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Culture

Jodie Foster, une étoile américaine sous le ciel de Marrakech


Rédigé par Yassine ELALAMI le Samedi 29 Novembre 2025

Le tapis rouge du Palais des congrès de Marrakech a résonné, samedi soir, d’une émotion rare. Pour cette 22ᵉ édition du Festival International du Film de Marrakech, l’Étoile d’Or a été remise à l’actrice et réalisatrice américaine Jodie Foster par Bong Joon Ho, président du Jury, consacrant une carrière dont la rigueur artistique et la puissance émotionnelle ont marqué l’histoire du cinéma.



La cérémonie, à la fois solennelle et chaleureuse, a déroulé des extraits des performances et réalisations de l’artiste : l’adolescente lucide et troublante de Taxi Driver, l’agent du FBI confrontée à l’horreur dans Le Silence des agneaux, ou encore la cinéaste attentive aux récits intimes et aux trajectoires humaines. Une rétrospective qui a rappelé la place singulière de Foster dans le 7ᵉ art : une actrice caméléon, une réalisatrice exigeante, une voix constante en faveur d’un cinéma audacieux, humaniste et profondément incarné.
 
À son arrivée sur le tapis rouge, Jodie Foster a livré des confidences empreintes de simplicité et d’enthousiasme. « C’est un grand honneur, c’est quelque chose dont j’ai rêvé toute ma vie, de venir au Maroc », a-t-elle confié, évoquant avec sourire ses références sportives : « J’y pensais beaucoup… surtout avec les footballeurs, qui sont tellement bons chez vous ».
 
L’actrice a décrit le Maroc comme un territoire fantasmé : « un pays de rêve », où se mêlent « l’exotisme, la nourriture merveilleuse, les jardins, le désert… et la mer ». Cette immersion sensorielle s’est matérialisée à Marrakech, dont elle retient une couleur emblématique : « cette sorte d’orange ocre, surtout les murs… c’est inoubliable ».
 
Interrogée sur la possibilité de tourner un film au Maroc, l’artiste s’est montrée ouverte, tout en pointant un constat direct : « Bien sûr… mais on ne me l’a jamais proposé ». Elle a expliqué avec humour que les productions hollywoodiennes tournées dans le Royaume – « films de guerre, Star Wars… » – ne correspondent pas à son registre. Mais elle n’exclut rien : « Il faudra trouver quelque chose de plus marocain… ça, j’aimerais ».
 
L’évocation de Taxi Driver l’a ramenée à l’un des rôles fondateurs de sa carrière : « C’est un très grand film de Martin Scorsese, et je suis très fière d’être incluse dans l’âge d’or du cinéma américain ». Elle tient toutefois à rappeler que ce n’était pas un début, mais une étape : « J’ai commencé à l’âge de 3 ans… et j’ai fait mon premier film avec Scorsese à 9 ou 10 ans, Alice n’habite plus ici. C’était plutôt ses débuts à lui ».
 
Sous les lumières du Palais des congrès, Foster a salué une ville « inoubliable » ; Marrakech, en retour, a trouvé en elle une égérie inattendue, sincère et profondément attachée à l’idée d’un cinéma qui traverse le temps, les frontières et les imaginaires.



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