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Edito & Chronique

L'Opinion : Surdité chronique et paresse endémique


Rédigé par Majd EL ATOUABI le Jeudi 12 Novembre 2020


L'Opinion : Surdité chronique et paresse endémique
Parmi les reproches les plus formulés à l’encontre de l’opposition politique au Maroc, ceux qui reviennent le plus sont sa supposée paresse, son manque d’implication, son faible rendement et la rareté de ses propositions. L’Istiqlal n’échappe pas à cette règle, lui qui, depuis son basculement dans les rangs de l’opposition, n’a eu de cesse d’émettre proposition sur proposition. 

Nouveau modèle de développement, réaménagement des projets de lois des finances, plan de relance de l’économie nationale, réforme du champ politique et de la loi électorale… sont entre autres propositions élaborées par ce parti, mais dont la plupart sont malheureusement tombées dans de sourdes oreilles. 

L’Istiqlal n’est pas le seul à subir ce manque d’interaction du gouvernement avec ses propositions. Cette attitude dommageable pour le pays affecte même des instances censées offrir à l’Exécutif les outils de monitoring à même de l’aider à adapter ses prises de décisions. Il en est ainsi du CESE dont le Président Ahmed Réda Chami vient de regretter cet état des faits, avec force éloquence et subtilité, lors de son passage mardi au Parlement. Les mêmes griefs sont exprimés régulièrement et tout aussi subtilement par le très stoïque Haut Commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi. Comme ils le sont par d’autres sages de la haute gouvernance du Royaume tels que Abdellatif Jouahri et Driss Jettou. 

Au final, il en ressort que ce gouvernement, dont certaines composantes se gargarisent fréquemment de la supposée paresse de l’opposition, tout en n’accordant que peu d’égards aux propositions d’instances suprêmes dont les dirigeants sont directement nommés par le Chef de l’Etat lui-même, n’en fait qu’à sa tête. 

Mais bien plus que de la désinvolture, cette attitude trahit surtout une profonde paresse, doublée d’un manque flagrant de cohésion entre ses composantes, dont les effets se font aujourd’hui ressentir de manière violente sur le quotidien des Marocains. En atteste le dernier rapport du Secrétaire Général du Gouvernement qui relève que sur un total de 479 textes réglementaires adoptés durant l’actuelle législature, seuls 286 sont des décrets d’application. Soit un peu plus de la moitié. Ce qui fait que plusieurs lois ne sont toujours pas appliquées. 

Si ce n’est pas de la paresse ?
Majd EL ATOUABI

  



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