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Violences faites aux femmes : Oxfam tire la sonnette d'alarme


Rédigé par Kawtar Chaat le Mercredi 8 Décembre 2021

Publiant une nouvelle étude sur « les violences contre les femmes à l’aune de la loi et du contexte pandémique », la branche marocaine de l'ONG Oxfam a tiré la sonnette d'alarme sur une forte hausse des violences faites aux femmes dans le pays.



Violences faites aux femmes : Oxfam tire la sonnette d'alarme
Oxfam au Maroc a présenté, le 6 décembre, l'une de ses dernières études menées en partenariat avec Economia et la chaire Fatima Marnissi, lors d'une table ronde autour des thèmes de l'étude « Les Violences contre les Femmes à l’aune de la loi et du contexte pandémique ».
 
Dans le cadre des activités organisées par Oxfam au Maroc pour la commémoration des 16 jours d’activisme, le séminaire est consacré à la discussion de l'étude évaluant la loi 103-13 relative aux violences basées sur le genre trois ans après sa promulgation en termes de réglementation, d'expériences et de représentations de la loi à la lumière du contexte Covid-19. Cette étude s'est appuyée sur l'expérience de divers acteurs concernés par cette loi, notamment la société civile, le corps des juges, l’ordre des avocats et les femmes victimes des différentes formes des violences, en particulier physiques, psychologiques et sexuelles.
 
L'étude a montré que la pandémie de COVID-19 et la période de confinement ont exacerbé la violence à l'égard des femmes et mis en évidence des lacunes dans la loi et les mécanismes mis en place pour protéger les femmes de la violence. Ce contexte a également permis de relancer le débat sur les failles du droit et les inégalités découlant des rôles que la société assigne aux femmes et aux hommes, notamment la répartition des tâches en fonction du genre, de la masculinité positive et de la charge mentale.
 
L'enquête a également montré que les personnes concernées sont principalement ignorantes de la loi et de son existence. Un constat renforcé par un sondage lancé sur Facebook. Ces résultats confirment les données de l'enquête de l'HCP de 2019 qui a conclu que plus de la moitié des femmes et des hommes ne connaissent pas la loi 103-13. Les raisons de cette méconnaissance résident d'abord dans l'absence de communication autour de la loi. « Les entretiens individuels avec les femmes survivantes ont démontré que leur point de chute était l’association, mais qu’elles y arrivaient par hasard, en cherchant l’information dans leur entourage proche, via le bouche-à-oreille, en écoutant un podcast dans la radio, ou durant le confinement en regardant la télé, des chaînes YouTube ou, pour quelques-unes d’entre elles, via les réseaux sociaux. Mais ces voies d’accès à l’information, à tâtons, ne font que confirmer leur ignorance des possibilités et des droits qu’offre la loi », a-t-on expliqué.
 
De plus, seulement 41 % des femmes sont au courant de l’opérationnalité de cellules d’accueil relevant des institutions publiques, notamment de la DGSN, la Gendarmerie Royale et du ministère de la Santé et restent mieux informées sur les services fournis par les organisations de la société civile.

Contre la violence envers les femmes : Des plans d'actions concerts et un engagement continu

Via cette étude, Oxfam Maroc affirme son engagement à continuer à réfléchir, débattre et mobiliser sur la question des violences faites aux femmes et aux filles. Les recommandations sont formulées à deux niveaux. Le premier concerne l'appel à une amélioration ou une réforme des politiques publiques relatives à la riposte à ce fléau et le second est celui des actions concrètes à adopter pour l'élimination de la violence à l'égard de la gent féminine.
 
L'organisation plaide ainsi, pour une réforme globale et à l'écoute des parties prenantes, en conjuguant deux impératifs : la possibilité de modifier et adapter la loi 103.13 aux différents contextes, et le devoir d'améliorer les performances institutionnelles.
 
L'association globale appelle également à une sensibilisation plus large et une formation ciblée pour soutenir la loi afin de réduire les résistances sociales qui entravent son application et son impact. Il faut « mettre en place une politique de sensibilisation multi-acteurs, qui touche les victimes réelles et potentielles, les territoires excentrés, les relais associatifs et les interfaces judiciaires, sanitaires et administratives », précise-t-on.








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