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Actu Maroc

La première bibliothèque numérique dédiée au Sahara marocain sera mise en ligne

Entretien avec Abdellah Boussouf, Secrétaire Général du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME)


Rédigé par Safaa KSAANI le Mercredi 9 Décembre 2020

Le CCME lance un projet colossal pour renforcer les capacités de plaidoyer des Marocains du monde au sujet de la question du Sahara marocain. Détails.



Abdellah Boussouf
Abdellah Boussouf
- Vous avez, signé avec la Faculté des Sciences Juridiques, Économiques et Sociales (FSJES) de Rabat-Agdal, lundi 30 novembre dernier à Rabat, une convention de partenariat visant à renforcer les capacités de plaidoyer des Marocains du monde au sujet de la question du Sahara marocain. En quoi consiste réellement cet accord ?
- L’accord consiste à continuer à renforcer les capacités des Marocains du monde à défendre la question de l’intégrité territoriale, en vue d’avoir un meilleur plaidoyer pour mettre fin aux fausses informations et aux allégations avancées par les séparatistes du polisario. Par le biais de cette convention, nous produirons une matière scientifique académique dans les différentes langues européennes, pour combler le manque de connaissances sur la question du Sahara marocain.. Il s’agit également de préparer une certaine matière pédagogique facilement accessible sur les réseaux sociaux et sites web, puisque le terrain de guerre n’est plus réel mais virtuel.  

- Donc, les Marocains du monde suivront des formations certifiantes à distance ?
- Ces formations seront soldées par la délivrance d’une certification reconnue. C’est la raison pour laquelle nous avons collaboré avec la FSJES. Il s’agit de modules et de nombre d’heures précis suivis par des examens. Nous avons fixé plusieurs axes indispensables dans ces formations. Un axe historique pour faire connaître l’Histoire des relations qui liaient le Sud de notre Royaume au Nord. Un autre axe, économique, pour mettre en exergue les efforts déployés par le Maroc pour développer les régions du Sud, notamment sur le plan urbanistique, de l’aménagement de la ville, du mode de vie… Le troisième axe consiste à travailler sur comment s’opposer aux propagandes provenant du polisario et de l’Algérie. Il y a une omniprésence de l’Algérie dans ce dossier. Une présence qu’on va essayer d’expliquer et de combattre. 

- La formation, dédiée aux Marocains résidant à l’étranger, sera-t-elle adaptée aux caractéristiques des différents pays ciblés ?
- Effectivement, il y aura des formations thématiques. A Genève, par exemple, se trouve le Conseil des droits de l’Homme. Les Marocains de la Suisse seront formés en cette matière pour pouvoir plaider eux-mêmes. Le siège de l’UNESCO est établi à Paris. Les Marocains établis en France seront formés davantage sur l’axe cuturel de la question du Sahara. Pas très loin de Paris, à Bruxelles se trouvent les institutions européennes, dont le Parlement européen et la Commission européenne. Nous adapterons les formations aux besoins de chaque pays ciblé.

- Comment ces formations seront-elles organisées ?
- Nous commencerons, dans quelques semaines, par des formations à distance. Les personnes intéressées par ces formations devront remplir une fiche d’inscription. Les premiers bénéficiaires de cette formation, conçue en quatre langues (arabe, français, espagnol et anglais), sont les étudiants et les professeurs marocains à l’étranger, les cadres des associations, les acteurs de la société civile ainsi que ceux des réseaux sociaux. Il y aura évidemment une plateforme numérique contenant des reportages, des documentaires… ainsi qu’une bibliothèque numérique contenant l’ensemble des documents sur le Sahara marocain et la richesse du Maroc en général.

- En 2016, à l’époque où M. Mustapha El Khalfi était ministre de la Communication, un programme de formation des jeunes aux techniques du plaidoyer numérique en faveur de la question du Sahara marocain a été signé. Est-ce en lien avec votre projet ?
- Ce sont des projets indépendants l’un de l’autre. Le programme du gouvernement qui date de 2016 était destiné aux Marocains du Royaume.

Recueillis par Safaa KSAANI

Portrait

« La migration est le moteur du monde où nous vivons »
“La migration n’est pas un problème. C’est une solution”, c’est la leçon que le migrant Abdellah Boussouf a appris au sein du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME). Après avoir obtenu sa maîtrise à l’Université Mohammed Premier d’Oujda, l’actuel Secrétaire général du CCME quitte le petit patelin de Nador, où il est né en 1962, pour s’installer à Strasbourg pour poursuivre ses études supérieures. Il y a contribué à la construction de la grande mosquée de Strasbourg, inaugurée en 2012, dont la construction a démarré en 2000.

Avant d’être nommé par SM le Roi Mohammed VI, en 2007, comme Secrétaire général du CCME, il a été vice-président du Conseil français du culte musulman.

Cet homme n’a qu’une conviction. “ L’émigration est le moteur du monde où nous vivons. 250 millions d’ immigrants à travers le monde contribuent à la richesse du pays d’origine et d’accueil. C’est grâce à l’immigration qu’on a connu l’autre, le dialogue de la culture, des religions et des civilisations. L’émigration a contribué à la paix mondiale et à l’atténuation des conflits”, nous confie-t-il sur un ton vibrant d’émotion. 

M. Abdellah Boussouf garde toujours en mémoire, et chez lui, une lettre adressée par SM le Roi Mohammed VI, qui était lue par la défunte Zoulikha Nasri, à l’occasion d’une rencontre réunissant des centaines de femmes d’ici et d’ailleurs 500 femmes, en 2008. Dans cette lettre, “ SM le Roi Mohammed VI a demandé aux femmes marocaines de défendre l’intégrité territoriale, de plaider dans les instances internationales pour le Sahar marocain, et de dénoncer la séquestration des femmes et des enfants dans les camps de Tindouf. Cette lettre, qui est une feuille de route, et qui date de décembre 2008, est toujours valable et d’actualité”, nous raconte-t-il sur un ton nostalgique.

S. K. 

Repères

Convention CCME-FSJES 
Le partenariat paraphé par MM. Abdallah Boussouf, Secrétaire Général du CCME, et Farid El Bacha, doyen de la FSJES d’Agdal, ambitionne de développer des projets et des initiatives en relation avec les techniques et les stratégies de plaidoyer au sujet des grandes causes nationales, à leur tête la question de l’intégrité territoriale. La mise en oeuvre du programme de plaidoyer au sujet de la question du Sahara marocain, développé par le CCME en partenariat avec plusieurs universités marocaines, à l’adresse des Marocains du monde, figure également parmi les objectifs de cette convention, signée en marge de la conférence nationale scientifique sur « L’aprèsRésolution du Conseil de sécurité 2548 et les développements de la question du passage frontalier d’El Guerguarat », nous affirme M. Abdellah Boussouf.
Formation aux techniques de plaidoyer numérique : en 2016 : 5.000 Marocains visés
Lors d’une rencontre à l’occasion du 58ème anniversaire de la bataille de Dchira et le 40ème anniversaire du départ du dernier soldat étranger des provinces du Sud, le ministère de la Communication et l’Instance nationle de la jeunesse et de la démocratie ont procédé, en février 2016, à la signature d’une convention-cadre de partenariat pour la mise en place d’un programme de formation des jeunes aux techniques du plaidoyer numérique dans l’objectif de former 5.000 jeunes pour la défense de la première cause nationale. Cette convention vise à relever le niveau de communication des jeunes marocains appartenant à différents organismes partisans et de la société civile et à mener des initiatives communes pour les qualifier à mieux défendre l’intégrité territoriale du Royaume.