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Actu Maroc

Les industriels de la conserve de poisson traversent une crise "sans précédent"


Rédigé par Safaa KSAANI le Lundi 11 Octobre 2021

Le secteur qui assure 66 % de la production mondiale de Sardine Pilchardus Walbaum et détient 46 % de part de marché de la conserve de Sardines assiste aujourd’hui à une érosion majeure de ses volumes et ses marges industrielles, selon l'UNICOP, qui tire la sonnette d'alarme.



L’industrie de la conserve de poisson est devenue l'un des principaux contributeurs à la réduction du chômage, fournissant près de 30 000 emplois directs et plus de 80 000 emplois indirects sur le territoire national, traverse aujourd'hui une crise inédite, constate l'association UNICOP.

En effet, en plus de la pandémie de la COVID-19, le secteur de l'industrie de conserves de poisson fait face actuellement à plusieurs dangers et défis impactant la compétitivité des entreprises et de la filière. D'un côté, il y a la perturbation des chaînes d'approvisionnement et la pression sur la matière première, de l'autre, la déclinaison de marchés. S'y ajoute la flambée des coûts. 

Dans le détail, la rareté des ressources est principalement liée à la concurrence inter-filière et au manque structurel de la ressource. Une situation qui a gravement affecté la compétitivité de la conserve marocaine en limitant son accès à des Marchés à hautes valeurs à l’export, estime l'UNICOP. 

À cause de cette rareté de ressources, l’impact est doublement négatif. D'une part, les unités ne fonctionnent pas à leur régime normal réduisant ainsi le nombre de jours de travail. De l'autres, les contrats clients ne sont pas respectés, réduisant ainsi les quantités des exportations qui sont de -25 % en volume comparées à 2020 et prévisible à - 40 % pour la fin de l’année, détaille-t-on.

Concernant la déclinaison des marchés, une grande partie d'eux a également été touchée en valeur, déclenchant une baisse des prix et des craintes des clients d'une crise structurelle. Les volumes sont en déclin et des marchés sont de plus en plus abandonnés à cause de la non disponibilité de la matière première, privant ainsi l’État d’importants montants de devises et de nombre de jours travaillés, souligne-t-on.

Ainsi, entre la flambée des coûts des intrants, et les problèmes d’approvisionnement, les prix de revient explosent depuis plusieurs mois. 

Face à cette situation, les professionnels du secteur ainsi que les membres de l’UNICOP, sollicitent un plan de sauvegarde de la filière compte tenu de son importance socio-économique.

Ils appellent ainsi les pouvoirs publics à appliquer d’urgence les solutions et les recommandations des scientifiques visant à assurer la sauvegarde du stock halieutique, imposer un droit de regard de l’État sur les monopoles et limiter les hausses de matières premières qui seraient injustifiées, supporter financièrement la filière qui ne profite d’aucune subvention malgré son importance économique et son apport historique en investissement et en création d’emplois, et enfin avoir un accès prioritaire à la matière première, et cela pour un souci d’une plus-value importante, d’un positionnement stratégique du produit Maroc et une pérennité de l’apport socio-économique, conclut-on.