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La CEDEAO face à la crise malienne : Permettre à l’Etat d’accomplir sa mission régalienne


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Lundi 28 Février 2022

La crise malienne connaît un nouveau tournant au lendemain de l’annonce du retrait militaire de la France et ses partenaires européens permettant ainsi la montée en puissance des forces armées maliennes (FAMA), lesquelles engrangent une série de victoires sur les jihadistes, libèrent des otages tandis que près de 50.000 réfugiés ont regagné leur village d’origine.



Depuis l’annonce officielle du retrait militaire de la France et ses partenaires européens du Mali, le 17 février dernier, au terme de neuf ans de lutte anti jihadiste menée par Paris, une nouvelle réalité s’est imposée sur le terrain. Même si l’Hexagone dit vouloir rester engagé auprès des pays sahéliens et du golfe de Guinée.

En quelques jours, au moins cinquante (50) mille réfugiés maliens sur environ 350 000 sont arrivés dans leurs villages d’origine. Et ce n’est pas tout puisque des otages sont libérés par les forces armées du Mali (FAMA). Sur le front intérieur, la junte au pouvoir reste toujours soutenue par la population. Les émissaires se suivent sans se ressembler à Bamako.

En la matière, les propos du Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, sont rassurants et promettent un lendemain meilleur malgré l’embargo imposé par la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Selon lui, des terroristes sont neutralisés, des bases détruites, des armes et munitions ont été saisies. En outre, il précise qu’aujourd’hui, dans toutes les régions du Mali, les citoyens sentent le retour de la paix petit à petit. « Notre armée est dans des conditions exceptionnelles qui lui permettent d’accomplir sa mission régalienne historique, j’allais dire pour sécuriser le peuple malien », fait remarquer le chef de gouvernement malien. Est-ce à dire que l’on s’achemine vers le dénouement de la crise ? Il serait trop tôt et hasardeux de l’affirmer.

Cependant, des signes, tant sur le plan diplomatique que politique, donnent de l’espoir pour une solution rapide à ce bras de fer qui oppose la CEDEAO et la communauté internationale au Mali. Puisque l’Union africaine, à travers le président de la commission, s’est investi pour renouer le dialogue entre l’organisation sous régionale et Bamako. Sans compter que le médiateur de la CEDEAO est attendu cette semaine à Bamako.

Ballet diplomatique

En outre, les observateurs avertis sont unanimes à dire que le Mali est un état indépendant et souverain, il faut l’aider à exercer la plénitude de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire. C’est aussi un Etat central dans cette partie de l’Afrique. Sa déstabilisation aura des conséquences sur l’ensemble de la région.

A ce sujet, Gilles Yabi, Analyste politique et économiste, fondateur de WATHI, Think tank citoyen de l’Afrique de l’Ouest, estime que la stabilisation du Mali est indispensable à la sécurité régionale ouest-africaine.

En outre, il souligne que l’ampleur des sanctions de la CEDEAO, dans le contexte d’un pays profondément en crise, divisé, avec des populations qui se débrouillent pour la plupart quotidiennement pour survivre, lui semble excessive, voire dangereuse. Car dit-il, ces sanctions ont renforcé dans leurs certitudes les partisans les plus résolus des militaires au pouvoir, convaincus que le colonel Goïta est le sauveur du Mali qui ne devrait faire l’objet d’aucune pression.

Toutefois, Gilles Yabi fait remarquer que les convictions de ceux qui pensent que des élections organisées au plus vite sont la meilleure solution de sortie de la crise politique. Ces deux postures totalement opposées ne peuvent qu’entretenir une impasse dangereuse.

A ce sujet, Choguel Kokalla Maïga est on ne peut plus clair « l’objectif du Président de la Transition et du gouvernement est que dans quelques mois, nous pacifions l’écrasante majorité de notre territoire national pour pouvoir aller aux élections ».

Dialogue inter-malien élargi

Partant de ces constats, il s’avère que l’armée malienne est montée en puissance depuis le départ de la France et ses partenaires européens. Et au Mali, d’aucuns s’empressent déjà à dire que le médicament prescrit (les différentes forces sur le terrain) s’est mué en maladie, gangrénant tout le corps. Cette métaphore s’expliquerait par le fait que la peur a changé de camp. Les jihadistes sont traqués sur tous les fronts comme s’ils avaient perdu leurs soutiens traditionnels.

Pour comprendre cette mentalité malienne, il faut recourir à l’histoire de ce pays qui, jadis, était l’empire le plus craint. Ce n’est pas pour rien si le Mali est un repère dans l’imaginaire des Africains. Chose que cet essayiste sénégalais, Hussein Ba, décrit aisément « de l’antique empire du Ghana au tata de Babemba, en passant par les sublimes legs du Mali, du Songhaï et du Macina, sans oublier les postures chevaleresques des Amonakels, la patrie de Kankan Moussa, de par sa contribution remarquable à la création de bastions de civilisations, représente pour notre continent, ce que fut la Grèce ancienne pour l’Europe : une matrice culturelle féconde, créatrice de sens et libératrice de l’esprit humain ».

Toujours est-il que la crise malienne a pris un nouveau tournant où désormais la voie de la sagesse sera sans doute celle d’un dialogue inter-malien élargi à ceux qui, dans la classe politique, dans la société civile et au sein des groupes armés du nord signataires des accords de paix, avaient rejeté l’agenda du pouvoir de Bamako et boycotté les Assises de la refondation. La relance du dialogue pourrait être facilitée par un nouvel acteur extérieur perçu comme neutre et crédible.



Wolondouka SIDIBE



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