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Actu Maroc

Le casse-tête de la mobilité en période de Covid : entre partage d’informations et transgression de la loi

Situation routière en direct


Rédigé par Hajar LEBABI le Mardi 1 Septembre 2020

Face à la situation sanitaire et à l’absence de canaux officiels qui communiquent sur l’état de la circulation routière en temps réel, certains groupes sur Internet s’occupent de cette tâche.



Le casse-tête de la mobilité en période de Covid : entre partage d’informations et transgression de la loi
Alors que la saison des vacances touche bientôt à sa fin et que les vacanciers retournent petit à petit à leurs maisons, d’autres personnes qui préfèrent profiter de leurs congés en septembre empruntent quant à eux la route de départ.Alors que la saison des vacances touche bientôt à sa fin et que les vacanciers retournent petit à petit à leurs maisons, d’autres personnes qui préfèrent profiter de leurs congés en septembre empruntent quant à eux la route de départ.

Le trafic routier et autoroutier du Maroc a connu plusieurs changements en cette période de pandémie. Les mesures restrictives imposées par les autorités, ainsi que la déclaration de l’état d’urgence, ont rendu la circulation routière et autoroutière dans le pays beaucoup plus contraignante. Ceci s’explique par la nécessité, pour les autorités, de limiter les déplacements afin d’empêcher la propagation du virus au niveau national. Ainsi, la multiplication des barrages de contrôle n’a pas aidé à améliorer la circulation.

Face à cette situation, les conducteurs peinent à prédire la situation routière lors de leurs déplacements. Plusieurs personnes se plaignent d’être soumises à des restrictions, à des amendes ou à être simplement coincés dans des embouteillages. Dans ce contexte, une nouvelle tendance sur les réseaux sociaux commence à gagner du terrain. Il s’agit d’individus ou de groupes qui communiquent, en direct, la situation de la circulation routière dans les différents coins du pays. L’un des plus connus et fortement utilisés par les internautes est le groupe «Mouton Futé».  

Un «free-pass» pour enfreindre la loi 

Ce groupe Facebook qui s’autoproclame « guide du trafic routier et autoroutier », partage en temps réel, toutes les informations concernant la situation routière, sur tous les axes du Royaume. «Mouton Futé» regroupe plus de 10.000 utilisateurs qui ne se privent pas de poser des questions ou de partager des informations sur l’état des routes. «Ce groupe a pour but d’informer en temps réel sur la situation du trafic d’une manière participative et collaborative avec les membres du groupe qui prennent la route pour informer les autres automobilistes et motards de la situation de la circulation», lit-on sur la description du groupe. Ceci dit, les administrateurs insistent sur le fait que les internautes ne doivent pas partager leurs publications alors qu’ils sont en train de conduire, afin d’éviter tout accident. 

Bien que ces groupes soient perçus, par les internautes, comme des sauveurs des personnes qui prennent la route, plusieurs interrogations se posent quant à la légitimité et la légalité de tels actes. La question devient encore plus pertinente en cette période de pandémie, alors que de nombreux conducteurs utilisent ces groupes pour pouvoir esquiver les barrages et les contrôles policiers. Chose qui facilite la tâche pour les personnes qui refusent de respecter les mesures restrictives imposées par les autorités.

Ceci dit, il est tout à fait normal que les conducteurs souhaitent avoir une idée sur la situation du trafic routier dans le pays. De telles initiatives résultent directement de la situation de flou et du manque d’information qui subsiste à ce sujet. Face à l’absence de canaux officiels qui partagent en temps réel et de manière continue ces informations, les automobilistes préfèrent avoir recours à de telles alternatives, même si cela pourrait inciter certaines personnes à enfreindre la loi. 

Hajar LEBABI

3 questions à Rachid El Idrissi

Le casse-tête de la mobilité en période de Covid : entre partage d’informations et transgression de la loi
«Ce qui est dommage et hallucinant à la fois, ce sont souvent des gens bien instruits qui cherchent à enfreindre les lois en vigueur mises en place à cause de cette pandémie mondiale»

En sa qualité de personnage public qui s’exprime énormément sur la situation pandémique dans le pays, le célèbre animateur et producteur d’émissions de radio et de télévision, Rachid El Idriss, nous livre ses réflexions sur l’impact de ces pratiques sur la situation pandémique.

- Comment la pandémie a-t-elle impacté le trafic routier et autoroutier dans le pays ?
- Nos routes ne sont pas désertes comme on peut se l’imaginer. Au contraire, le flux y est, certes beaucoup moins qu’avant vu la fermeture de plusieurs villes, mais l’humain en général adore voyager, surtout qu’on est en pleine saison d’été.

- Plusieurs personnes profitent des informations diffusées par certains groupes, pour esquiver les barrages de contrôle et enfreindre les mesures restrictives imposées par les autorités. Quel est, selon vous, l’impact de cela sur la situation sanitaire ? Est-ce que ces groupes jouent un rôle dans la mobilité en cette période ?
- Ce qui est dommage et hallucinant à la fois, ce sont souvent des gens bien instruits qui cherchent à enfreindre les lois en vigueur mises en place à cause de cette pandémie mondiale. Et ce sont les mêmes qui viennent donner des leçons sur les réseaux sociaux. Sans parler de ceux qui sont du côté complotistes. Il faut plus de contrôle de la part des autorités pour ne plus permettre à ces personnes de jouer avec la santé publique. A mon sens, il n’y a aucun avantage à part celui de contourner les lois et ne penser qu’à sa propre personne pour aller passer des moments qui risquent de changer ta vie, voire même y mettre fin.

- Quelle est selon vous l’attitude qui devrait être adoptée par les personnes qui se déplacent, en cette période de pandémie ?
- Être en règle côté autorisation et toujours se renseigner pour être à jour, respecter les lois en vigueur, avoir son masque, ne pas le porter en conduisant, ne pas oublier son gel hydroalcoolique et respecter les mesures barrières.

Recueillis par H. L

Repères

Les internautes : des sauveurs du dimanche noir ?
Les images du dimanche 26 juillet résonnent toujours dans l’esprit des Marocains. Après l’interdiction des déplacements de et vers certaines villes du Maroc, le réseau routier et autoroutier a été pris d’assaut par de nombreux automobilistes, désireux de regagner leurs foyers afin de ne pas rester bloqués. Les photos et vidéos qui se sont répandus, telle une traînée de poudre, sur les réseaux sociaux attestent des dégâts humains et matériaux qui en ont résulté. La situation aurait été plus grave si les internautes n’avaient pas alerté les autres.
Les canaux officiels victimes de bugs
La Société Nationale des Autoroutes du Maroc (ADM) ou Autoroutes du Maroc a élaboré l’application ADM Trafic, il s’agit d’une application qui partage, en temps réel, des informations sur le trafic routier dans le pays. Ceci dit, les utilisateurs se plaignent du fait que l’application n’est pas mise à jour et que le partage de la situation routière n’est pas instantané. Pire encore, l’application connaîtrait plusieurs bugs qui rendent son fonctionnement quasi-impossible.
Les applications GPS ont une part de responsabilité 
Les applications routières telles que «Google Maps» ou «Wayz» ont gagné du terrain chez les utilisateurs marocains. Alors qu’elles sont utilisées plus fréquemment, ces applications donnent la possibilité aux utilisateurs d’aider d’autres automobilistes. Ils peuvent dans ce sens saisir des informations, en direct, sur la situation routière. Bien que cela aide à alerter les conducteurs lorsqu’il ya des accidents, mais cela contribue également à encourager certains à enfreindre la loi.