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Actu Maroc

Marocains bloqués à l'étranger : Bourita fait le point sur le rapatriement


Rédigé par Saad JAFRI et Hajar LEBABI le Mercredi 24 Juin 2020

Les opérations de rapatriement s’enchaînent. Le Royaume va opérer une trentaine de vols durant cette semaine. Il a annulé l’opération «Marhaba 2020».



Marocains bloqués à l'étranger : Bourita fait le point sur le rapatriement
S’exprimant lors de la séance des questions orales au Parlement, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a annoncé que le Maroc va opérer une trentaine de vols entre les 21 et 27 juin pour rapatrier ses ressortissants bloqués à l’étranger. Il a précisé que l’opération concernera un total de 17 pays. Le nombre de bénéficiaires passera ainsi à 4.644 après le 27 juin, contre 3.151 rapatriés depuis le début de l’opération le 15 mai, soit une hausse 73%. 

Il a également déclaré qu’une deuxième étape sera lancée à partir du 28 juin. Elle concernera l’Allemagne, l’Egypte, les pays du Golfe et la Turquie, ainsi que d’autres pays, a-t-il souligné, ajoutant qu’ils s’attendent à un rapatriement au total de 7.800 ressortissants. Néanmoins, au lieu de n’utiliser que les deux tiers de la capacité d’embarquement des avions, le Maroc utilisera dorénavant 100% de leur capacité.

Concernant le retard dans le processus de rapatriement, le ministre a déclaré qu’ils ont «retardé» le retour des Marocains bloqués à l’étranger, comme mesure «préventive» pour endiguer la propagation du coronavirus.

Pas d’opération Marhaba 2020 !

Après de nombreuses spéculations concernant l’opération Marhaba, qui est lancée chaque année à partir du 15 juin, le ministre des Affaires étrangères a finalement tranché en affirmant qu’elle n’aura pas lieu cette année. Répondant aux questions des députés, Bourita a déclaré que cette opération «nécessite» une préparation dès le mois d’avril, soulignant qu’elle impose également «une coordination avec plusieurs pays». «Ce n’est pas un simple passage mais d’une animation accompagnée d’activités culturelles et de divertissement», a-t-il noté. Et d’ajouter qu’il est évident et naturel que l’opération Marhaba, «telle que nous la connaissons» n’ait pas lieu.

S’agissant du retour des Marocains résidents à l’étranger, il a annoncé qu’il faudrait prendre en considération quatre éléments. Premièrement l’ouverture des frontières marocaines terrestres et aériennes, deuxièmement les mesures sanitaires préventives nécessaires qui seront adoptées par les pays de transit, troisièmement la situation sanitaire internationale et nationale et finalement le protocole sanitaire que le Maroc va mettre en place pour toute personne qui compte rentrer. Pour ceux qui sont résidant dans des pays lointains, comme l’Australie ou le Japon, Bourita a indiqué que «le Maroc n’a pas les moyens d’envoyer un avion pour ramener quatre personnes d’un seul pays. Nous les appelons à se rapprocher en allant en France ou en Brésil par exemple, puis on les prendra en charge». Et de souligner que le Maroc ne pourra pas prendre en charge les quelque 80.000 personnes bloquées à l’étranger, «nous pensons à mettre en place un processus alternatif, comme ce qui se fait dans plusieurs pays. Les personnes achètent un package qui inclut l’avion, l’hôtel, le test et tout».

Ceci dit, il a annoncé qu’«aujourd’hui, le protocole est clair. A l’arrivée, il faut un confinement de 9 jours au minimum et 2 tests PCR». 

3 questions à Hadj Chafiq

Hadj Chafiq
Hadj Chafiq
«Le défi, maintenant, est l’élaboration de nouveaux processus pour rapatrier les concitoyens» 

Le coordinateur général du Parti de l’Istiqlal en Europe, Hadj Chafiq, nous livre ses réflexions sur le rapatriement des Marocains bloqués à l’étranger.

- Quelle est votre lecture du rapatriement et qu’est ce qui explique ce retard ?
- Le Royaume ne disposait pas des moyens nécessaires pour recevoir autant de monde, donc ce retard était principalement dû à l’organisation et aux manques de moyens. Cela a provoqué un ras-le-bol général chez les citoyens bloqués à l’étranger, surtout pour ceux qui devaient rentrer en urgence, pour des raisons professionnelles ou médicales. Maintenant, les opérations de rapatriement s’effectuent petit à petit, mais je ne pense pas qu’il serait possible de rapatrier tous les Marocains avant l’ouverture définitive des frontières. Il y’a beaucoup de personnes et elles ont toutes marre d’attendre.

- Quels sont les points sur lesquels il faut veiller pour pouvoir un rapatriement dans de bonnes conditions? 
- Il suffit de voir les vidéos qui circulent, ce matin, sur les réseaux sociaux pour se rendre compte qu’il est difficile de faire respecter, à tout le monde, les mesures de prévention contre la propagation du coronavirus. C’est le point sur lequel il faut veiller. Dans l’aéroport en Turquie par exemple, plusieurs personnes étaient obligées de passer la nuit, et il n’y avait aucun respect des mesures de distanciation sociale. Tout le monde ne pense qu’au retour. Malheureusement, les autorités marocaines ne peuvent rien faire là-dessus.

- Que signifie l’annulation de l’opération «Marhaba 2020» ?
- Cette décision est fortement liée à la conjoncture exceptionnelle que connaît le Maroc et le monde entier. Il n’est pas sûr que les autorités vont ouvrir les frontières maritimes et donc cette opération n’a pas un grand intérêt cette année. Le défi qui se présente maintenant, est celui de l’élaboration de nouveaux processus qui permettent de rapatrier les concitoyens dans de bonnes conditions. Maintenant l’idée serait de rapatrier les concitoyens en s’appuyant sur d’autres processus.

Hajar LEBABI

Repères

Les 3 étapes du rapatriement des Marocains bloqués à l’étranger
1ère étape du rapatriement
 
La première étape a duré du 15 mars à la fin du mois d’avril. Bourita a affirmé que pendant cette étape, il avait déclaré «qu’il était impossible de rapatrier les citoyens bloqués à l’étranger pour des raisons purement objectives», et ce, en toute «clarté» et «responsabilité». Il a noté que la situation épidémiologique au Maroc n’était pas encore rassurante et qu’elle posait des défis. «Nous vivions, une flambée du nombre de contaminations après un premier cas venu de l’étranger», a-t-il rappelé. Ceci dit, le ministre n’a pas manqué de pointer du doigt la faiblesse des moyens dont disposait le Maroc, soulignant qu’il aurait été «impossible de rapatrier environ 400 Marocains par jour, sachant que le Maroc n’arrivait à faire que 100 tests quotidiennement». Ainsi, l’objectif était de «protéger» les gens et utiliser les modestes ressources «à disposition» pour mettre en place les conditions adéquates afin de lutter contre la pandémie. La stratégie qu’envisageait le pays pour rapatrier les citoyens nécessitait d’importantes ressources logistiques et des structures hospitalières capables d’absorber le flux. Chose qui «à l’époque était indisponible».
2ème étape du rapatriement 
La deuxième étape a commencé à partir de la fin du mois d’avril, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, précisant qu’elle a été marquée par le rapatriement du premier groupe des villes de Sebta et Mellilia, ensuite d’Algérie et puis d’Espagne.
3ème étape du rapatriement 
Maintenant, que la situation est stable et que le Royaume est capable d’absorber un nombre important de citoyens rapatriés, Bourita a affirmé que le Maroc va accélérer la cadence pour les ramener chez eux.