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Actu Maroc

Hausse du chômage : Les jeunes diplômés, victimes de la conjoncture


Rédigé par Chaimae BARKI le Mardi 3 Août 2021

Bien que les plans de relance avaient en ligne de mire l’endiguement des effets ravageurs du Covid-19 sur le tissu économique, les dernières révélations du rapport du Haut-Commissariat au Plan (HCP) sont venues brouiller l’horizon de l’emploi.



Hausse du chômage : Les jeunes diplômés, victimes de la conjoncture
Le drame du chômage, qui frappe le Maroc depuis des années, continue de s’aggraver pour prendre une tournure encore plus dramatique en ces temps de crise pandémique. Dans une note relative à la situation du marché du travail, le Haut-commissariat au plan (HCP) révèle que le taux de chômage a grimpé à 12,8% au deuxième trimestre de 2021.

En effet, ce taux a maintenu sa tendance haussière avec un accroissement de 0,5 point en ce deuxième trimestre, passant de 12,3% à 12,8% au niveau national, de 15,6% à 18,2 % en milieu urbain et de 7,2% à 4,8% en milieu rural, précise le HCP.

1,6 million personnes peinent à accéder au marché de l’emploi

Le nombre de chômeurs a augmenté de 128.000 personnes entre le deuxième trimestre de l’année 2020 et celui de 2021, passant de 1.477.000 chômeurs à 1.605.000, ce qui correspond à une augmentation de 9%, précise le HCP, soulignant que cette hausse résulte d’une réduction de 100.000 chômeurs en milieu rural et d’une augmentation de 228.000 en milieu urbain.

S’agissant des jeunes âgés de 15 à 24 ans, le taux de chômage a légèrement baissé de 2,6 points, passant de 33,4% à 30,8%. Toutefois, ce taux a enregistré une hausse parmi les hommes de 11,3% à 11,9%, et parmi les femmes de 15,6% à 15,9%. Sans surprises, les jeunes diplômés sont une fois de plus les grandes victimes de la conjoncture. Le taux de chômage auprès de cette catégorie de Marocains a enregistré une hausse de 2,2 points, passant de 18,2% à 20,4% entre les deuxièmes trimestres de 2020 et de 2021.

Frappés de plein fouet, ce sont les lauréats de l’enseignement supérieur qui baignent le plus au chômage, enregistrant la hausse la plus importante de 3 points avec un taux passant de 22,3% à 25,3%. Le taux de chômage des diplômés de niveau moyen a, de son côté, augmenté de 1,8 points pour atteindre 17,6%.

Baisse timide du sous-emploi

Le volume des actifs occupés en situation de sous-emploi a baissé de 360.000 au niveau national, entre le deuxième trimestre de 2020 et la même période de 2021, selon la note du HCP. Il est passé de 1.359.000 à 999.000 personnes (de 753.000 à 551.000 personnes dans les villes et de 606.000 à 448.000 à la campagne). Le taux de sous-emploi est ainsi passé de 13% à 9,2% au niveau national, de 12,2% à 8,9% en milieu urbain et de 14,1% à 9,5% en milieu rural, ajoute la même source.

Par ailleurs, le volume de la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a baissé de 957.000 à 470.000 personnes au niveau national. Le taux correspondant est passé de 9,1% à 4,3%.

La population active occupée en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance du revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé est passée de 402.000 à 529.000 personnes au niveau national. Le taux correspondant est passé de 3,8% à 4,9%.

Création de 405.000 postes d’emploi entre T2-2020 et T2-2021

L’économie marocaine a créé 405.000 postes d’emploi au niveau national entre le deuxième trimestre de 2020 et la même période de 2021, contre une perte de 589.000 postes une année auparavant, selon le HCP. Cette évolution recouvre une création de 414.000 postes en milieu rural et une perte de 9.000 postes en milieu urbain.

Par catégorie, l’emploi rémunéré a enregistré une création de 215.000 postes au niveau national, résultant d’une création de 218.000 en milieu rural et d’une perte de 3.000 postes en milieu urbain, ajoute la même source. L’emploi non rémunéré a connu, de son côté, une création de 190.000 postes, conséquence d’une création 195.000 en zones rurales et d’une perte de 6.000 emplois en zones urbaines.

