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Actu Maroc

Les professionnels du BTP tirent la sonnette d’alarme

Impact de Covid-19


Rédigé par A. CHANNAJE le Lundi 20 Avril 2020

La crise sanitaire liée à coronavirus n’a pas tardé à se faire sentirdans les secteurs économiques du pays, dont celui du bâtiment et travaux publics (BTP).



Les professionnels du BTP tirent la sonnette d’alarme
Dans son courrier adressé, le 14 avril, au Chef du gouvernement, la Fédération Nationale du Bâtiment et des Travaux Publics (FNBTP) demande la mise en place des mesures spécifiques d’urgence pour soutenir les entreprises en général et le secteur du BTP en particulier, sérieusement touché par la pandémie coronavirus. « Le secteur souffre actuellement d’une baisse d’activité très significative et donc d’une baisse de chiffre d’affaires aussi bien pour le bâtiment que pour les travaux publics respectivement de 75% et 60% », souligne la Fédération.

Dans ce registre, la FNBTP note que les préventes et ventes en état futur d’achèvement portant sur les chantiers en cours de construction pour des livraisons fin 2020, 2021, ou 2022 sont sérieusement compromises du fait de Covid-19. Une crise sanitaire qui a eu comme impact l’arrêt brutal des rentrées financières des promoteurs immobiliers. Ce qui a entrainé pour ces derniers, toujours selon la même source, de grosses difficultés à faire face aux diverses échéances financières, fiscales, salariales…
 

Des mesures incitatives en faveur des acquéreurs

Afin de réduire les effets de la pandémie Covid-19 et préparer la relance du secteur du BTP, la FNBTP demande au Chef du gouvernement à prendre des mesures d’extrême urgence. Ainsi, dans le but de protéger et sécuriser les ventes en cours, la Fédération estime indispensable de prévoir des mesures incitatives pendant cette période de la crise sanitaire liée au Covid-19 en faveur de l’acquéreur. Il s’agit de baisser significativement les taux d’intérêt bancaires en faveur des acquéreurs ainsi soutenus par Bank Al-Maghrib. Il s’agit aussi de réviser le plafond de financement à la hausse en faveur des acquéreurs à un strict minimum de 90 à 100% du montant de la transaction, avec un échéancier de remboursement allant jusqu’à 25 annuités.

La Fédération demande aussi la réduction des taux d’enregistrement et de conservation foncière à hauteur de 50% des tarifications actuelles, et l’activation des études notariales, des aduls et des diverses instances administratives pour traiter des dossiers en cours qui restent bloqués et risquent d’être annulés.

La Fédération demande également le report des échéances bancaires sans majoration ni intérêts supplémentaires durant cette crise sanitaire où l’activité est extrêmement réduite voire quasi nulle.

Programme d’aide d’accession à la propriété

Par ailleurs, et compte tenu que la reprise du secteur ne sera pas dès la fin du confinement, la Fédération recommande des mesures d’urgence à court terme. La première est de mettre en place un programme d’aide d’accession à la propriété. « La perte du pouvoir d’achat des consommateurs, au vu de la réduction des salaires déjà actée par certaines entreprises à leurs employés qui y ont consentis, et aussi aux réductions d’emplois de l’ensemble des activités économiques diverses, nécessitera un soutien de l’Etat aux acquéreurs. Le retour à l’acquisition d’un bien immobilier ne se fera qu’à la condition principale qui consiste à proposer des financements très souples et bien adaptées aux postulants. Une augmentation de l’enveloppe des crédits alloués aux acquisitions de logements à des taux de crédits sensiblement bas ou nuls nous paraissent nécessaires et même indispensables», estime-t-on.

Dans le même contexte, la fédération souligne que le montant des traites à payer aux banques par les potentiels acquéreurs devra avoisiner le coût du loyer du même bien sur le marché.

La seconde mesure à traduire sur le terrain à court terme, préconisée par la Fédération, a trait au programme d’aide à l’emploi et à l’investissement. Elle préconise à cet égard une enveloppe de facilités supplémentaires allouées aux opérateurs d’un minimum de 20%, lorsque les garanties des promoteurs le permettent.

Il parait également nécessaire pour la Fédération l’extension du produit DAMANE OXYGENE aux entreprises immobilières.

Autres mesure préconisée : simplification réelle des démarches administratives afin de permettre aux entreprises du secteur un gain de temps. « Le maintien des lourdeurs et des difficultés administratives actuelles entravent la relance économique requise et indispensable pour l’emploi », indique-t-on.

Enfin, la Fédération demande la dématérialisation de toutes les procédures et sa généralisation et uniformisation sur tout le territoire.

A. CHANNAJE