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Actu Maroc

Export : L’ASMEX relance le débat sur la priorité de l’économie alimentaire


Rédigé par N. BATIJE le Vendredi 24 Juillet 2020

L’ASMEX traite de l’export agro-alimentaire et suggère à cet effet des recommandations pour la valorisation du secteur tant au Maroc qu’en Afrique.



Export : L’ASMEX relance le débat sur la priorité de l’économie alimentaire
L’export agro-alimentaire, locomotive de création d’emploi et de relance économique inclusive » est l’intitulé du webinar organisé, tout récemment, par l’Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) dans le cadre de son cycle de visioconférences.

Une initiative qui prend à sa charge l’accompagnement des entreprises exportatrices en quête d’opportunités de marchés en ces temps difficiles marqués par l’impact de la pandémie Covid-19 et ses innombrables répercussions sur les opportunités d’affaires.

A cet effet, cette rencontre, présidée par M. Hassan Sentissi El Idrissi, Président de l’ASMEX, a réuni autour de cette thématique de nombreux intervenants qui ne sont pas des moindres. Il s’agit, en l’occurrence de Mme Fatiha Charradi, VP Local Market - Farming Development - OCP Group ; M. Malick Diop, Directeur Général de l’Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations ; M. Rachid Benali, 1er Vice-Président de la Comader ; M. Amine Khalil, Directeur développement - Dari Couspates ; M. Mohammed Fikrat, PDG de Cosumar ; M. Abdelhamid Aboulkassim, Président de Fimabio et M. Osama Abughoush, Directeur Général de Delmonte.

Plantant le décor, M. Amine Laghidi, DG Africa Lion et Vice-président de l’ASMEX, en sa qualité de modérateur en la circonstance , avait précisé que « la crise sanitaire et ses implications économiques et sociales à l’échelle mondiale relance avec acuité le débat sur la priorité de l’économie alimentaire dans la réduction de la pauvreté, la création d’emplois, la diversification des exportations et donc la création de richesse et de prospérité pour les nations et les structures économiques ».

Feuille de route pour la valorisation à l’export

Et c’est, d’ailleurs, sous cet angle que les intervenants à cette conférence ont tenté de dresser un tableau de la situation actuelle et proposer des recommandations et une feuille de route pour la valorisation de l’export agro-alimentaire tant au Maroc qu’en Afrique.

A ce titre, développer un commerce interafricain, se compléter en termes de chaînes de valeurs et de savoir-faire aussi dans la perspective d’ aboutir à une souveraineté agricole régionale , accélérer le processus de mise en place de la ZLECA (zone de libre échange continentale africaine), transformer le marché marocain d’un marché agricole du push en un marché du pull à flux tirés par les commandes internationales structurantes et valorisantes, renforcer l’offre exportable agroalimentaire nationale en terme de prix, de qualité et valorisation de produits … sont autant de points débattus lors de cet événement qui s’est soldé par un appel du président de l’ASMEX à « tous les pays africains pour adhérer le plus rapidement possible, comme vient de le faire le Sénégal, au projet de création d’une association africaine des exportateurs qui constituera un espace d’échange, de suivi et de promotion de l’offre exportable africaine et assurera un cadre favorable aux partenariats à l’échelle intercontinentale ».

Auparavant et en guise de réponseaux enjeux afférents aux problématiques liées à l’export, le Vice-Président de l’ASMEX avait mentionné l’importance d’adopter la notion de hub marocain agro-alimentaire international dédié à la fois au sourcing, à la production, la transformation et l’export valorisant.

Pour M. Laghidi, c’est le meilleur moyen d’attirer les investisseurs étrangers, de créer une dynamique industrielle et commerciale et répondre au mieux aux contraintes liées à la périssabilité et à l’accès au marché international auxquelles sont confrontés les producteurs.

« Ce savoir-faire, une fois capitalisé, permettra l’émergence de zones de trading internationales dans les zones franches logistiques et/ou industrielles permettant au Maroc de devenir un véritable trader valorisant les exports africains vers le monde », conclut le vice-président de l’ASMEX.

Un plan de reprise en suspens

En attendant, une étude sectorielle a révélé que, contrairement à ce que l’on pense, l’agroalimentaire figure parmi les secteurs ayant fortement pâti de l’arrêt total ou partiel des activités économiques suite aux mesures de confinement liées à la pandémie du Coronavirus. Un confinement qui s’est traduit par une chute brutale de la demande adressée au secteur, l’annulation de commandes et un dysfonctionnement en externe des flux logistiques perturbant ainsi les importations des intrants tant nécessaires à la continuité de l’activité.

Cette étude, réalisée par la Fédération nationale de l’agro-alimentaire au mois de mai, a montré que ce secteur avait enregistré une baisse de son chiffre d’affaires mensuel, après que les professionnels aient constaté une baisse de 30% du nombre de transactions pour les entreprises opérant dans le domaine en avril.

En chiffres, les effets du Covid-19 sur les activités du secteur se sont accrus et par segments, la performance de l’industrie du chocolat avait diminué en raison de la baisse enregistrée de la demande (-65%). La demande de boissons a également chuté de 65%, tandis que les ventes de biscuits ont reculé de 60%. Pour l’industrie fromagère et les produits de thé et de café, les ventes ont diminué respectivement de 30% et de 20%.

Promouvoir la consommation du made in Morocco

Partant de là, les professionnels du secteur ne se sont nullement gênés pour exiger du ministère de l’Économie et des Finances et la réforme de l’Administration la mise en place d’un plan financier urgent pour préserver le secteur et éviter des pertes financières estimées à près de 17,3 milliards de dirhams.

D’ailleurs, la Fédération nationale à l’instar des autres secteurs, avait travaillé sur un plan de reprise dans lequel elle appelle au soutien du pouvoir d’achat des familles et au renforcement de la compétitivité des industries alimentaires locales en tant que secteur stratégique tout en améliorant la production locale en orientant la demande vers des produits fabriqués localement. Une manière de promouvoir la consommation du made in Morocco.
 
N. BATIJE