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Edito & Chronique

L'Opinion : Le blues des dinosaures de l’administration


Rédigé par Majd EL ATOUABI le Mardi 21 Avril 2020


Jamais au grand jamais la circulation de documents officiels n’aura été aussi foisonnante, aussi rapide et aussi limpide qu’en cette période de confinement. La néantisation des traditionnels circuits physiques de l’administration, y est certainement pour beaucoup.

Du jour au lendemain, ces constellations de bureaux d’ordre plus ou moins poussiéreux et plus ou moins sourcilleux, ces milliers de cahiers navettes aux mensurations «talmudiques» et ces bataillons d’assistantes hyper-puissantes, de vaguemestres et autres chaouchs à la vigilance de cerbères dont certains faisaient la pluie et le beau temps dans les ministères, ont été relégués aux oubliettes, sans même pouvoir broncher.

Ils ont été supplantés par de vulgaires outils informatiques.

Plus un jour ne passe sans que des documents de sensibilité variable, autrefois frappés du sceau de la confidentialité et qui restaient donc confinés dans les méandres de la «dark-administration», se retrouvent aujourd’hui, comme par magie, accessibles au dernier quidam, en livraison à domicile, via les réseaux sociaux.

Cette révolution a de quoi déstabiliser les dinosaures de l’administration nationale habitués aux messes basses, à la lenteur prudente et à la torpeur rassurante de leurs anciens circuits solides, dodus et capitonnés.

Évoluant désormais à visage découvert, garde baissée et sans filets de sécurité, ceux-ci regrettent la douce époque où ils pouvaient rattraper, sans risques, ni coup férir, ni trop de témoins, un oubli, une coquille, une bévue. Ils craignent plus que tout que cette entrée par effraction du grand public dans leur douce intimité administrative ne soit le prélude à des tracas plus sérieux dans le proche avenir.

Bienvenue à l’ère de la digitalisation forcée qui tapisse le terrain pour de futurs «coronaleaks».

Majd EL ATOUABI

  



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