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Monde

Conquête de l’espace : La Chine voit grand, trop grand même


Rédigé par La rédaction le Lundi 13 Septembre 2021

La Chine affiche des ambitions spatiales toujours plus dévorantes et envisage de construire des bases spatiales de plus d’un kilomètre de long. Rien que ça.



Selon des documents publiés par le département des mathématiques de la Fondation nationale des Sciences naturelles de Chine (NSFC), Pékin envisage de construire des bases spatiales de plus d’un kilomètre de long décrites comme « un équipement aérospatial stratégique majeur pour l’utilisation à venir des ressources spatiales, pour l’exploration des mystères de l’univers et pour la vie à long terme en orbite ».

À titre de comparaison, la Station spatiale internationale (ISS) ne mesure que 110 mètres de long, et a coûté la bagatelle de 150 milliards de dollars. Bien qu’encore assez vague, le projet pourrait remplir plusieurs fonctions comme celles de servir de télescope spatial, d’héberger des missions habitées ou encore de faire office de gigantesque centrale solaire où l’énergie serait envoyée sur Terre via des faisceaux micro-ondes. Une technologie déjà testée par l’armée américaine et par la Chine, qui a réalisé en août dernier des essais de transmission micro-ondes à partir d’un ballon à 300 mètres d’altitude.

On ne peut que s’interroger sur la faisabilité d’un tel mastodonte. Impossible, bien évidemment, d’envoyer une telle masse en une seule fois. La fusée Falcon Heavy, l’une des plus puissante à ce jour, ne peut emporter, au maximum, que 63 tonnes de matériel. La Station spatiale internationale, qui pèse près de 2.800 tonnes, a d’ailleurs été assemblée sur plusieurs années.

Un projet parfaitement réaliste

Pour Mason Peck, ingénieur à l’université de Cornell et ancien directeur de la technologie à la Nasa, le projet est toutefois parfaitement réaliste. « Je ne vois pas d’obstacles insurmontables, mais plutôt des problèmes d’échelle », explique-t-il au site Live Science. Tout dépend de l’usage qui sera fait de la structure : « Si nous parlons de quelque chose qui est simplement très long et pas aussi lourd [qu’une structure habitée], c’est envisageable ».

De nouvelles techniques de construction pourraient également réduire le coût d’expédition. La construction du vaisseau n’est cependant pas le plus gros obstacle auquel devront faire face les Chinois. « Chaque fois qu’un engin spatial est soumis à des forces, que ce soit en manoeuvrant ou en s’amarrant un autre véhicule, le mouvement confère de l’énergie à la structure qui la fait vibrer et se plier, explique Mason Peck. Avec un vaisseau aussi grand, ces vibrations prendront beaucoup de temps à s’atténuer, il est donc probable qu’il aura besoin d’amortisseurs ou d’autres moyens de contrôle pour atténuer ces vibrations ».

De plus, en orbite basse, la traînée atmosphérique a tendance à freiner les véhicules ; il faut donc constamment réajuster l’altitude, ce qui nécessite une importante consommation de carburant. Et, évidemment, plus la structure est lourde, plus il en faut. Toutefois, un vaisseau d’un kilomètre de long serait ainsi faisable technologiquement et en théorie mais difficilement réalisable concrètement.


 

  


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