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Actu Maroc

La bévue d’Amekraz sur une chaîne proche du Hezbollah


Rédigé par Nabil Laaroussi le Lundi 14 Décembre 2020

Dans une interview accordée à la chaîne Al Mayadeen réputée proche de l’Iran et du Hezbollah, qui a duré de longues minutes, le ministre en charge du portefeuille de l’Emploi a émis des commentaires pour le moins attentatoires aux récentes réalisations de la diplomatie marocaine.



La bévue d’Amekraz sur une chaîne proche du Hezbollah
Les premiers spasmes post-annonce de reprise des relations avec Israël commencent à se faire ressentir avec intensité chez certaines figures de la gouvernance marocaine. Et les premiers écarts de langage aussi. Il en est ainsi du jeune ministre de l’Emploi et secrétaire général de la Jeunesse du Parti de la Justice et du Développement (PJD) qui a fait une sortie de piste remarquée sur la chaîne de télévision Al Mayadeen réputée proche du Hezbollah, au même titre que la fameuse Al Manar.

Lors de cet entretien prolongé, Amekraz s’est en effet permis de s’exprimer au nom de tous les Marocains, en sa qualité de secrétaire général de la Jeunesse du PJD qui ne l’absout pourtant pas de son statut de ministre de l’Emploi et du devoir de réserve que ce statut impose. Le moins que l’on puisse dire c’est que ses prises de position étaient à rebrousse-poil de celles de la politique générale du Maroc exprimée par la voix du Cabinet Royal à l’occasion de la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara. Les propos d’Amekraz s’inscrivent également en porteà-faux de la politique de l’Exécutif dont il est censé faire partie.

Interrogé sur la possibilité d’ouverture de consulats dans le cadre des relations diplomatiques maroco-israéliennes et sur la reprise des échanges commerciaux et économiques avec l’Etat hébreu, le ministre de l’Emploi a indiqué que « le communiqué du Cabinet Royal était clair à ce sujet  », soulignant que ce dernier «  a surpris tous les militants de la cause et les Marocains ».

Invoquant le droit de s’exprimer au nom de l’ensemble de la population du Royaume, il a affirmé que « la position de la Jeunesse du PJD sur cette normalisation et sur le reste des questions liées à la cause palestinienne est sans ambiguïté, et qu’elle représente la position de tous les Marocains».

Il va sans dire que les propos du ministre de l’Emploi rappellent l’intervention du chef du gouvernement Saâd-Eddine El Othmani, qui avait annoncé lors de la séance d’inauguration de la 16ème édition du forum de la Jeunesse du PJD, le 23 août de cette année, que « le Roi, le gouvernement et le peuple marocains rejettent toute normalisation avec Israël ». Des propos qu’El Othmani avait justifiés avançant qu’il aurait exprimé sa position « en tant que chef du Parti de la Justice et du Développement et non pas en tant que chef du gouvernement ».

Une fois de plus, la majorité gouvernementale démontre son incapacité à produire un discours cohérent et de resserrer ses rangs pour le bien des causes communes.

Pour rappel, le 1er mai 2018, le Maroc avait annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Iran en raison de son soutien au Polisario via la milice du Hezbollah dont un membre notoire employé par l’ambassade iranienne à Alger était chargé du soutien logistique et financier des séparatistes du Polisario. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait assuré à ce propos que le Royaume disposait de preuves irréfutables, de noms identifiés et de faits précis « qui corroborent cette connivence entre le Polisario et le Hezbollah contre les intérêts supérieurs du Maroc ».

« Une telle décision stratégique d’aider militairement le Polisario et de former ses gens ne peut être prise sans la coordination, voire même le consentement, de la République Islamique d’Iran  », avait-il expliqué.