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Youssef Amrani : «L’Islam Malékite est un fondement structurant de notre diplomatie»


le Jeudi 5 Novembre 2020

Sortie médiatique de Youssef Amrani, Ambassadeur du Maroc en Afrique du Sud



Youssef Amrani : «L’Islam Malékite est un fondement structurant de notre diplomatie»
Son Excellence l’ambassadeur du Maroc à Prétoria, Youssef Amrani, vient d’accorder une interview au blog MGH Partners, dans laquelle il s’exprime sur la diplomatie africaine du Maroc, l’Islam Malékite, l’ouverture de consulats dans les provinces du Sud et de la coopération entre Etats africains. En voici les principaux axes.

Le Maroc fait valoir une crédibilité internationale
Interrogé sur la diplomatie africaine du Maroc, après plus de 15 ans d’intenses activités diplomatiques royales, Youssef Amrani déclare que  dans une démarche souveraine, réfléchie et toujours plus volontariste, le Maroc n’a eu de cesse d’ériger le Continent d’appartenance en priorité incontestée de son action diplomatique. Sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, c’est avant tout des engagements et des solidarités qui préfigurent de la politique africaine du Royaume. «  Pleinement conscient de l’urgence des enjeux d’aujourd’hui comme ceux de demain, le Maroc n’économise aucun effort pour participer à une synergie africaine qui pousse vers le progrès dans le cadre d’une coopération sud-sud voulue et façonnée par un panafricanisme à l’élan renouvelé  », a-t-il soutenu, précisant que le Royaume fait valoir aujourd’hui une crédibilité internationale qui lui est largement reconnue pour créer les cadres et les contextes d’une convergence coopérative mise en émulation par l’Afrique et pour l’Afrique. Et de soutenir que le point d’ancrage de cette approche est celui d’une Vison portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, érigeant la dimension humaine au cœur de toutes les préoccupations. 

L’architecture de l’action diplomatique du Maroc envers l’Afrique s’évertue de porter les valeurs d’un altruisme continental efficient, agissant et structurant, et ce à plus forte raison en cette période de crise sanitaire, souligne M. Amrani, mettant en exergue l’aide sanitaire conséquente et inédite dépêchée par Sa Majesté le Roi vers plus de 20 capitales africaines. «  Le Maroc avec modestie n’hésite jamais à partager l’expérience et l’expertise qui est la sienne avec ses pays frères et amis pour les accompagner utilement dans les efforts respectifs qu’ils mènent dans la souveraineté des visions, des ambitions et des identités propres à chacun d’entre eux  », a-t-il affirmé.

L’Islam malékite, fondement structurant
A propos de l’inspiration de la diplomatie du Royaume dans le continent de l’Islam malékite sunnite, en tant qu’un des piliers de la nation marocaine, le diplomate marocain a affirmé que l’approche religieuse du Maroc est un fondement structurant et un pilier fédérateur d’une diplomatie animée d’une démarche d’ouverture et de partage, précisant que la diplomatie religieuse conduite par SM le Roi, Commandeur des croyants, prône les valeurs d’un seul et même Islam, d’authenticité et de tolérance, et que «l’islam marocain, par ancrage soufi, est plébiscité en Afrique tant il est porteur d’un sens et d’un message d’unité, de compréhension et de paix».

«  Le modèle marocain est une référence en la matière et le Royaume entend en faire profiter humblement ses frères et sœurs africains au nom d’une interdépendance spirituelle qui unit non seulement les approches et les appréciations mais également et surtout les convictions de cœur et les engagements de responsabilités  », a-t-il préconisé, ajoutant que «la voie marocaine d’une spiritualité apaisée n’a eu de cesse de se dessiner dans l’amour et l’attachement à une foi partagée par des milliards de musulmans à travers le Monde, avec toujours cette même et indéfectible solidarité spirituelle». 