Le taux d’activité a augmenté de 44,8% à 46,1% entre T2-2020 et T2-2021, précise le HCP, notant qu’il a progressé de 42,2% à 42,6% en milieu urbain et de 49,6% à 52,9% en milieu rural. Avec cette augmentation, le taux d’activité a atteint un niveau similaire à celui enregistré avant la pandémie (45,8% au T2-2019).

Le taux d’emploi a connu, de son côté, une hausse de 39,3% à 40,2%, au niveau national (+0,9 point). Il a augmenté à 50,4% en milieu rural, et a reculé à 34,9% en milieu urbain. Ce taux a augmenté à 62,2% parmi les hommes (+0,4 point) et à 18,9% parmi les femmes (+1,4 point).

Toutefois, le taux d’emploi demeure inférieur au niveau enregistré avant la pandémie (42,1% T2-2019). Création de 318.000 postes dans le secteur de l’agriculture, forêt et pêche Le secteur de « l’agriculture, forêt et pêche » a créé un total de 318.000 postes d’emploi entre le deuxième trimestre de 2020 et celui de 2021, selon le Haut-Commissariat au Plan. Ce secteur a enregistré une perte de 477.000 postes l’année précédente et une perte annuelle moyenne de 90.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédant la pandémie, précise le HCP dans sa note d’information sur la situation du marché du travail au T2-2021.

Le secteur de « l’industrie y compris l’artisanat » a perdu 53.000 postes d’emploi, contre une perte de 69.000 l’année dernière et contre une création annuelle moyenne de 32.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années pré-pandémie.

De son côté, le secteur des « services » a créé 40.000 postes d’emploi au 2ème trimestre 2021, contre une perte de 30.000 au cours de la même période de l’année dernière et une création annuelle moyenne de 149.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années pré-pandémie.

Le secteur des « bâtiments et travaux publics » (BTP) a créé 108.000 postes d’emploi au 2ème trimestre 2021, contre une perte 9.000 postes au cours de la même période de l’année dernière et une perte annuelle moyenne de 27.000 postes entre les deuxièmes trimestres des trois années précédant la pandémie.

Parmi les 10.892.000 actifs occupés estimés au deuxième trimestre de 2021, le secteur des « Services » emploie 45,2%, suivi de « l’agriculture, forêt et pêche » avec 33,1%, de « l’industrie y compris l’artisanat » avec 11,1% (dont 44% sont des activités artisanales) et des « BTP » 10,5%. Près de 7 actifs occupés ruraux sur 10 (70,7%) exercent dans le secteur de l’agriculture, forêts et pêche, et près de deux tiers des actifs occupés citadins (66,6%) travaillent dans le secteur des services.

Cinq régions où se concentrent trois quarts des chômeurs

Presque trois quarts des chômeurs (71,3%) sont concentrés dans cinq régions, précise ladite note, ajoutant que Casablanca-Settat vient en première position avec 27,3% de chômeurs, suivie de Fès-Meknès (12,9%), de Rabat-Salé-Kénitra (12,3%), de Tanger- Tétouan-Al Hoceima (9,5%) et de l’Oriental (9,4%).

S’agissant des régions qui abritent le plus la population en âge d’activité, le HCP indique que la région de Casablanca-Settat vient en première position avec 21,8% d’actifs, suivie de Marrakech-Safi (13,7%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), de Tanger- Tétouan-Al Hoceima (11,9%) et de Fès- Meknès (11,2%), précise le HCP dans une note d’information relative à la situation du marché du travail au deuxième trimestre 2021.

Quatre régions affichent des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (46,1%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (52,0%), Marrakech-Safi (48,8%), Casablanca- Settat avec 47,9% et Drâa-Tafilalet (46,6%). En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de l’Oriental (43,3%), Fès-Meknès (42,3%) et de Souss-Massa (42,0%). La sortie de la crise serait probablement lente et douloureuse et le rebond exceptionnel en « forme V » tant attendu risque de ne pas avoir lieu.

Toutefois, au-delà de l’écume, le « Nouveau modèle de développement » reste une perspective qui inspire espoir et confiance .

Chaimae BARKI

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