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French re-connection ?


Rédigé par Soufiane CHAHID le Lundi 14 Novembre 2022



French re-connection ?
Certains y ont vu le signe de la reprise des relations franco-marocaines. D’autres y ont décelé l’omniprésence d’un “lobby” français au Royaume. La semaine dernière, l’entreprise française Egis a remporté un appel d’offres relatif aux études du projet de LGV Kénitra-Marrakech. L’information peut paraître étonnante, vu le froid que connaît la relation entre les deux pays dont les postes d’ambassadeurs sont vacants depuis plusieurs semaines.

Un communiqué de l’ONCF a pourtant été rendu public expliquant que l’ingénierie marocaine demeure le chef de file des études de ces marchés, et que l’appel d’offres ne portait que sur les prestations du contrôle extérieur des études d’avant-projet sommaire (APS), d’avant-projet détaillé et de projet (APD-PRO) d’infrastructure, génie civil, des ouvrages d’art et de terrassements nécessaires à l’augmentation de la capacité ferroviaire entre Kénitra et Marrakech et au niveau du hub de Casablanca. Mais rien n’y a fait puisque la polémique continue à enfler sur les réseaux sociaux friands de ce genre de polémiques.

Plus qu’un projet d’infrastructure, la LGV reste un symbole de coopération entre Paris et Rabat. Et la construction de la seconde tranche, celle allant jusqu’à Marrakech, fait donc naturellement l’objet depuis des mois de spéculations. Le marché finira-t-il par échapper au géant français Alstom, pour atterrir aux mains des Chinois, qui ont déjà manifesté leur intérêt pour le projet ? Serait-ce le dernier avertissement adressé à Paris, que toute coopération économique est conditionnée par le respect et la considération envers le Royaume ?

Depuis l’avènement du Roi Mohammed VI, le Maroc a entamé une démarche salutaire de diversification de ses partenaires. Cependant, les relations économiques ne peuvent souffrir des remous des rapports diplomatiques. La France est un partenaire important du Maroc, et cela ne va pas changer du jour au lendemain.

Si Rabat attend du pragmatisme des autres pays, il n’en demeure pas moins convaincu qu’il doit également en faire preuve, lui-même. Pour le TGV, projet structurant pour le Maroc, même si d’autres pays proposent de le faire pour moins cher, Alstom reste leader mondial dans ce domaine, avec des technologies et une qualité qui ne sont plus à prouver. Car, à un certain niveau d’équipement logistique ou infrastructurel, il va sans dire que c’est la qualité qui prime. Gardons en tête à cet égard que les deux joyaux de la couronne du Renseignement marocain, les satellites Mohammed VI A et B, ont été conçus par Thales, un groupe français. Et les exemples sont légion dans les domaines militaires ou civils.

Perturber ce genre de projets importants pour des considérations politiques, et donc certainement contextuelles, peut avoir des conséquences plus nuisibles au Maroc qu’aux entreprises françaises. Et comme les États n’ont pas d’amis, mais uniquement des intérêts, la sagesse voudrait que l’on considère ce genre de marchés stratégiques non pas en fonction des contextes et des pays, mais froidement et pragmatiquement en fonction de la pertinence de toutes les offres sur la table. Car le but final est, et restera, le développement du Maroc.
 




Soufiane CHAHID



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