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Education des adultes : Un chantier stratégique lancé par le Royaume


Rédigé par S. A. le Mardi 21 Juin 2022

L’apprentissage tout au long de la vie n’est plus considéré comme un luxe. Bien au contraire, c’est un processus vital pour le développement socio-économique des pays. Lors de la 7ème édition de la CONFINTEA VII, le Maroc a montré son engagement pour ce chantier. Détails.



Le temps d’apprentissage ne se limite pas à celui de l’enfance et de la jeunesse. C’est un processus qui commence, certes, à un jeune âge, mais qui ne se termine jamais.

Au Maroc, plusieurs initiatives ont été prises au fil des gouvernements pour promouvoir le principe d’apprentissage tout au long de la vie, qui fait partie du chantier de l’Education, l’une des premières priorités du Royaume, comme l’a bien précisé SM le Roi Mohammed VI, tout juste après son intronisation, il y a plus de deux décennies. Un choix qui s’impose naturellement étant donné que l’éducation demeure une pierre angulaire dans la consécration de valeurs sociales, tout comme elle est et restera le précieux sésame de la prospérité économique.

Aujourd’hui, Rabat a réaffirmé son adhésion effective au principe d’apprentissage tout au long de la vie, en accueillant la septième Conférence internationale de l’UNESCO sur l’Education des Adultes (CONFINTEA VII). L’engagement se traduit également, comme l’a bien souligné le Souverain dans un discours adressé le 15 juin à l’occasion du lancement de la conférence, par l’intégration des villes de Chefchaouen et de Benguérir, au réseau mondial des villes apprenantes, ainsi que par l’attribution au Maroc de la Chaire de l’UNESCO.

Le Maroc des deuxièmes chances

L’école de la deuxième chance-nouvelle génération, est également un exemple des chantiers mis en place par l’Etat pour lutter contre l’exclusion sociale et le décrochage scolaire. «Ce programme, qui ambitionne d’assurer la scolarisation et le rattrapage pour les jeunes adolescents, a permis l’insertion de plus de 25.000 enfants dans les écoles», selon le ministre de l’Enseignement supérieur Abdellatif Miraoui, qui a appelé lors de la CONFINTEA VII les universités à se transformer en institutions d’apprentissage tout au long de la vie et en lieux de formation aussi bien des jeunes que des adultes.

C’est ainsi que le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, M. Chakib Benmoussa a relevé l’importance d’élaborer une nouvelle feuille de route «le plan d’action de Marrakech», appelant toutes les parties concernées à renouveler leur engagement pour le développement de l’éducation des adultes et l’apprentissage tout au long de la vie au service des ODD à l’horizon 2030. Un engagement qui concernerait non seulement les organismes éducatifs, mais également les investisseurs, qui devrait être un moteur de croissance pour ce chantier vital pour le développement non seulement de la société, mais également et surtout de l’économie. Surtout que l’éducation tout au long de la vie souffre de sous-investissements préjudiciables, puisque près de la moitié des pays n’investissent que 2 % ou moins des budgets globaux de l’éducation dans ce domaine.

Institut Africain pour l’apprentissage

La Conférence s’est également caractérisée par la signature d’une convention portant sur la création de l’Institut Africain pour l’apprentissage tout au long de la vie. Une initiative du Souverain, qui montre la volonté du Maroc de vouloir passer à la vitesse supérieure en la matière.

Concrètement, cet institut s’assigne pour mission le développement et le renforcement des capacités des institutions, des acteurs et des partenaires concernant l’apprentissage tout au long de la vie, en particulier concernant les villes apprenantes, le partage de connaissances, de ressources et d’outils en matière d’apprentissage et d’éducation des adultes, ainsi que le développement des échanges et la coopération entre les villes apprenantes africaines.

L’innovation dans cette démarche est de s’appuyer sur un ensemble d’organismes qui existent déjà au Maroc et dans le reste du Continent, et qui interviennent aujourd’hui dans le domaine de l’éducation des adultes et l’apprentissage tout au long de la vie.

Chakib Benmoussa a indiqué que ces organismes «peuvent, en mettant en commun leur savoir-faire et en partageant les pratiques innovantes, créer un échange entre les pays africains et mettre en place des formations par les pairs, afin d’accompagner au moindre coût et de manière flexible les besoins qui s’expriment dans ce domaine dans de nombreux pays de l’Afrique».



S. A.
 
 

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Education des adultes : Un chantier stratégique lancé par le Royaume

Cadre d’action de Marrakech


Un document de référence
 
«Le Cadre d’Action de Marrakech», un Document de référence en faveur de l’éducation des adultes a été adopté vendredi à Marrakech, au terme des travaux de la 7ème Conférence Internationale sur l’Education des Adultes (CONFINTEA VII). «Nous adoptons donc le Cadre d’action de Marrakech comme guide des actions que nous engagerons pour mettre à profit le pouvoir transformatif de l’apprentissage et l’éducation des adultes (AEA), dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie et vers la réalisation d’un avenir prometteur de cohésion sociale, d’épanouissement, d’inclusivité et de durabilité pour tous», lit-on dans le document ayant sanctionné les travaux de cette Conférence de trois jours.

Les participants se sont, dans ce cadre, engagés à promouvoir les recommandations du «Cadre d’action de Marrakech» comme partie intégrante du prochain Sommet de la transformation de l’éducation en septembre 2022, rappelant l’importance de ce Cadre, qui servira de document de référence pour ladite Conférence au Sommet. 
 

