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L'Opinion : Dégivrer les banquises bancaires


22 Juin 2022



L'Opinion : Dégivrer les banquises bancaires
L'Opinion : Dégivrer les banquises bancaires
Cela fait très longtemps que l’on n’a pas connu pareille situation : la croissance de l’économie nationale est en berne et l’inflation est au plus haut niveau, en raison d’une flambée infinie des cours des matières premières et des goulets d’étranglement des chaînes mondiales de production et d’approvisionnement. Un contexte économique tendu qui devrait situer l’inflation du Royaume à 5,3%, mais dont le niveau domestique reste largement inférieur à celui des partenaires et concurrents commerciaux du Maroc.

Contrairement aux heures sombres des années 1980 et 1990 qui avaient vu le Maroc se faire imposer les douloureux Programmes d’Ajustement Structurel (PAS), aujourd’hui, le problème n’émane pas d’une inflation domestique héritée de la spirale des salaires et des prix et d’un cycle défectueux de performances économiques internes, mais d’une inflation importée majoritairement de la zone euro.

Peut-on stopper une inflation qui trouve son origine dans une zone dont la politique économique nous échappe ? La réponse est NON, d’où la nécessité de soutenir l’activité interne du pays profondément affectée par la conjoncture internationale. C’est ainsi que le maintien du statu quo du taux directeur demeure, dans le cas du Maroc, l’option la plus optimale en termes de rentabilité, surtout dans la perspective d’une décélération de l’inflation en 2023.

Néanmoins, l’atteinte des résultats escomptés dépend également du degré de générosité des banques dans l’octroi des crédits avec des taux d’intérêt attrayants, à même d’encourager la consommation et surtout l’investissement.

Car si le maintien aujourd’hui du taux directeur émet un signal fort sur la non-durabilité de l’inflation et lui donne l’image d’une phase transitoire, la frilosité des banques, quant à elle, sape la confiance et génère une frustration qui refroidit les ardeurs des investisseurs. Ceci, alors que le secteur bancaire est très bien capitalisé et dispose de larges liquidités, comme en témoignent ses résultats financiers de l’année passée qui lui offrent un matelas suffisamment confortable pour assurer ses arrières contre l’important taux de sinistrabilité consécutif à la crise du Covid. La question est donc de savoir si cet énième maintien du taux directeur suffira à dégivrer les banquises bancaires? Rien n’est moins sûr.



Saâd JAFRI







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