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Youtubeur, un métier comme un autre


Rédigé par Soufiane CHAHID le Dimanche 18 Juin 2023



Youtubeur, un métier comme un autre
Ils seraient près de 7.000 à exercer cette activité au Maroc. Certains d’entre eux comptabilisent des centaines de milliers d’abonnés sur leur chaîne et dépassent parfois le million de vues par vidéo. Les plus célèbres brassent des milliers de dollars en revenus publicitaires. Ce sont les Youtubeurs, ces créateurs de contenus sur la célèbre plateforme d’hébergement de vidéos qui échappaient, jusqu’à récemment, aux radars du fisc.

Aux yeux des autorités marocaines, cette pratique était une sorte d’objet juridique non identifié, car l’activité en elle-même, ainsi que sa monétisation, n’avaient nul équivalent. Les revenus alloués par YouTube sont calculés selon des critères aussi variés qu’obscurs : zone géographique, nombre de vues, taille de la communauté, publicités…
 
Cela entre dans l’évolution normale de l’administration fiscale qui doit continuellement s’adapter aux changements, et ne veut absolument pas dire que Youtubeur est un métier moins valorisant qu’un autre. Bien au contraire. La liberté absolue dont ces individus ont joui ces dernières années a permis l’émergence d’un vrai microcosme de créateurs talentueux et originaux. Et cela est loin d’être l’affaire que des seuls jeunes : un policier retraité, une mère à la campagne, un ancien footballeur… cette profession est transclasse et transgénérationnelle, tout comme son public.
 
Un espace virtuel que les Marocains ont su exploiter avec audace et énergie, faisant d’eux-mêmes les champions du Maghreb dans cette catégorie. Ils ont su capter une audience de plus en plus importante, et donner de la visibilité à l’international au Web marocain. Taxer ces Youtubeurs veut aussi dire normaliser ce métier, en leur permettant d’accéder au statut d’auto-entrepreneur ou de métier libéral, pour pouvoir bénéficier de couverture médicale, de retraite…
 
Le fisc ne doit pas se limiter à taper financièrement sur ces personnes, mais doit s’approcher d’eux afin de comprendre leur métier, et prendre en compte le caractère discontinu, voire ponctuel, de leur activité et de leurs revenus, le droit à l’image, les investissements en matériel qu’ils doivent consentir.  Car, dans l’univers mondialisé et hyper-concurrentiel du Web, ces Youtubeurs sont à l’avant-garde d’un produit numérique made in Morocco. Un domaine où, pour une fois, on ne se contente pas d’être consommateurs, mais producteurs également.
 
 
Soufiane CHAHID



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