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Actu Maroc

​Une centaine de mineurs en sit-in à 700 mètres de profondeur


Rédigé par le Jeudi 17 Décembre 2020

Quelque 100 travailleurs de la mine de Jbel Aouam sont en protestation à une profondeur de 700 mètres sous terre, pour défendre leurs droits et leurs conditions de travail à l’intérieur de la mine.



Epaulés par leurs représentants syndicaux, les travail- leurs de la Compagnie Minière Touissit (CMT) ont entamé, depuis le 11 décembre, une grève ouverte à la mine de Jbel Aouam à M’rirt, dans la province de Khénifra.

100 travailleurs en protestation à l’intérieur de la mine à une profondeur de plus de 700 mètres sous terre et environ 200 protestataires en surface, contestent le refus de l’administration de mettre en œuvre les exigences du protocole d’un accord signé en 2019, « en présence d’un représentant du ministère de l’Énergie et des Minéraux, et d’un représentant des autorités locales », peut-on lire dans un communiqué des syndicalistes.

Cette crise de grande ampleur, confrontée à « une position nonchalante et probable connivence du ministère de l’Énergie et des Minéraux », rappelle les événements de Jérada, où les manifestations ont secoué la ville pendant plusieurs mois suite à la négligence de cette catégorie de la classe laborieuse, laquelle a induit la mort de deux mineurs dans les « mines de la mort ».

« La direction de la mine a élu- dé la mise en œuvre des termes de cet accord » depuis sa signa- ture, déplore-t-on dans le communiqué.

Les travailleurs en question revendiquent l’amélioration des conditions de vie et de travail à l’intérieur de la mine, la mise en place de mesures de santé et de sécurité au travail.

Face à cette manifestation des miniers de Jbel Aouam, la direction de la mine aurait adopté une attitude « tyrannique et intransigeante », rapporte le communiqué. Selon les représentants syndicaux des miniers en question, la direction aurait « empêché l’approvisionnement des travailleurs de la mine en nourriture, eau et médicaments à l’intérieur de la mine ».

Une réaction « obstinée », fermement condamnée par les représentants du syndicat, qui exigent des pouvoirs publics d’ouvrir un dialogue urgent et responsable afin d’aboutir à des résultats satisfaisants, de rompre le sit-in et d’éviter une crise qui pourrait entraîner de graves répercussions.

Aussi, le communiqué porte l’attention sur le danger pesant sur la vie et la santé des personnes à l’intérieur de la mine. Une lourde responsabilité que « l’administration, le ministère de l’Énergie et des Minéraux et les autorités locales devront assumer », insiste les représentants syndicaux.

En outre, le syndicat en question a décidé d’inclure la Fédération internationale des mines et des industries minérales dans cette lutte, afin de manifester son soutien et sa solidarité avec les travailleurs de Jbel Aouam.
 
Jérada : De malheureux événements à ne  pas réitérer

Suite à la suspension de l’activité des mines de charbon et en raison de la mort tragique de deux frères dans une exploitation minière illégale, la ville de Jérada avait assisté à une série de manifestations et de grèves générales qui avaient duré des mois depuis le 20 décembre 2017. Les émeutes du 14 mars furent les plus violentes suite à la tentative de dispersion d’un rassemblement qui avait fait 312 blessés parmi les forces de l’ordre et 32 parmi les manifestants, outre l’arrestation de plusieurs d’entre ces derniers.

Des conditions de travail déplorables

Les conditions de travail dans les mines seraient des plus indécentes au monde. D’ailleurs, bon nombre de pays considèrent l’exploitation minière comme l’activité la plus dangereuse. Le secteur enregistre un nombre important de décès, d’accidents et de maladies professionnelles invalidantes touchant les mineurs du monde entier. Bien que représentant à peine un pour cent de la main d’œuvre mondiale, le secteur cause environ huit pour cent des accidents mortels au travail. En outre, les mineurs sont continuellement exposés au risque de blessures ou de maladies, notamment la pneumoconiose ou la perte d’audition.