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Notation financière : bon élève, mais à quel prix ?


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Mercredi 13 Décembre 2023



Notation financière : bon élève, mais à quel prix ?
Cela fait des années que le Maroc ambitionne de faire bouger le secteur privé et attirer les IDE pour alléger le fardeau sur les épaules de l’Etat qui supporte à lui seul près des deux tiers de l’investissement global sans générer suffisamment de croissance. Maintenant, le privé est censé prendre la relève pour s’emparer de la moitié du paquet d’investissement d’ici 2027. D’où le recours à la Charte de l’investissement qui suscite de plus en plus l’intérêt des investisseurs marocains et étrangers qui multiplient les visites de prospection au niveau des pôles les plus attractifs du Royaume. Pour aller de l’avant, l’Exécutif parie aussi sur les réformes « new génération » du climat des affaires promises, mais aussi sur les nouvelles zones industrielles, qui couvrent désormais toutes les régions du Royaume. Tout cela pour promouvoir l’image du Maroc auprès des marchés internationaux, au moment où le gouvernement veut améliorer sa notation en passant des notes dites spéculatives aux notes d’investissement (investment grade). L’objectif : s’endetter à des conditions plus confortables dans les marchés, avec un moindre coût.

Tout dépend de la capacité du Royaume à redresser ses comptes sans interrompre le chantier de l’Etat social, puisque les agences de notation n’en ont cure et ne s’intéressent qu’à la solvabilité. Crédité d’un BB+ par Fitch Ratings, le Maroc a beau faire figure de bon élève en se pliant aux normes d’orthodoxie budgétaire, chères aux agences internationales, cela ne va pas toujours de pair avec les ambitions du gouvernement qui a poussé l’investissement public à un niveau record en 2024 (335 MMDH). L’Exécutif peut, tout de même, se féliciter de la baisse du déficit budgétaire. Or, avec un niveau d’endettement jugé élevé (70%), des perspectives de croissance peu élevées et des crises externes successives qui coûtent cher à l’Etat, arracher une meilleure note reste un véritable challenge. 

Là se pose l’enjeu de la souveraineté. Obtenir une meilleure notation justifiet-il que cela se fasse au détriment des réformes sociales ? Une question sérieuse qui renvoie au débat sur les critères de notation des pays en développement, jugés pénalisants. Un message que la ministre des Finances, Nadia Fettah, a pris soin de transmettre lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale à Marrakech, en plaidant pour un examen plus tatillon de la notation de crédit de pays comme le nôtre.



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