A propos de la dernière résolution onusienne 
«  Le Maroc a une expérience, une expertise, une vision et un volontarisme qui lui confèrent une attractivité certaine, d’autant plus que l’ouverture et le dialogue ont toujours été les constantes d’une diplomatie marocaine orientée sur l’autre, le frère, l’ami, le proche. Sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc a clairement démontré qu’il ne conçoit pas son avenir en dehors de celui de ses frères et sœurs africains, chose que nos partenaires nous rendent bien  », a déclaré Youssef Amrani, soutenant que la dynamique engagée au sein de l’enceinte onusienne pour parvenir à une solution politique au différend sur le Sahara marocain ne saurait souffrir outre mesure des postions réfractaires d’une minorité qui en s’isolant du consensus s’isole de la pertinence pour rester attachée à des concepts caducs qui sont autant de leurres qui n’aveuglent que ceux qui les prônent. D’autant plus que les messages qui président des évolutions internationales sur le dossier de la Question nationale, sont ceux du réalisme, du pragmatisme et du compromis, et que la dernière résolution 2448 du Conseil de Sécurité vient dans sa substance conforter le Maroc dans son approche en réaffirmant que la seule option qui vaille est celle d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable qui repose sur le compromis. 

«  Le Maroc fidèle à ses engagements et crédible dans ses démarches ne dévie pas d’une once du cadre et du référentiel onusien auquel il adhère et se conforme pleinement en dépit des agissements éperdument transgressifs de certaines parties prenantes au différend régional », a soutenu le diplomate.  

Aide marocaine et résistance à la crise sanitaire
Pour ce qui est de la coopération entre États africains et sa résistance à la crise sanitaire, M. Amrani a parlé de changement de paradigme, précisant que ce ne sont pas les défis qui ne sont pas suffisamment conséquents mais que c’est plutôt les enjeux qui ne sont pas suffisamment appréhendés à leur juste mesure. 

« Il y a certes une violence meurtrière indéniable dans le virus, mais il y a aussi une unité et une solidarité entre les Nations qui en découlent  », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il y a indéniablement une prise de conscience collective qui peut-être, sans le savoir, reconfigure les schémas « des interactions monde » sous le prisme d’une cohérence renouvelée, et que le Continent n’a pas vocation à être passif dans un monde où le système multilatéral a montré ses limites et la mondialisation ses imperfections. 

D’où, « en toute lucidité et responsabilité, nous devons effectuer un travail en interne, en profondeur et par nos propres moyens pour revoir des réalités qui sont aujourd’hui dépassées  », a conclu l’ambassadeur du Maroc en Afrique du Sud.

Repères

Restructuration du champ religieux 
«L’Islam n’est pas uniquement une croyance que nous avons en partage mais également une vision que nous avons en commun et un engagement transcendant que nous avons intrinsèquement en estime. La restructuration du champ religieux devient dès lors la barrière qui préserve la foi de toute récupération à des fins politiques ou idéologiques par des courants extrémistes potentiellement animés par la haine. L’authenticité de l’enseignement religieux constitue alors cette force qui oppose la connaissance véritable à l’ignorance d’une radicalité tendancieuse », a martelé M. Amrani.
Ouvertures de consulats au Sahara
S’agissant des ouvertures de nouveaux consulats africains dans les provinces du Sud et des coulisses du ballet diplomatique maroco-africain qui y a présidé, M. Amrani a déclaré que ces ouvertures relèvent d’une démarche souveraine exprimant dans son essence un soutien fort, explicite et sans équivoque à la marocanité du Sahara. A ce propos il a précisé que le Droit et la volonté du peuple ont toujours cramponné cette marocanité qui ne saurait être assujettie à un quelconque marchandage, notant que le Maroc jouit d’une crédibilité et d’une place privilégiée sur l’échiquier diplomatique du Continent et au-delà. 
Gouvernance en Afrique 
«Le seul choix qui vaille aujourd’hui pour l’Afrique est celui de la modernisation, de la bonne gouvernance, de l’Etat de Droit et de l’ouverture, et que le renforcement des instruments de l’Union Africaine est en toute conséquence un effort nécessaire. Cet effort devra se faire dans le sens des priorités et besoins aujourd’hui clairement définis : relancer les économies, lutter contre les inégalités et les disparités sociales, et promouvoir des croissances inclusives tout en bâtissant un avenir de prospérité, de paix et de sécurité pour le continent. L’équipe qui sera investie de la confiance africaine pour diriger les destinées de l’Institution devra nécessairement décliner en modes opératoires les ambitions ainsi que les aspirations d’une Afrique prospère et audacieuse », a souligné M. Amrani. 

  


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