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Interview avec Reda Allali : « Casablanca est la ville où tout est possible »


Rédigé par Yassine Elalami le Mardi 4 Octobre 2022

Ils sont de retour, sept ans après, depuis leur dernier passage sur la scène de L’Boulevard. Les Rockstar marocains «HobaHoba Spirit» ont été de la fête lors de la 20ème édition du festival. Reda Allali, le chanteur principal, nous a accordé une interview sur l’aventure d’un groupe légendaire.



- On constate une spontanéité qui se traduit dans vos chansons, un mélange de darija, de français et d’anglais. Pourquoi ce choix ?

- En effet, ce n’est pas du tout un choix, puisque, comme tu l’as dit, nos paroles ont toujours été écrites avec beaucoup de spontanéité, il y avait une volonté de s’exprimer de façon véridique, quand on a écrit nos premières chansons, on ne pensait même pas qu’on allait les sortir. Nos morceaux à l’époque n’étaient que notre manière de parler entre nous en tant qu’amis, après un certain moment, on a partagé cette discussion avec le public.


- Vous avez marqué toute une génération dans les années 2000. Êtes-vous toujours le porte-voix de la jeunesse actuelle?

- Non, pas du tout, j’espère bien que la génération qui a suivi trouvera ses propres porte-voix qui sont plus en phase avec sa vie, ses problèmes et son quotidien. En effet, ce n’est pas possible de porter la voix aussi longtemps. Actuellement, on essaye juste d’être honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes et de ne pas se faire passer pour ce qu’on n’est pas. On est des gens qui ont performé sur scène pendant 20 ans, on ne peut pas se comporter comme des jeunes.


- Casablanca a toujours été une source d’inspiration pour vous. C’est toujours le cas ?

- Bien sûr, Casablanca est un endroit où tu peux tout trouver, tu peux la voir comme une source de nuisance, de l’embouteillage et de la pollution. Mais aussi comme une source d’énergie, parce que c’est là où les gens se rencontrent et interagissent. Il y a un mélange incroyable sur cette ville qui procure de l’énergie et de la force. On perd en qualité de la vie et on gagne en possibilités, Casablanca est la ville où tout est possible.


- D’où vient votre passion pour la musique et qu’est-ce qui vous inspire?

- Il y a tellement de tabous, de schizophrénie, de blocages, de têtes bizarrement faites chez nous, que les idées de chansons ne manquent pas. Il y en a 200 chaque jour ! On est tous des sujets ambulants, et moi le premier. On est tous complètement tordus. Et nous, on en fait un spectacle pour en ressortir le côté absurde, voire drôle, et on s’éclate. Quand tu regardes les choses un peu différemment, tu te rends compte que nous vivons dans un délire permanent, collectif ! Concernant la passion, elle est là dès que je peux me rappeler de moi-même, j’ai toujours écouté de la musique et quand j’ai pu en faire, j’en ai fait.


- Vos chansons traitent souvent des questions sociales. Est-ce que vous vous considérez comme un groupe engagé?

- S’engager, c’est défendre une cause sur le champ de bataille. Mais nous ne le faisons pas, car nous sommes nous-mêmes le champ de bataille. Nous défendons notre droit de faire de la musique, donc ce n’est pas un engagement, c’est de la légitime défense. Après, nous ne sommes pas là pour définir le groupe, il y a des gens qui nous voient comme un groupe engagé, un groupe festif, un groupe de Rock, de Chaâbi ou même de Gnaoui, en vérité, ça fait longtemps qu’on a renoncé à s’auto-définir, c’est aux gens de décider comment ils veulent nous voir.


- Pensez-vous que votre musique évolue à mesure que le temps passe ?

- Si tu es honnête vis-à-vis de toi-même, tu n’es déjà pas la même personne qui était là il y a vingt ans et si tu es honnête dans ton expression, ça va changer évidemment. Au début, on jouait beaucoup en acoustique, ça s’est alourdi et ça s’est développé, on a fait des progrès, j’espère.


- Un concert que vous ne pouvez jamais oublier ?

- Les concerts de L’Boulevard et Essaouira restent inoubliables pour nous. Et en dehors Maroc, le Mali et New-York c’était incroyable, en effet, c’est très dur d’en citer puisqu’on a fait plus de 600. Mais, ce qu’on garde c’est des flashs de tout ça, pour moi ce n’est pas des concerts mais des moments, c’est là où tout est parfait, tu as l’impression que même si tu lèves tes mains, tout le monde lève les mains, la musique va continuer, tu peux sentir une force qui te dépasse, c’est parfait et rare, mais heureusement, on l’a expérimenté!


- Quel est votre objectif et qu’attendez-vous du public quand il écoute votre musique ?

- L’objectif, c’est de passer une grosse soirée, de faire la fête et de rentrer chez nous détendus, après avoir traversé une période difficile avec beaucoup de stress et d’angoisse, on mérite de tourner cette page.



Recueillis par Yassine ELALAMI

Portrait


Reda Allali a plus d’une corde à son arc
 
Guitariste et chanteur du groupe HobaHoba Spirit, podcasteur à succès (avec Radio Maârif), chroniqueur à la radio ou encore dans la presse écrite… Reda Allali a plus d’une corde à son arc. Il chante comme il parle, il joue ce qu’il ressent, il partage ce qu’il vit. Le tout avec une énergie contagieuse qui n’épargne personne.

Il a fait vibrer avec tous les membres de HobaHoba Spirit le public depuis la création du groupe en 1998, la «hayha music» résonne aux quatre coins du Maroc et du monde. Avec 7 albums et plus de 600 concerts à son actif, le groupe se nourrit des contradictions, de l’absurdité et de la schizophrénie ambiantes, avec pour mots d’ordre l’entrain et la spontanéité.

Reda Allali a publié en mars de cette année son deuxième livre aux éditions du Sirocco : Zakaria Boualem découvre l’Histoire du Maroc. On y retrouve son personnage fétiche, et un sujet qui le passionne, souvent abordé dans son podcast : l’histoire du royaume avec un grand H.

Le titre qui sonne comme un sacré programme. Surtout pour ceux qui connaissent l’énergumène Boualem dont ils suivent les pérégrinations dans les pages de TelQuel chaque semaine.

Quant aux autres, ils seront agréablement surpris par l’opiniâtreté de ce personnage, un ingénieur qui “a suivi avec abnégation les enseignements de l’école des années 80” avant de développer, au fil des ans, un véritable esprit critique… saupoudré d’une bonne dose de second degré, s’exerçant sur ce qu’il appelle le “Maroc Moderne SA” et ses habitants.



Y.E
 








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