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​Interview avec Bouhssine Foulane : La musique amazighe prend sa place à la télé


Rédigé par Safaa KSAANI le Mercredi 5 Mai 2021

C’est une première. Le générique d’une sitcom diffusée pendant Ramadan est chanté en amazigh. Il s’agit de «Kissarayat Ofella» de Rachid El Ouali diffusée sur la chaîne 2M.



​Interview avec Bouhssine Foulane : La musique amazighe prend sa place à la télé
- Pendant de longues années, vous avez chanté le générique de plusieurs séries télévisées et films. Qu’est-ce qui caractérise cette nouvelle expérience ? 

- J’ai déjà chanté des génériques de séries télévisées diffusées sur les chaînes de télévision nationale, de films de fiction et de films documentaires. Concernant le générique de la sitcom «Kissarayat Offela», dont j’ai assuré la composition et l'interprétation, ainsi que la musique d’habillage, le défi était de reproduire la réalité de la région Souss-Massa. C’est ma première collaboration avec le grand artiste Rachid El Ouali. En plus, c’est filmé à Agadir, où je suis né et j’ai grandi. A travers le générique et la musique d’habillage, j’ai essayé de créer et de transmettre une bonne énergie. Rachid El Ouali voulait garder tout au long de la sitcom une touche amazighe en fusionnant cette musique avec la musique internationale. La sitcom est une expérience réussie pour moi, sur tous les plans. 

- Bien que ses paroles ne soient pas comprises, la musique amazighe attire beaucoup d’adeptes. Quel en est le secret ? 

- Il n’y a pas de secret. Le Secret de polichinelle est de s’adonner à fond, corps et âme, et travailler honnêtement. C’est ainsi qu’on réussit à gagner les cœurs et les esprits. A titre d’exemple, nous ne comprenons pas les paroles de la musique indienne, ou de la musique de Bob Marley. Pourtant, une énergie spéciale nous est transmise et on sent l’amour de l’artiste pour ses chansons.

- Dans votre groupe musical “Ribab Fusion”, vous essayez toujours de mélanger les instruments amazighs et les instruments internationaux. Cette fusion représente-t-elle un danger pour la musique amazighe ?

- Bien au contraire. C’est la fusion qui a permis à cette musique de s’exporter et de faire connaître les instruments de musique amazighe, dont Laoud, la flûte, le Ribab, Guenbri, dans le monde entier. J’ai fait mes études sur le violon, pourtant, je me suis beaucoup intéressé au Jazz. Tout cela m’a donné une crédibilité et m’a permis d’avoir les bonnes techniques pour mélanger les différents styles musicaux. D’ailleurs, c’est de cette idée qu’est né le nom de mon groupe “Ribab Fusion”. Évidemment, il faut avoir les bases académiques musicales pour ne pas trouver de difficultés.

- Au début des années 2000, la tendance était aux groupes de musique. Une tendance en voie de disparition de nos jours. Pourquoi ce changement de cap, selon vous ? 

- Au long de ma carrière professionnelle qui a duré plus de 18 ans, j’ai créé plus de huit groupes musicaux, dont cinq au Maroc et sept à l’étranger. Selon mon expérience, travailler en groupe est mieux que le travail individuel. En revanche, les leaders se trouvent majoritairement en train de travailler durement. Le côté lucratif entre en jeu également. De plus, la question des goûts et des styles musicaux se pose entre les membres du groupe. Ce qui a donné naissance aux carrières solo. Personnellement, je préfère le travail en groupe où une grande énergie se trouve réunie. De temps à autre, je participe à des formations pour ramener une nouvelle énergie à mon équipe.         
 

​Portrait : Le Mozart du Ribab

​Interview avec Bouhssine Foulane : La musique amazighe prend sa place à la télé

Artiste aux multiples talents, Foulane Bouhssine est chanteur, auteur, compositeur et interprète. Il est considéré comme le ribabiste des temps modernes. 

C’est à Agadir, où cet artiste naquit en 1979, qu’il a commencé à donner de la voix et à s’intéresser aux instruments traditionnels amazighs, notamment le Ribab, qui est l’un des plus vieux ancêtres du violon. 

L’origine amazighe du chanteur et le grand intérêt qu'il porte à la musique ont indéniablement fait de lui l’un des grands artistes amazighs qui ont gravé leur nom dans les esprits du public, partout dans le monde.  

Son immense talent lui a permis de participer à presque tous les grands événements musicaux, au Maroc et à l’étranger, où il enflamme la scène avec son Ribab, quitte à créer son propre Ribab électrique, qu’il manie sur scène avec élégance. 
 
Le rêve de cet artiste, qui a plus de 18 ans de carrière professionnelle, est de valoriser cet héritage, l'actualiser et le partager. Il rêve aussi d'acquérir la reconnaissance internationale pour cet instrument, comme c'est le cas pour le guenbri des Gnaouas ou autres instruments. 

Actuellement, il travaille sur un ouvrage où il mène une étude sur le Ribab. “Cet instrument est enseigné au Conservatoire de musique d’Agadir. Des jeunes nous emboîtent le pas. Cela ne peut que me faire plaisir”, se félicite-t-il en toute modestie.    

S. K. 
 








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