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Harcèlement des camions marocains en Espagne : le Maroc contre-attaque sur le front des semi-remorques

Mise à jour (25 octobre à 13h00)


Rédigé par Anass Machloukh le Samedi 24 Octobre 2020

Le Maroc a décidé de durcir le contrôle des semi-remorques espagnoles en rappelant l'obligation d'avoir un contrat de coopération avec une entreprise marocaine pour le débarquement des semi-remorques au niveau du port de Tanger med. Malgré la volonté des autorités compétentes de minimiser la portée politique de cette mesure, celle-ci résonne comme une riposte à la franchise de carburant imposée aux camions marocains en Espagne.



Harcèlement des camions marocains en Espagne : le Maroc contre-attaque sur le front des semi-remorques
Dans ce qui a été interprété dans les milieux de l'import comme une riposte non déclarée aux restrictions imposées récemment par les autorités espagnoles aux transporteurs marocains de marchandises, notamment en matière d’usage de carburant strictement ibérique pour leurs déplacements en Espagne, les autorités marocaines viennent de rappeler l'exigence de disposer d'un contrat de coopération avec une entreprise marocaine pour pouvoir débarquer les semi-remorques isolées en charge originaires d'Espagne. En application des directives du Ministère du transport, celles-ci seront soumises au contrôle de leur contrat de coopération, au même titre que les semi-remorques originaires d'autres pays européens soumises à des contrôles analogues sur la base des autorisations de transport bilatérales (MA), en vertu des conventions de partenariat bilatérales les liant avec le Maroc. "Pour le cas des remorques espagnoles qui sont exemptées des autorisations de transport bilatérales, le contrôle se fait sur la base des contrats de coopération", nous explique une source proche du dossier. 

Cette mesure présentée comme normale et tout à fait routinière par les représentants du ministère de tutelle que nous avons pu joindre, a été rappelée par une note diffusée le week-end par l'autorité du port de Tanger Med à l'adresse de ses usagers espagnols. Toutefois, le timing de sa diffusion interpelle à plus d'un titre. La note a ainsi été interprétée comme une sorte de mesure de réciprocité à l'encontre des contraintes récemment imposées par les autorités espagnoles aux transporteurs routiers marocains désormais soumis à l'obligation de se ravitailler en carburant espagnol, sous menace de leur appliquer une amende de 700 euros au cas où ils rentreraient en Espagne avec une réserve de gasoil supérieure à 200 litres. 

La note d’information de la direction de l’import-export du Port Tanger Med, indique que les camions semi-remorques isolés en charge, originaires d’Espagne seront soumis à compter du mardi 27 octobre au contrôle exigé par le ministère de l’Équipement, du Transport et de la logistique sur la base des contrats de coopération. En vertu de quoi, toute société espagnole ne disposant pas de contrat de coopération avec une société marocaine, verra ses semi-remorques interdites d’entrée sur le territoire national, indique la note. Pour ce faire, les responsables du Port Tanger Med pourront procéder au contrôle desdites semi-remorques espagnoles qui débarquent généralement au Maroc seules et sans accompagnateurs, sur la base de la carte grise originale et des copies de contrats de coopération liant leurs expéditeurs avec des entreprises marocaines. 

"De fait et au vu de son timing et de son contexte général, la note de Tanger Med résonne comme une réponse aux diverses mesures protectionnistes des autorités espagnoles à l'égard des transporteurs marocains en proie depuis longtemps à de régulières opérations d’arraisonnement de convois,  notamment par des collectifs de producteurs locaux dont les actes de vandalisme restent souvent et étrangement impunis", estime un exportateur marocain de produits agricoles. Tout à fait naturellement, les nouvelles contraintes relatives au carburant sont vécues par les exportateurs marocains comme d’énièmes mesures protectionnistes destinées à freiner les exportations marocaines à destination du Marché européen. D’où la réaction outrée du président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX), Hassan Sentissi qui avait considéré l'obligation de se ravitailler en carburant espagnol comme une nouvelle preuve de la guerre économique livrée en Espagne contre les produits marocains.

Il va de soi qu'en dépit du fait qu'elle soit présentée par le ministère marocain du transport comme une mesure normale et tout à fait anodine, la dernière mesure des autorités marocaines concernant les semi-remorques espagnoles, qui intervient dans un contexte tendu de bras de fer autour de la problématique de la contrebande via les villes marocaines occupées de Sebta et de Mellilia, demeure une manifestation légitime, naturelle et juste de la souveraineté nationale. 

  


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