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Edito & Chronique

L'Opinion : Les deux visages de la migration


Rédigé par Amine Ater le Mardi 27 Avril 2021


L'Opinion : Les deux visages de la migration
Ce sont au moins une cinquantaine de jeunes marocains originaires de Mdiq et Fnideq qui ont fait le choix de braver les éléments et de rejoindre à la nage la ville occupée de Sebta. C’est un nouveau mouvement d’émigration qui semble se déclencher, avec un nouveau modus-operandi et des motivations qui restent à déterminer. Il est en effet légitime de s’interroger s’il s’agit d’une volonté réelle d’émigrer via la ville occupée de Sebta dont ces jeunes marocains seront inexorablement expulsés en vertu de la législation locale qui l’autorise, ou bien s’agit-il plutôt d’une nouvelle manière de protester contre le chômage, l’appauvrissement et le manque d’horizons?

Quoiqu’il en soit, l’issue reste malheureusement aussi fatale que pour toute autre opération de Hrig, puisqu’on dénombre au moins deux morts et plusieurs disparus. Pris à la gorge par le marasme économique qui secoue la région depuis l’arrêt des flux de contrebande, puis la fermeture totale de la frontière entre Sebta et Fnideq, les habitants de la région, notamment les jeunes, acculés par la lenteur des mécanismes d’urgence annoncés en « grande pompe » par les autorités locales et nécessitant des réponses immédiates, ne semblent pas vouloir ni pouvoir tenir jusqu’à la mise en place de la kyrielle de projets annoncés.

De l’autre côté du Détroit, ce sont les professionnels du segment de la fraise et des fruits rouges espagnols qui viennent d’interpeller leur gouvernement face au manque de maind’œuvre, pour assurer la campagne agricole 2020/21. En d’autres mots, l’effet Covid a complètement chamboulé le mécanisme de migration circulaire entre Rabat et Madrid. D’un côté, les patrons des champs dénoncent le ralentissement de l’arrivée des saisonnières marocaines recrutées pour assurer la cueillette, qui, selon eux, est fortement menacée. D’un autre côté, les saisonnières marocaines déplorent devant les locaux de l’ANAPEC le manque d’engagement professionnel à leur égard.

Que ce soit pour les jeunes ou les saisonnières, le choix de prendre les voiles vers l’Espagne ne devait plus être une coutume résultant de la précarité, d’où la nécessité de mettre en place des programmes innovants, qui assurent un cycle d’autonomisation et d’insertion sociale optimale et efficace pour ces démunies. Chose à laquelle le gouvernement a, hélas, failli.
Amine Ater

  



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