L'Opinion Maroc - Actuali
Consulter
GRATUITEMENT
notre journal
facebook
twitter
youtube
linkedin
instagram
search


L'Opinion

Le poids du cartable… cauchemar des parents


Rédigé par Hamid YAHYA le Dimanche 31 Août 2025



Septembre n’arrive jamais seul. Il s’impose, implacable, comme une rupture brutale avec les légèretés de l’été, emportant avec lui les fragrances des vacances et ramenant chacun à la réalité d’une vie active où obligations et factures reprennent le dessus. La «rentrée» – qu’elle soit économique, sociale ou politique – demeure sans conteste l’un des moments les plus redoutés du calendrier.

Mais de toutes ses déclinaisons, c’est la rentrée scolaire qui pèse de tout son poids sur les épaules des ménages. Avec le Ramadan et l’Aïd El Kébir, elle figure au rang des rubriques budgétaires les plus éprouvantes, exposant les familles à une spirale de dépenses exceptionnelles. Les parents, pris en étau entre la rigueur d’un contexte économique anxiogène et les exigences légitimes de leur progéniture, se voient contraints à un exercice de haute voltige comptable : arbitrer entre le nécessaire et l’accessoire, entre l’urgent et l’indispensable.

Dans un marché des fournitures scolaires où les prix explosent sans retenue, remplir une simple «choukkara» devient pour beaucoup un supplice. Le spectacle est encore plus accablant dans le monde rural. Qu’adviendra-t-il de ce fellah, père de quatre ou cinq enfants en âge d’apprendre, mais dont le destin dépend d’un ciel avare en pluies ? Que lui reste-t-il sinon le désespoir de devoir sacrifier l’avenir scolaire de ses enfants, faute de moyens ? Dans ces campagnes oubliées, l’équation budgétaire vire au drame social.

Et pourtant, dans les villes comme dans les douars, une constante demeure : l’impossible recul. Les parents des couches populaires n’ont guère d’autre choix que de s’endetter, parfois jusqu’à l’asphyxie, pour que leurs enfants puissent franchir les portes de l’école. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, libraires et commerçants retrouvent à cette saison leur prospérité, souvent en gonflant leurs prix à la faveur d’un marché peu surveillé.

Aussi, la vigilance des pouvoirs publics est-elle appelée à s’exercer avec rigueur. La rentrée scolaire ne doit pas être le théâtre d’une spéculation sans foi ni loi, mais le moment d’un sursaut collectif pour préserver ce bien commun qu’est l’éducation. Car si septembre est, pour beaucoup de parents, un mois de sacrifices, il doit rester avant tout celui de l’espérance : celle d’offrir à leurs enfants la chance d’un avenir meilleur.







🔴 Top News