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Affaire Iliass Tahiri : le «George Floyd» marocain (vidéo)


Rédigé par Hajar Lebabi le Samedi 13 Juin 2020

De nouveaux éléments surgissent dans l’affaire d’Iliass Tahiri, un jeune marocain de 18 ans, mort le 1er juillet 2019, dans un centre d’accueil pour mineurs à Almeria, en Espagne. Alors que sa mort fut classée comme «accidentelle», la vérité finit toujours par faire surface ! Néanmoins, selon des médias espagnols Iliass aurait décédé étouffé par plusieurs agents de sécurité. Cette nouvelle serait la cause derrière la démission du directeur du centre et la réouverture du dossier.



Affaire Iliass Tahiri : le «George Floyd» marocain (vidéo)
Iliass Tahiri, d'origine marocaine (né à Tétouan), était un garçon en difficulté qui avait déjà traversé d'autres centres pour mineurs à Cadix et à Cordoue. Les caméras du centre ont enregistré les 13 minutes pendant lesquelles la victime a été tuée et les tentatives ultérieures de la réanimer. A aucun moment il n'y a eu de résistance de la part du jeune homme.

L'affaire, bien que remarquablement différente, rappelle George Floyd, l'homme à la peau noire tué à Minneapolis par un policier qui lui a mis le genou au cou pendant plusieurs minutes.

Une fausse «arythmie cardiaque»

Le tribunal unique de Purchena (Almería) avait enquêté sur les événements du centre Tierras de Oria. Au début, il a déclaré la cause secrète. Ensuite, le coroner Juan Luis Sánchez Blanque avait réalisé l'autopsie du corps. L'échec cardiorespiratoire entraînant une arythmie cardiaque est considérée comme la cause du décès. Fin janvier 2020, la juge Teresa Inés Sánchez a signé l'ordre de classer l'affaire après avoir considéré qu'il s'agissait d'une «mort violente accidentelle».

Pourtant, La vidéo (ci-dessous) montre clairement comment un employé du centre et cinq agents de sécurité ont mis Iliass Tahiri dans une pièce avec un lit, une table et une chaise de bureau. Le jeune homme est menotté derrière le dos. Les agents l'ont étendu face contre la terre sur le lit, le visage près de l'oreiller, et l'ont attaché de ses pieds, ses mains et son torse. L'un des gardes, le plus proche de la tête du lit, place une jambe sur le haut du dos du jeune homme, près de son cou. Il maintient cette position pendant la quasi-totalité de l'enregistrement.

Petit à petit, après avoir appliqué le «protocole de contention physique» au jeune homme, les gardes se sont retirés un par un. C'est à ce moment qu’ils ont réalisé que le garçon n'avait pas de pouls. Un médecin est appelé à la salle pour effectuer des tâches de réanimation sur lui, mais sans succès.

Le directeur du centre fuit-il l’inévitable polémique ?

Manuel Madrid Saavedra, le directeur du centre pour mineurs d'Almería où Iliass Tahiri est décédé, a démissionné de ses fonctions.

Madrid Saavedra a transféré sa décision en soumettant une note interne à Enrique Tuñón, vice-président de l'Association à but non lucratif pour la gestion de l'intégration sociale (Ginso), responsable du centre Tierras de Oria à Almería.

«Ma démission et mon licenciement sont pour des raisons d'épuisement personnel, familial et physique et psychologique et pour sauvegarder le travail et la bonne image de mon centre, des travailleurs et de mon association», a déclaré Manuel Saavedra dans une lettre adressée à son supérieur.

Lettre de démission présentée, le 5 juin, par le directeur du centre.
Lettre de démission présentée, le 5 juin, par le directeur du centre.
La famille d’Iliass maintient son combat

La famille du jeune homme réside dans la province de Cadix. Par l'intermédiaire de son avocat, Carlos Rolin, elle a interjeté appel pour porter l'affaire devant le tribunal provincial d'Almería, qui n'a pas encore statué. Ginso accumule des plaintes ces dernières années pour le traitement reçu par ses détenus.

L'avocat Carlos Rolin, soutient que les faits pourraient constituer un homicide, mais, détache la démission du directeur du centre Tierras de Oria de la mort d'Iliass Tahiri.

«Nous ne pensons pas que ce soit la raison de son départ. Bien que nous attendions la réponse à notre appel. Le directeur dit que le protocole était adéquat, mais, nous continuions à soutenir le contraire», a déclaré Carlos Rolin.

La famille du jeune homme a décidé de faire appel, étant donné qu'à partir de la vidéo, il peut être conclu qu'il existe des éléments suffisants pour classer l’affaire comme un crime d'homicide.

  


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