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International

Palestine / Annexion de la Cisjordanie : Un groupe de ministres de l’UE demande des mesures contre Israël


Mercredi 15 Juillet 2020

Le temps presse et la marge d’action se réduit pour empêcher le projet israélien d’annexer la Cisjordanie. Des ministres de l’UE sonnent l’alarme.



Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union européenne, sommé de présenter des options pour contrecarrer les visées israéliennes sur la Cisjordanie.
Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l’Union européenne, sommé de présenter des options pour contrecarrer les visées israéliennes sur la Cisjordanie.
Un groupe de ministres européens des Affaires étrangères a appelé l’Union européenne (UE) - le plus grand partenaire commercial d’Israël - à prendre des mesures concrètes et opportunes pour «dissuader» Tel-Aviv d’accomplir son plan illégal d’annexer de grandes parties de la Cisjordanie occupée.

Vendredi dernier, dans une lettre adressée au chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, onze ministres européens ont exhorté Bruxelles de formuler rapidement une liste de réponses possibles au projet israélien de spoliation des terres, avertissant que la marge pour empêcher l’annexion se réduit rapidement.

La lettre - dont une copie a été obtenue par la presse - a été signée par les ministres des Affaires étrangères de France, Italie, Hollande, Irlande, Belgique, Luxembourg, Suède, Danemark, Finlande, Portugal et Malte. «L’éventuelle annexion par Israël de parties du territoire palestinien occupé reste un sujet de grave préoccupation pour l’UE et ses États membres», ont écrit les ministres.

Ces ministres ont d’abord demandé au chef de la diplomatie de l’Union européenne, Josep Borrell, de formuler des réponses au plan d’annexion israélien lors d’une réunion officieuse avec lui le 15 mai. En réponse, il a ordonné à son personnel de préparer une liste de réponses possibles.

Cependant, ce document, connu sous le nom de «document d’options», n’a toujours pas été complété et montré aux ministres des affaires étrangères qui l’ont demandé, se plaint la lettre.

L’annexion viole le droit international

«Comme vous l’avez mentionné dans vos déclarations du 4 février 2020 et du 18 mai, l’annexion par Israël de parties du territoire palestinien occupé constituerait une violation du droit international», ont-ils écrit.

Les signataires ont déclaré qu’ils comprenaient que le document sur les options « est une question sensible et que le calendrier est important, mais le temps est également court. Nous craignons que la fenêtre pour empêcher l’annexion ne se ferme rapidement ».

«Il est important de clarifier les implications juridiques et politiques de l’annexion», ont-ils poursuivi. « Par conséquent, nous aimerions voir un document, rédigé en étroite consultation avec la Commission, qui donne un aperçu des relations UE-Israël, une analyse des conséquences juridiques de l’annexion, ainsi qu’une liste des actions possibles en réponse à celle-ci. (…) Un tel document sur les options contribuerait également à nos efforts pour dissuader l’annexion. »

«Nous pensons qu’il est important et opportun de présenter le document sur les options, car il nous fournira une base solide pour de nouvelles discussions», ont-ils conclu.

La poussée illégale d’annexion d’Israël a suscité de nombreuses critiques de la part de la communauté internationale tout entière, y compris des alliés les plus proches du régime. Les Nations Unies, l’Union européenne et les principaux pays arabes ont tous déclaré que l’annexion de la Cisjordanie violerait le droit international et pulvériserait les perspectives de création d’un État palestinien souverain aux frontières de 1967.

La communauté internationale considère l’ensemble de la Cisjordanie et la partie orientale de la ville occupée Al-Qods comme des terres qui pourraient devenir à l’avenir le siège d’un État palestinien indépendant.

La tentative de spoliation des terres palestiniennes par Israël menace la paix dans la région.

Menace sur la stabilité du Moyen-Orient

Dans le même temps, lundi, le roi de Jordanie Abdullah II a de nouveau averti que tout plan d’annexion israélien dans le cadre d’un programme soutenu par les États-Unis menacerait la stabilité au Moyen-Orient et anéantirait les espoirs d’une solution au conflit israélo-palestinien vieux de plusieurs décennies.

S’adressant aux membres de la commission parlementaire britannique de la défense lors d’une réunion virtuelle lundi, Abdullah a déclaré que la seule voie vers une paix globale et durable dans la région était la création d’un État palestinien indépendant et souverain basé sur les frontières d’avant 1967 avec sa capitale Al-Qods.

«Toute mesure unilatérale israélienne d’annexer des terres en Cisjordanie est inacceptable, car elle compromettrait les perspectives de paix et de stabilité au Moyen Orient», a déclaré le monarque dans un communiqué du palais.

Le monarque jordanien a également averti ces derniers mois que la politique israélienne et le soi-disant plan de paix de Trump entraîneraient un conflit et porteraient un coup aux relations israélo-jordaniennes.

Le président américain Donald Trump a déjà soutenu l’annexion par Israël des territoires palestiniens occupés dans son «accord du siècle» autoproclamé, qui a été dévoilé en janvier dans le but de redessiner la carte du Moyen-Orient.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait fixé au 1er juillet la date de début de mise en œuvre du plan d’annexion, mais la mesure a été suspendue au milieu d’une rupture interne au sein du cabinet de la coalition de Netanyahu. La Maison Blanche aurait conditionné son soutien à l’accord à un consensus collectif entre les responsables israéliens.

 








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