instauration de la gratuité d’entrée aux musées de la FNM en faveur des étudiants et des élèves, avec la signature, en ce début de mois, d’une convention-cadre de partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Le projet qui prend forme est le complexe culturel qui doit voir le jour dans les anciens bâtiments de l’OCP et de la Marine Royale qui fait face au Musée Mohammed VI. Il sera relié au MMVI par un tunnel et est appelé à constituer le coeur de Rabat «Ville lumière et capitale de la culture». Il est appelé à abriter un centre africain de formation pour la sauvegarde du patrimoine et le partage des expertises, un musée du Continent dédié aux oeuvres d’artistes contemporains africains et le musée de la ville de Rabat. L’objectif affirmé par Mehdi Qotbi est d’en faire «le poumon culturel du Maroc et pourquoi pas de l’Afrique».

« Les musées marocains ne sont plus des cimetières d’objets antiques », se sont transformés, en une dizaine d’années en « des espaces pleins de vie », comme le notera avec pertinence Abdelaziz El Idrissi.
 
Abdallah BENSMAÏN

  


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