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Edito & Chronique

De la corrélation entre respect et durée du confinement


le Mercredi 25 Mars 2020

Pour faire face à l’obscurantisme de quelques dangereux illuminés appelant à des rassemblements propices à la propagation de la pandémie du coronavirus, l’Etat, unique recours des citoyens en ces temps de crise, a besoin d’un bâton juridique pour faire respecter le confinement.



Tanger sous contrôle policier
Tanger sous contrôle policier
Une peine d’un à trois mois de prison et/ou 300 à 1.300 Dhs d’amende, c’est la sanction prévue par le projet de décret-loi portant sur l'état d'urgence sanitaire et sa déclaration pour toute infraction à celui-ci. Le texte a été adopté à l’unanimité, lundi, par la commission de l'intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville à la Chambre des représentants. Un tel instrument juridique est nécessaire, en ces temps difficiles de pandémie virale, pour que les autorités puissent assurer la protection des citoyens contre la propagation du CoVid-19. Mieux le confinement sera respecté, moins il y aura besoin de le prolonger.

Dimanche 22 mars, de agents de la Direction Générale de Sûreté Nationale (DGSN) interpellent à Tanger deux individus, âgés de 24 et 42 ans, accusés d’avoir appelé à des rassemblements de population, qui se sont déroulés dans la nuit du samedi dans la cité du détroit, et ce en violation flagrante de l’état d’urgence sanitaire décrété par les autorités. Le même jour, deux autres interpellations sont opérées à Tétouan. Le lendemain, ce sont cinq autres personnes, âgées entre 26 et 49 ans, qui furent arrêtées pour le même motif, cette fois-ci à Fès, des attroupements s’étant produits, sur instigation des mis en cause, dans l’ancienne Médina et dans les quartiers de Bensouda et Aïn Kadous. Le même jour, à Salé, ce sont 122 personnes dont neufs mineurs qui sont arrêtés pour désobéissance sanitaire.

L’obscurantisme au service du coronavirus
Dans tous ces cas, l’invocation de la religion pour amener des citoyens crédules à braver la danger et se regrouper sur la voie publique d’une manière qui offre au coronavirus les conditions optimales pour sa propagation, relève d’un satanisme qui devrait en soi faire l’objet de sévères sanctions. Ces fous furieux ne se contentent pas de mettre leurs vies en péril, mais aussi celles des autres, se rebellent contre les autorités publiques dans une situation de grave urgence sanitaire et dénaturent la foi religieuse pour l’exploiter à des fins vilement politiques.

L’on pourrait se féliciter que ces obscurantistes prédicateurs révèlent ainsi la nature intrinsèquement satanique de leur idéologie, mais la menace qu’ils font peser sur la vie des autres citoyens en parvenant à convaincre des esprits naïfs de les rejoindre dans leurs délires oblige à plutôt s’en attrister.

Des effets d’un confinement prolongé
Moins le confinement sanitaire sera respecté, plus le nombre de nouveaux cas d’infection au coronavirus continuera d’augmenter et plus les autorités seront dans l’obligation de le prolonger. Or, les effets secondaires de cette mesure préventive de choc qu’est le confinement sanitaire à domicile est terrible pour l’économie nationale, contrainte de tourner au ralenti. À l’évidente exception des secteurs de l’alimentation, des produits pharmaceutiques et hygiéniques, tous les opérateurs économiques nationaux observent les sombres horizons que fait la pandémie du coronavirus sur leurs activités avec beaucoup d’inquiètudes.

Sur hautes instructions royales a bel et bien été crée un fonds de gestion de cette pandémie, d’abord doté de 10 milliards de Dhs, mais qui a déjà atteint près de 30 milliards. Un comité de veille économique a également été instauré, le paiement des charges sociales des entreprises a été suspendu, le remboursement de leurs crédits bancaires reporté de trois mois, une ligne de crédit supplémentaire a été ouverte au profit des PME et TPE et les opérateurs réalisant moins de 20 millions de Dhs de chiffre d’affaires annuel verront leurs échéances fiscales repoussées.

Durabilité de ressources face à la tragédie
Les travailleurs affiliés à la CNSS et contraints au chômage technique devront recevoir, pour leur part, 2.000 Dhs par mois. sMais plus le confinement va durer, plus il faudra de ressources pour en contrecarrer les effets, ce dont le Maroc ne dispose pas à profusion. Même la solidarité dont ont fait preuve les Marocains les uns envers les autres ne saurait résister à une réduction des activités, et donc des revenus, prolongée.

Le secteur du tourisme et les milliers de personnes qui en vivent se posent des questions sur une saison d’activités de plus en plus incertaine, tout autant que les opérateurs de l’événementiel, l’annulation du Salon de l’Agriculture de Meknès et du Fstival Mawazine de Rabat étant symbolique à ce sujet.      

La situation est encore pire pour les travailleurs journaliers et ceux qui ne sont pas déclarés à la CNSS, les très petites entreprises informelles soumises à l’arrêt de leurs activités. C’est pour l’ensemble des classes sociales les plus défavorisées, qui n’ont aucune épargne pour pouvoir supporter longtemps ce confinement, que l’on devrait également songer en s’astreignant le respect des mesures préventives prises par les autorités.

L’intérêt général et le salut public ayant primauté sur le droit de quelques tristes individus de propager leur idéologie obscurantiste dangereuse pour la santé des citoyens, il est du devoir des autorités de protéger la communauté des délires nocifs proférés par des brebis galeuses.

Ahmed NAJI

  



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