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Edito & Chronique

L'Opinion : Le gâchis afghan


Rédigé par Amine Ater le Dimanche 15 Août 2021


L'Opinion : Le gâchis afghan
Vingt ans après l’intervention américaine en Afghanistan, les Talibans sont de retour à Kaboul plus forts que jamais. A l’heure où nous mettions sous presse, le gouvernement afghan négociait les termes de sa reddition, alors que les Américains comme le reste des Occidentaux évacuaient leurs ambassades et leurs ressortissants.

Des images qui rappellent la chute de Saigon en 1975, avec la nuée des hélicoptères qui se relayaient autour des ambassades des ex-belligérants et la décision des deux parties de préserver la capitale. Des similitudes qui s’arrêtent là. Contrairement au Vietnam où le conflit s’intégrait dans la guerre froide et dont la réunification était soutenue par une majeure partie de la population, la situation en Afghanistan reflète un échec majeur pour les tenants d’une pax americana.

Il aura fallu moins de 90 jours aux Talibans pour reprendre 80% du territoire afghan, malgré les trillions de dollars dépensés dans la mise en place de l’armée régulière afghane. Un sauve qui peut général qui témoigne de la fragilité des institutions mises en place par Washington, où le clientélisme a primé sur les aspirations du peuple afghan.

Pour leur part, les Talibans ont fait preuve d’un sens tactique et d’une stratégie sans faille, cumulant les victoires militaires tout en maintenant le processus de Doha qui sera vraisemblablement chargé de désigner un gouvernement de transition. Il est donc indéniable que le mouvement Taleb devrait adopter une forme de pouvoir de type parlementaire de manière à mieux contrôler le patchwork ethnique que constitue l’Afghanistan.

Le mouvement Taleb a d’ores et déjà exprimé sa volonté de maintenir certaines politiques du gouvernement défait, notamment sur le volet économique, et ce, afin de préserver l’amélioration du niveau de vie de la population. La décision de Moscou et de Pékin de maintenir des représentations diplomatiques à Kaboul témoigne également de la volonté des nouveaux maîtres du pays d’éviter de retomber dans l’isolement diplomatique des années 1990.

Ce qui est sûr, c’est qu’après les retraits britannique au 19ème siècle, soviétique au 20ème siècle et américain au 21ème, l’Afghanistan est loin d’avoir usurpé sa réputation de cimetière des empires.
 
Amine ATER

  



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