Menu
L'Opinion L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn


Tribune libre

La ligue arabe et la COVID 19


Rédigé par Samir BELAHSEN le Vendredi 31 Juillet 2020


Dr Samir BELAHSEN
Dr Samir BELAHSEN
Il leur aura fallu quatre jours pour trouver un accord ! Eh oui, ça n’a pas été facile, il a fallu de la ténacité, des compromis techniques et beaucoup de volonté politique des chefs d’État de l’union Européenne pour trouver cet accord historique. Il s’agit de 750 milliards d’Euro à investir pour relancer la machine Européenne.
 
C’est la première fois que la solidarité Européenne atteint ce niveau d’engagement : s’endetter ensemble pour investir dans l’avenir, les nouvelles technologies et l’écologie.
27 pays qui discutent en Anglais (même si les anglais ne sont pas là) chacun ayant sa propre langue, des religions différentes, des coutumes différentes…
Une idée fondamentale unissait ces chefs d’État : chacun défendait l’avenir de son pays.
 
Pendant toute la période de la Covid , la Ligue Arabe a brillé par son absence. Tant mieux me dit- on, de toute façon un texte pompeux de plus n’aurait rien apporté face à la pandémie.
Un ami Tunisien me rappelle qu’après la deuxième guerre et jusqu’à 1956 la Ligue arabe n’avait que très modérément soutenu les nationalistes d’Afrique du Nord, alors que le Maghreb devait être partie intégrante de la grande Nation arabe et que des leaders des partis nationalistes maghrébins séjournaient au Caire…
 
L’inefficacité de la Ligue Arabe et ses hésitations auront fait le long de son existence beaucoup de déçus. Les maghrébins dès cette étape mais il y en a eu d’autres les Irakiens, les syriens, les palestiniens depuis toujours … mais aussi les Yéménites et les Libyens. 
 
Amine Maalouf cite William James qui posait une question pertinente : Puisque les temps de guerre mobilisent les énergies et tirent de tout être humain ce qu’il peut offrir de meilleur, ne faudrait-il pas « une bonne guerre » pour en finir avec l’indolence et le laisser aller ?
 
La réponse de William James était qu’il fallait inventer « un équivalent moral de la guerre » …des combats pacifiques qui feraient appel aux mêmes vertus…
Amine Maalouf ajoute : peut-être, avons-nous besoin en ce siècle d’un équivalent moral de l’internationalisme prolétarien sans les monstruosités que celui-ci a charriées.
 
Quelle guerre pourrait être plus noble que la guerre contre une pandémie ?
 
A mon sens, cette guerre contre la Covid aurait pu, et aurait dû mobiliser les énergies et tirer de tous et de chacun ce qu’il pouvait offrir de meilleur.
A ce que nous avons vu à ce jour, sans nier que certains ont offert ce qu’ils avaient de meilleur, remarquons qu’ils n’étaient pas nombreux. Certains nous ont même offert pendant la pandémie ce qu’ils avaient de pire : bombardements de civils, exécutions, embargo …
 
Pour la ligue Arabe, la proposition de William James ne peut pas s’appliquer, sa proposition ne s’appliquerait qu’aux vivants si j’ai bien compris.
Quant à la guerre qui pourrait avoir la noblesse du meilleur de tous sans les atrocités de la guerre ce ne saurait être que pour la survie de l’humanité face à un risque majeur : une pandémie plus meurtrière ou un scénario de catastrophe écologique majeure.
 
La menace de pandémie plus meurtrière est bien là. La probabilité d’une deuxième vague de la Covid est souvent présentée comme un risque éminent à très court terme.
La deuxième vague serait même pire que la première, selon un modèle statistique développé par des chercheurs belges.
 
Selon Universalis, une catastrophe écologique est un événement dont les conséquences sont considérables sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes affectés, provoquant une dégradation importante, parfois irréversible, des ressources naturelles biologiques.
Si on adopte cette définition, ce risque est majeur, les marées noires, la déforestation, les inondations, les maladies, les séismes, l’activité volcanique...

L’Amazonie qui est la plus grande forêt du monde connaît une déforestation accélérée. Elle a dépassé le seuil des 10 000 km² par an. Nos façons de produire, de consommer et même de communiquer en sont responsables.
L'agriculture massive, l'industrialisation accélérée, l'urbanisation à outrance et la culture de consommation sont des empreintes humaines porteuses de risques de catastrophes.

Il reste qu’étant moins optimiste que Maalouf, j’espère que ce ne seront que de fausses alertes.
 
Dr Samir BELAHSEN
 

  



Dans la même rubrique :
< >

Lundi 19 Octobre 2020 - 10:41 2021 l’année de tous les télescopages