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Edito & Chronique

L'Opinion : A la recherche du pain perdu


Rédigé par Safaa KSAANI le Dimanche 14 Mars 2021


Fini le temps où l’on embrassait un bout de pain, symbole de “don de Dieu”, avant de le jeter à la poubelle. Fini aussi le temps où nos mamans improvisaient avec les restes de pain de la veille un succulent pain perdu pour le petit-déjeuner, ou un «Migaz» pour le dîner, cet antique et délicieux plat d’origine andalouse à base de pain, de sauce, d’oignons, de tomates et de lentilles. Les Marocains sont devenus à l’image de l’ensemble de leurs congénères autour de la planète : de grands consommateurs et de fieffés gaspilleurs.

C’est ce qui ressort du dernier rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’Organisation WRAP, consacré à ce sujet et qui nous révèle qu’au niveau mondial, en 2019, 17% de la nourriture totale disponible pour les consommateurs a fini au dépotoir.

Paradoxalement et honteusement, cela se produisait au moment où près de 690 millions de personnes souffraient de la faim, selon l’ONU. La majeure partie de ce gaspillage provient des ménages qui ont rejeté 11% de la nourriture, dépassant de loin les services de restauration (5%) et les points de vente (2%).

Au même titre que leurs homologues des grands pays du Grand Maghreb et de la région MENA, les Marocains, comme les Algériens, les Tunisiens et les Égyptiens, jettent en moyenne 91 kg de nourriture par an et par habitant. Et rien ne dit que cela va s’arranger. En cette journée mondiale des droits des consommateurs qui coïncide chez nous avec le début du mois de Châabane et l’approche du mois de Ramadan, réputé être celui de la piété, mais également de la surconsommation, la tendance ne risque pas de s’inverser.

On se rappelle dès lors qu’il y a une année, lorsque la pandémie du Coronavirus faisait son entrée sous nos cieux, obligeant les autorités à décréter un confinement général des populations, c’est justement le sur-stockage des denrées alimentaires pour le mois sacré qui avait évité au Maroc la pénurie.

Aujourd’hui, alors que le spectre de la pandémie s’éloigne lentement et sûrement, il importe de se souvenir de ces moments de psychose généralisée où on a vu de respectables pères et mères de familles dévaliser, toute honte bue, les rayons des grandes surfaces, pour revenir à plus de sérénité et surtout de raison en matière de consommation. Il en va de l’avenir de notre prochain.

Safaa KSAANI

  



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