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Actu Maroc

Zoom sur les répercussions de la COVID sur les populations défavorisées


Rédigé par le Vendredi 9 Octobre 2020

C’est dans une étude intitulée «Solidarité et impact socio-économique du Covid-19 sur la population défavorisée: étude des besoins et attentes», que la Fondation Tadamoune, nouvellement créé, a pu apporter de nouvelles données concernant les répercussions de la pandémie sur la situation socio-économique des populations marocaines vulnérables.



Zoom sur les répercussions de la COVID sur les populations défavorisées
L’étude en question, basée sur une enquête empirique, a émané du besoin de dresser un tableau exhaustif de la situation actuelle et d’élaborer un plan d’action efficace et efficient afin de contribuer à la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales.

Il va sans dire que les résultats de cette étude sans pour le moins illustratifs et poussent à s’interroger quant à l’application des mesures entreprises par le gouvernement face à cette crise.

Zoom sur les répercussions de la COVID sur les populations défavorisées
Des aides insuffisantes et mal réparties

Concernant les aides reçues pendant la période de pandémie, 76% des personnes interrogées ont reçu une aide matérielle, dont 80% d’origine citoyenne (famille, voisinage, donateurs, associations…) et 62% d’origine publique, notamment de l’Etat ou de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).

A en croire les chiffres ressortis de l’étude, 44% des aides ont été en forme d’argent perçu par les bénéficiaires, 16%  des bénéficiaires  ont reçu de l’argent et des paniers alimentaires, alors que 14% ont reçu exclusivement des paniers alimentaires. Les médicaments et le matériel informatique ont par ailleurs constitué 2% des aides offertes à la population ciblée.

Il est à préciser que les personnes bénéficiaires ont reçu en moyenne plus d’une aide avec une disparité régionale constatée dans la répartition et la nature des aides.

Zoom sur les répercussions de la COVID sur les populations défavorisées
La population vulnérable est la plus impactée économiquement par la crise 

Alors que les chiffres d’une récente étude du Haut Commissariat au Plan ressortent une proportion de 62% des personnes actives au niveau national à avoir souffert une baisse de revenus, l’étude de la fondation Tadamoune révèle que dans la communauté démunie, 100% des personnes actives ont été impactées économiquement par la pandémie.

Parmi eux, 66% ont perdu leur activité, 11% ont vécu une baisse d’activité impliquant une baisse de revenus et 7% ont été victimes de licenciements.

Il sied de noter qu’une personne sur trois, soit 32 % de la population ciblée, prévoit que la reprise de l’activité sera partielle voire nulle. Un chiffre que le HCP avait établi à 21 % au niveau national.

Pourtant, projetées dans l’avenir, ces personnes expriment leur besoin d’une intégration socio-économique. Ils sont 61% à préconiser une reprise rapide de l’activité, 21 % à vouloir développer un projet entrepreneurial, et 18% à chercher un poste salarial stable.

D’autre part, plus d’une personne sur 2 (57 %) cherche du financement pour développer son projet, alors que 45% des attentes sont de nature humaine (l’accompagnement, formation,…). In fine, 39 % des personnes défavorisées cherchent à bénéficier de la sécurité sociale.

Les ménages nécessiteux, doublement impactés par la pandémie

Il ressort de l’étude que 38% des ménages ont été impactés socialement par la pandémie, notamment au niveau psychologique. Ce dernier aspect a affecté pas moins de 81% de ces ménages.

En outre, la scolarité des enfants issus de familles défavorisés a été fortement impactée par le système des cours à distance. Que ce soit par manque d’outils dans 47% des cas ou par manque d’accès à internet pour 37% d’entre eux, 40% de ces enfants n’ont pas pu poursuivre leurs études totalement ou partiellement.

Les recommandations de la fondation

Partant des résultats de cette étude, la Fondation a émis une série de recommandations, visant à remédier aux inégalités et disparités sociales qui ont émergé durant la période de la crise épidémiologique.

Il s’agit pour commencer d’intensifier les actions de soutien aux populations démunies, de disposer d’un registre national qui permettra de cibler les personnes pauvres et vulnérables en leur apportant de l’aide d’urgence d’une manière équitable et juste sans discrimination spatiale et faire bénéficier les personnes nécessiteuses d’une couverture sociale leur permettant un accès aux services de base et préservant leur dignité.
 
En ce qui concerne l’intégration socio-économique, la Fondation préconise de vulgariser l’acte d’entreprendre, de renforcer les actions d’accompagnement (formations, partage d’expérience,…) destinées aux personnes démunies souhaitant se lancer dans l’entreprenariat et de développer un environnement favorable en facilitant notamment l’accès aux financements, et ce, dans le but d’encourager et de faciliter les initiatives citoyennes qui participent à l’atténuation des effets de la crise.
 
Finalement, la fondation relève l’impérativité d’assurer l’accès à internet et aux outils (tablette, ordinateur ou mobile) aux enfants des familles démunies, une population déjà en souffrance, pour la poursuite de l’apprentissage à distance permettant ainsi la réduction des inégalités entre les élèves.