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Etudiant italien tué au Caire: nouveau procès pour quatre Egyptiens à Rome


Rédigé par L'Opinion avec AFP Mardi 20 Février 2024

Un nouveau procès en Italie de quatre membres des services de sécurité égyptiens accusés d'avoir torturé à mort un étudiant italien en 2016 au Caire s'est ouvert en leur absence mardi à Rome.



Ce procès devant la cour d'assises de Rome ne devrait toutefois pas apporter de révélations sur cette affaire, qui a empoisonné les relations entre l'Egypte et l'Italie, étant donné que les quatre mis en cause (le général Tareq Saber, les colonels Aser Kamal et Hicham Helmi et le commandant Magdi Cherif) sont jugés par défaut (contumace).
 
"C'est un jour très important", ont déclaré les parents de la victime, Claudio et Paola Regeni, à leur arrivée au tribunal mardi matin, devant une banderole "Vérité pour Giulio Regeni" frappée du logo d'Amnesty International, a constaté une journaliste de l'AFP.
 
Des personnalités politiques, dont la députée de centre-gauche Laura Boldrini, sont venus apporter leur soutien.
 
L'audience s'est ouverte sur des points de procédure. Les avocats de la défense ont demandé la nullité des débats en faisant valoir que les chefs d'accusation ciblaient indistinctement les quatre Egyptiens, sans leur imputer à chacun des faits précis.
 
Le parquet s'oppose à ces demandes en estimant que les responsabilités individuelles seraient justement au coeur des audiences sur le fond. Cette première audience a duré environ 1H30. La prochaine se tiendra le 18 mars, lors de laquelle les juges devront statuer sur les objections juridiques de la défense.
 
"Cela fait huit ans que nous attendons ce moment", s'est félicitée à l'issue de l'audience l'avocate de la famille Regeni, Alessandra Ballerini. "Espérons (...) que nous puissions finalement assister au procès de ceux qui ont fait tout le mal du monde à Giulio", a-t-elle ajouté.
 
Les accusés répondent d'enlèvement tandis qu'il est reproché au commandant Cherif d'avoir porté à Giulio Regeni, alors âgé de 28 ans, les coups qui ont provoqué sa mort par insuffisance respiratoire.
 
Le 25 janvier 2016, cet étudiant en doctorat à l'université de Cambridge avait été enlevé par des inconnus et son corps avait été retrouvé mutilé quelques jours plus tard dans la banlieue de la capitale égyptienne. Il faisait des recherches sur les syndicats, un sujet très sensible en Egypte.
 
En octobre 2021, un premier procès par contumace à Rome des quatre hommes poursuivis pour enlèvement, tortures et meurtre avait été suspendu sine die dès son ouverture car le tribunal avait constaté l'impossibilité de les poursuivre au motif qu'ils devaient avoir été officiellement informés de la procédure à leur encontre, alors que l'Egypte s'est toujours refusée à fournir leurs coordonnées à la justice italienne.
 
La cour constitutionnelle italienne a cassé en septembre cette décision, ouvrant la voie au nouveau procès.
 
Les quatre accusés "sont absolument introuvables", a confirmé la semaine dernière à l'AFP l'avocat commis d'office du colonel Kamal, Tranquillino Sarno, rappelant que "l'Egypte a toujours démenti que ses services aient enlevé et tué Regeni".
 
"Ce qui est sûr, c'est que même s'ils sont reconnus coupables, ils ne vont pas purger leur peine", a ajouté Me Sarno.
 
En décembre 2021, la commission parlementaire spéciale sur la mort de Giulio Regeni avait conclu, à l'issue de deux ans d'investigations, que les services de sécurité égyptiens étaient responsables de sa mort: "La responsabilité de l'enlèvement, de la torture et du meurtre de Giulio Regeni repose directement sur l'appareil sécuritaire de la République arabe d'Egypte et en particulier sur des membres de la Sûreté nationale".
 
Selon les enquêteurs italiens, les quatre membres de la Sûreté nationale égyptienne ont "torturé [l'étudiant] pendant des jours en lui infligeant brûlures, coups de pied, coups de poing et en usant d'armes blanches et de bâtons", avant de le tuer.
 
Une thèse vivement rejetée par Le Caire: en décembre 2020, le parquet égyptien les avait d'ailleurs dédouanés, écartant toute action judiciaire. L'Italie a, à plusieurs reprises, accusé les autorités égyptiennes de ne pas coopérer, voire d'orienter les enquêteurs italiens vers de fausses pistes.



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