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Régions

Casablanca: Epicentre de la pandémie au Maroc et menace pour l’immunité collective


Rédigé par Achraf EL OUAD le Lundi 16 Août 2021

La situation épidémiologique s’aggrave et le taux de remplissage au service de réanimation ne cesse de croître, frôlant les 90% à Casablanca. Une situation alarmante qui nécessite plus de vigilance de la part de certains citoyens « irresponsables ».



Casablanca: Epicentre de la pandémie au Maroc et menace pour l’immunité collective
Le Maroc vit, depuis plus de deux semaines, en plein pic de la pandémie avec plus de 9000 cas confirmés quotidiennement et des services de réanimation saturés à hauteur de 52% sur l’ensemble du pays, se rapprochant ainsi du seuil d’alerte, qui se situe entre 60 et 65%.

En fait, le ministère de la Santé, dans son bulletin quotidien Covid-19, porte à 759.456 le nombre de contaminations dans le Royaume avec 7380 nouveaux cas. Quant au nombre de décès, il est passé à 11.017 avec l’enregistrement de 84 nouveaux décès dans les dernières 24 heures.

En vue de freiner cette croissance que connaît le taux de contaminations, les autorités sanitaires ne cessent de multiplier les mesures de prévention. Ainsi, après l’instauration de plusieurs mesures préventives, un nouveau pas est franchi en termes de généralisation de la vaccination avec l’élargissement de cette campagne aux jeunes âgés de 20 ans et plus et l’acheminement vers la vaccination des enfants de plus de 12 ans avant le début de l’année scolaire. Casablanca est, depuis le début de cette crise épidémiologique et l’apparition du premier cas au Maroc le 2 mars 2020, en tête de classement des villes les plus touchées par le Covid-19.

Durant les dernières 24 heures, la région Casablanca-Settat a enregistré, toute seule, 1691 nouveaux cas et 16 nouveaux décès. Cette circulation du virus plus forte à la métropole qu’ailleurs serait due à la densité démographique de la ville qui comporte 4 millions d’habitants, à la grande mobilité qu’elle connaît et à la grande capacité de diagnostic dont elle jouit en comparaison avec les autres régions du Royaume.

Contacté par nos soins, le chef du service de réanimation à l’hôpital Ibn Rochd de Casablanca, El Houcine Barou, a expliqué que la raison principale derrière cette nouvelle vague violente du Covid-19 réside dans l’indifférence et l’imprudence de la majorité des casablancais. « Les gens se comportent avec une grande indifférence, s’il est vrai qu’on respecte les mesures préventives et les gestes barrières au centre de la ville et dans ses grands boulevards, la situation n’est pas pareille dans les quartiers, les supermarchés et tout autre endroit susceptible de rassembler un grand nombre de personnes et de créer éventuellement un foyer pour le virus », a-t-il déclaré.

Concernant la nouvelle vague et son aspect plus violent par rapport à la précédente, le professeur a mis l’accent sur l’élément psychique. Il a expliqué que « pendant la première vague, on a pu rapidement surmonter la crise et éviter la catastrophe car les gens à ce moment-là avaient peur du virus «mortel», contrairement au moment actuel ».

Par ailleurs, El Houcine Barou a qualifié la situation à Casablanca de « tragique ». « On vit dans une tragédie. Hier, on vient de perdre une femme de 38 ans qui vient de donner naissance à une fille à cause d’une cruelle irresponsabilité. Les lits de réanimation sont quasi saturés et si la situation s’aggrave davantage, ce sera la catastrophe », a-t-il amèrement conclu.
 
Achraf EL OUAD 
 


Le défi de la vaccination
 
Afin de réduire, voire même mettre fin à cette situation épidémiologique alarmante, surtout en matière de cas graves et de décès, la campagne de vaccination avance à un rythme très accéléré. Le taux de vaccination a déjà atteint 45%, sachant que le nombre de citoyens ayant reçu la première dose a déjà dépassé les 50%. Toutefois, la campagne vaccinale ne peut freiner la propagation de l’épidémie, puisque son rôle est d’éviter de développer les formes graves de la maladie. Ainsi, le seul moyen d’inverser la courbe de contamination au cours des prochaines semaines reste le respect rigoureux des gestes barrières et le port du masque.