L’intrigue, en apparence simple, raconte le déséquilibre d’un triangle amoureux : Mehdi, jeune Tangérois partagé entre Selma, son amour ancré, et Marie, Française fortunée dont les parents ont transformé une villa de la kasbah en poste avancé du privilège. On pourrait croire à un récit convenu — un Marocain qui délaisse son amante pour une étrangère — mais Benm’Barek déjoue cette facilité. Elle sculpte un personnage tiraillé, incapable de choisir entre ce qui le rassure et ce qui pourrait le propulser ailleurs.
Mehdi n’est jamais un traître, ni un héros. Il avance dans une zone grise où chaque sentiment porte une charge politique. L’attrait pour Marie n’est pas seulement charnel : il brille comme une utopie sociale, une vie rêvée derrière les murs blancs de la kasbah rénovée. Selma, elle, incarne la tendresse, la fidélité, l’ancrage. Le film ne demande pas au spectateur de juger : il invite à ressentir la confusion d’un jeune homme piégé entre ce qu’il est et ce qu’il pourrait devenir.
Cette complexité émotionnelle est sublimée par la mise en scène. Dans Tanger, Benm’Barek capte les contradictions d’une ville ouverte au monde mais traversée par les mêmes lignes de fracture que son protagoniste. Les ruelles de la médina, les panoramas sur la mer, les soirées étincelantes des expatriés : tout concourt à créer une géographie de contrastes où les illusions se heurtent au réel. La réalisatrice filme Tanger comme un miroir déformant, où chaque choix amoureux révèle une position sociale.
Le résultat est un film-puissance, porté par une direction d’acteurs remarquable et une écriture à la fois intime et politique. La longue standing-ovation à Marrakech n’a rien d’excessif : Derrière les palmiers pose, sans didactisme, une question essentielle. Et si nos amours n’étaient jamais seulement des histoires de cœur, mais le reflet de forces sociales, économiques et coloniales qui persistent dans nos gestes les plus intimes ?
Benm’Barek offre un cinéma lucide, tendre et implacable. À Tanger, l’amour n’est jamais simple — et c’est ce qui rend ce film si profondément marocain.
Mehdi n’est jamais un traître, ni un héros. Il avance dans une zone grise où chaque sentiment porte une charge politique. L’attrait pour Marie n’est pas seulement charnel : il brille comme une utopie sociale, une vie rêvée derrière les murs blancs de la kasbah rénovée. Selma, elle, incarne la tendresse, la fidélité, l’ancrage. Le film ne demande pas au spectateur de juger : il invite à ressentir la confusion d’un jeune homme piégé entre ce qu’il est et ce qu’il pourrait devenir.
Cette complexité émotionnelle est sublimée par la mise en scène. Dans Tanger, Benm’Barek capte les contradictions d’une ville ouverte au monde mais traversée par les mêmes lignes de fracture que son protagoniste. Les ruelles de la médina, les panoramas sur la mer, les soirées étincelantes des expatriés : tout concourt à créer une géographie de contrastes où les illusions se heurtent au réel. La réalisatrice filme Tanger comme un miroir déformant, où chaque choix amoureux révèle une position sociale.
Le résultat est un film-puissance, porté par une direction d’acteurs remarquable et une écriture à la fois intime et politique. La longue standing-ovation à Marrakech n’a rien d’excessif : Derrière les palmiers pose, sans didactisme, une question essentielle. Et si nos amours n’étaient jamais seulement des histoires de cœur, mais le reflet de forces sociales, économiques et coloniales qui persistent dans nos gestes les plus intimes ?
Benm’Barek offre un cinéma lucide, tendre et implacable. À Tanger, l’amour n’est jamais simple — et c’est ce qui rend ce film si profondément marocain.





















