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Edito & Chronique

l'Opinion : La période de tous les sacrifices… entre cornes et enclume


Rédigé par Hamid YAHYA le Lundi 27 Juillet 2020


C’est la période où le citoyen se met de son plein gré entre le marteau et l’enclume, pourvu qu’il parvienne à soutenir les exigences de sa petite famille. C’est la continuité d’une chaîne implacable et inévitable, à laquelle le commun des Marocains ne peut se soustraire. 

Après le mois sacré de Ramadan, avec ses dépenses culinaires extravagantes, l’Aïd Sghir avec ses achats vestimentaires, vient l’Aïd El Kébir et son mouton du sacrifice, puis Achoura, avec son bruit, ses jouets et autre « fakia », les vacances avec leurs grandes joies et leurs grands soucis financiers, la grisaille de la rentrée scolaire avec ses fournitures et ses frais d’inscription… 

Imaginons un peu la situation de ces milliers de simples fonctionnaires avec leurs salaires de basse échelle rognés par les frais de loyer, d’eau et d’électricité de plus en plus salés, sans oublier les éternelles traites de crédits de toutes sortes. Mettons-nous un instant dans la peau de ces vénérables et pauvres pères de familles qui se sont retrouvés sans emploi en cette période « covidienne » et qui ont vivoté ces derniers mois par la seule grâce des aides lilliputiennes versées par l’Etat qui vient d’en clore le versement.  

Malgré leurs tracas financiers, leur détresse et leur incertitude, ces milliers de misérables anonymes braveront, comme chaque année, l’adversité et les difficultés pour s’offrir cet éphémère moment de gloire devant leurs enfants qu’est l’achat d’un mouton entre 1500 et 3.000 dirhams, conscients qu’ils sont malgré tout qu’après l’immolation de la bête, c’est la désolation qui les attend. Comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, les vendeurs de bétails « kessaba » et autres « chennaka » se réjouissent, eux, de cette occasion doublement bénite qui intervient après une année de «brebis maigres» où il n’y avait pas de souks hebdomadaires durant le confinement pour écouler leurs marchandises.

Idem pour les banques et autres établissements de crédit à la consommation qui, tout en faisant profil bas en cette période de crise, reprennent allégrement leur travail d’usure avec un grand plaisir, contents qu’ils sont d’accueillir ces victimes consentantes que sont les forçats du mouton. 

C’est vraiment la période de tous les sacrifices où des milliers de Marocains se placent volontiers entre les cornes de l’Aïd et l’enclume de la crise.

Hamid YAHYA

  



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