Population carcérale


Baisse du taux d’analphabétisme dans les rangs des détenus
 
Les participants à la Conférence Internationale sur l’Education des Adultes (CONFINTEA VII) ont fait le déplacement samedi à la prison locale Loudaya (préfecture de Marrakech), le temps de s’informer de près sur les efforts consentis par la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR) dans le domaine de l’éducation des adultes et de la lutte contre l’analphabétisme dans les rangs des détenus de cet établissement pénitentiaire.

A cette occasion, des explications ont été fournies aux participants, sur les différentes structures et dépendances de la prison locale de Loudaya, notamment celles se rapportant à l’éducation et à la formation professionnelle des détenus, dont un Centre de formation professionnelle, des métiers et arts et une radio locale destinée à mettre en avant les talents des détenus et à contribuer à l’humanisation de l’espace carcéral.

Dans une déclaration à M24, la chaine télévisée de l’information en continu de la MAP, le chef de Division de l’Action Sociale à la DGAPR, Benaissa Bennacer, a indiqué que cette visite au sein de l’établissement pénitentiaire de Loudaya offre l’opportunité aux visiteurs de s’arrêter de visu sur les efforts consentis par la DGAPR via une série de programmes éducatifs, notamment ceux se rapportant à la lutte contre l’analphabétisme.

Dans ce sens, il a relevé que la DGAPR a élaboré en partenariat avec l’ANLCA, et en coordination avec le ministère des Habous et des Affaires islamiques, le programme «Prisons sans analphabétisme», qui a réalisé des résultats très importants, indiquant que le nombre de détenus bénéficiaires de ce programme depuis l’année scolaire 2016-2017 à 2020-2021 s’élève à plus de 52.000 détenus. Dans ce sens, il a mis en relief une baisse du taux d’analphabétisme dans les rangs des détenus à 40% entre 2016-2017 et 2020-2021, notant que la DGAPR a aussi procédé au lancement de programmes d’analphabétisme fonctionnel et du programme de formation des formateurs, à travers l’opération d’éducation par les ainés, qui consiste en la sélection de détenus qui remplissent certaines conditions en vue de bénéficier de ce programme de lutte contre l’analphabétisme, qui a bénéficié à quelque 11.000 détenus.

 

3 questions à Stefania Giannini

Education des adultes : Un chantier stratégique lancé par le Royaume

« L’UNESCO soutiendra toutes les politiques concrètes sur le terrain »
 
La Sous- Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation, Stefania Giannini, revient dans un entretien avec MAP, sur les objectifs et les enjeux de la CONFINTEA VII.

- Marrakech a abrité la 7ème Conférence Internationale sur l’Education des Adultes (CONFINTEA VII). Quels étaient les objectifs et les enjeux de cette rencontre de portée mondiale ?

- La CONFINTEA, qui se déroule tous les 12 ans et réunit des représentants de la communauté internationale de l’apprentissage et de l’éducation des adultes, a pour objectif principal de trouver des solutions efficaces pour relever le défi global d’analphabétisme et parvenir à la promotion de l’éducation des adultes.

Près de 800 millions d’adultes sont analphabètes dans le monde. Il s’agit d’adultes qui n’ont pas les compétences basiques pour devenir des citoyens actifs qui participent à la vie sociale et économique et au développement de leurs pays. Je pense que cette initiative intergouvernementale, qui met tous les États membres autour de la table pour élaborer le Cadre d’action de Marrakech, une feuille de route pour les douze prochaines années, constitue un nouveau jalon dans ce processus, et nous sommes disposés à apporter notre soutien aux États membres, notamment le Maroc, le pays hôte qui a pris la responsabilité de co-organiser cette conférence.


- Quelle est la stratégie adoptée par l’UNESCO pour lutter contre l’analphabétisme et promouvoir l’éducation des adultes ?


- Cette année, nous sommes tous mobilisés à l’UNESCO pour mettre l’éducation au centre d’une politique globale : il faut investir plus et mieux dans l’éducation et mettre l’éducation inclusive au centre des politiques, aussi bien à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale globale.

Dans ce sens, nous allons organiser, du 28 au 30 juin à Paris, le Pré-Sommet sur la transformation de l’éducation, qui a pour objectif de tirer parti des discussions en évolution sur la transformation de l’éducation, d’élaborer le contenu initial, d’établir une vision commune et des actions suggérées pour le Sommet, et de générer plus d’élan en vue du Sommet sur la transformation de l’éducation, prévu en septembre prochain. Lors de cette rencontre, nous allons demander à tous les chefs d’État et de Gouvernement de s’engager pour la transformation de l’éducation.

Ce n’est plus le temps d’initier des petites réformes, mais c’est vraiment le moment pour hisser la transformation de l’éducation au rang de priorité politique, afin de transformer la société et les systèmes économiques et garantir les droits humains à tous.


- Comment évaluez-vous les efforts entrepris par le Maroc dans le domaine de l’éducation des adultes et quelle lecture faites-vous du partenariat avec l’UNESCO ?


- Nous sommes très reconnaissants au gouvernement du Maroc pour son leadership dans l’organisation de cette rencontre de portée mondiale. Lors de ce conclave, nous avons apprécié les politiques mises déjà en oeuvre par le Royaume dans le domaine de l’éducation des adultes et l’apprentissage tout au long de la vie.

Nous saluons l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour la création de la Commission interministérielle post-CONFINTEA VII, ainsi que l’Institut africain pour l’apprentissage tout au long de la vie, une plateforme dématérialisée pour l’éducation des adultes au niveau du Continent. L’UNESCO apportera son soutien à ces initiatives et à toutes les politiques concrètes sur le terrain. Nous nous félicitons également de notre partenariat très fort avec le Royaume du Maroc, pour construire un avenir meilleur.