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Edito & Chronique

L'Opinion : Griefs contre une industrie pharmaceutique «asphyxiée»


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Jeudi 8 Juillet 2021


L'Opinion : Griefs contre une industrie pharmaceutique «asphyxiée»
Objet d’attente des professionnels et des élus de la nation depuis septembre 2020, le rapport sur la Direction du Médicament et de la Pharmacie relevant du ministère de la Santé, a été présenté ce mercredi 7 juillet à la première Chambre. Sans surprises, de nombreuses lacunes d’ordre organisationnel et financier ont été épinglées par la mission exploratoire. La plus marquante est sans doute celle relative à la margination des opérateurs marocains, dans une conjoncture où la promotion de la production locale se présente comme une condition sine qua non pour une sortie de crise optimale et durable.

Irrégularités au niveau des procédures d’enregistrement des produits et dispositifs médicaux, avantages aux opérateurs étrangers au détriment des fournisseurs locaux, lenteurs bureaucratiques… les griefs exprimés dans le rapport parlementaire démontrent de manière limpide l’échec du gouvernement dans la gestion de la crise Covid, alors que le Chef de l’Exécutif et son ministre de la Santé ne ménagent pas leurs efforts pour chanter les louanges des réalisations gouvernementales, qu’ils qualifient de « prouesses », depuis plus d’un an de pandémie.

Toutefois, ce bilan accablant présenté par les membres de la mission est porteur de plusieurs leçons, dont la première est l’impératif de mettre en place une véritable politique nationale du médicament, en impliquant, non seulement les professionnels, mais également les politiques et la société civile de sorte à créer une industrie pharmaceutique en adéquation avec les attentes de l’ensemble des acteurs concernés, y compris les citoyens.

La deuxième leçon est la nécessité d’instaurer un « gendarme » indépendant pour avoir un cadre favorable à la protection non seulement des producteurs, fournisseurs et distributeurs locaux, mais aussi du patient, ce qui par ricochet va favoriser la ruée des investissements privés.

Un objectif qui passe d’abord par le renforcement de l’arsenal juridique encadrant le secteur du médicament. La dernière leçon concerne la simplification des procédures administratives pour les professionnels, en commençant déjà par ceux locaux, surtout que la pandémie a rendu claires comme de l’eau de roche les vertus de la souveraineté sanitaire.

Peutêtre que la création de l’Agence nationale du médicament et des produits de santé, dotée de l’indépendance administrative et de l’autonomie financière pour remplacer l’actuelle DMP, comme proposé par la mission, serait un premier pas vers le règlement du dysfonctionnement structurel dont souffre le secteur.
 
Anass MACHLOUKH

  



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