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Où commence la diffamation ?


Rédigé par Soufiane CHAHID le Mardi 27 Décembre 2022



Où commence la diffamation ?
Les propos publiés par un journal électronique contre le joueur de l’équipe nationale de football Zakaria Aboukhlal a créé une onde de choc au sein de l’opinion publique nationale. La première réaction est venue de la FRMF, qui a publié un communiqué démentant catégoriquement les accusations mensongères à l’encontre du jeune joueur, et condamnant «vigoureusement le traitement réservé par ce site électronique à la personne et au comportement du joueur et qui porte atteinte à l’image de la sélection nationale dans toutes ses composantes».

Ce fut ensuite le Conseil national de la presse (CNDP) qui, via communiqué, a rappelé que «la focalisation de la presse sur toute personne en raison de son appartenance ethnique ou religieuse est une stigmatisation inacceptable qui est d’ailleurs rejetée par toutes les chartes de déontologie de la presse, y compris la Charte de déontologie professionnelle approuvée au niveau national».

Le Conseil a, par ailleurs, saisi son comité d’éthique professionnelle et des questions disciplinaires pour trancher le dossier. Ces réactions légitimes ne doivent pas nous faire oublier le fond du problème : le métier de journaliste est régi par un cadre légal et des règles déontologiques. La charte de Munich sur les devoirs et les droits des journalistes stipule que l’un des devoirs du journaliste est de “s’obliger à respecter la vie privée des personnes”. Une règle essentielle souvent oubliée par certains confrères, tant la course aux clics a relégué au second plan toute considération éthique inhérente à ce métier.

Si le métier est régi par le Code de la presse, force est de constater que bon nombre de sites Internet qui ont pullulé ces dernières années sur la Toile n’ont de “média d’information” que le nom, puisqu’ils n’ont jamais entrepris les démarches visant à se conformer à la loi, comme disposer de cartes de presse. Dans ce sens, le rappel à l’ordre du ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi est salutaire, puisqu’il a annoncé que la prochaine révision du Code pénal comprend des sanctions sévères contre la diffamation sur les réseaux sociaux, ainsi que contre «ceux qui créent des journaux électroniques sans être journalistes, et touchent ainsi à la liberté de chacun».

A nous, citoyens et journalistes, d’être vigilants sur les dispositions de ce nouveau Code pénal, afin de nous assurer qu’il fasse respecter les règles sans empiéter sur la liberté d’expression et d’information de chacun.




Soufiane CHAHID



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