Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Actu Maroc

Transfert d’argent : Comment les ressortissants marocains en Russie s'adaptent ?


Rédigé par Anass Machloukh le Dimanche 6 Mars 2022

Confronté à une série de sanctions occidentales, le système bancaire russe n’a jamais été autant isolé du reste du monde qu’il l’est aujourd’hui. Après l’expulsion de la Russie du système Swift, les étudiants marocains craignent d’être privés des transferts d’argent. Contactés par nos soins, plusieurs personnes nous expliquent comment elles s’adaptent à cette situation. Détails.



Au moment où les sanctions occidentales empêchent le système bancaire russe d’accéder au système international  de télécommunication interbancaire (Swift),  la possibilité d’une suspension des transferts d’argent envers la Russie   inquiète beaucoup d'étudiants marocains dans ce pays, sachant que ces derniers dépendent des transferts pour financer leurs études. 

L'exclusion des banques russes du système Swift signifie que toute opération bancaire avec un établissement étranger devient impossible. Jusqu’à présent, la situation n’est pas aussi difficile qu’on peut le croire. Selon des témoignages recueillis par « L’Opinion », plusieurs étudiants nous assurent qu’ils peuvent toujours retirer de l’argent des guichets automatiques par le biais de cartes internationales de banques marocaines. 

En effet, les sanctions ne concernent pas l’ensemble des banques russes dont plusieurs sont toujours opérationnelles pour le transfert et le retrait d’argent. “On peut retirer confortablement de l’argent de Tinkoff Bank”, nous explique Issam, étudiant en deuxième année de médecine dans la ville de Krasnodar. Lors d’un appel vidéo, notre témoin nous a montré que le retrait fonctionne. 

“Il faut éviter quelques banques comme Sberbank et VTB qui ont été pénalisées”, poursuit notre interlocuteur, ajoutant que Tinkoff Bank n’est nullement concernée par la suspension des opérations bancaires de quelque type que ce soit. En effet, sept établissements bancaires russes ont été visés par les sanctions, dont VTB, la deuxième plus grande banque en Russie, tandis que d’autres ont été épargnées. C’est le cas de Sberbank et Gazprombank par lesquelles s'effectuent les paiements des factures d’achat de gaz et du pétrole russes. Les pays occidentaux n’ont pas coupé ces banques du Système Swift de peur d’être pénalisées dans leurs importations du gaz russe, dont ils dépendent beaucoup. 

Concernant les personnes qui n’ont pas de comptes bancaires et dépendent des transferts via les agences internationales telles Western Union ou Money gram, ou Cash Plus, des alternatives se présentent. Comme les transferts sont bloqués par ces agences, les gens peuvent se servir de DHL pour recevoir de l’argent, nous expliquent des témoins contactés par nos soins, dont un nous a expliqué que ceux qui n’ont pas de compte peuvent recevoir une carte marocaine via DHL pour tirer de l’argent directement en Russie. Il convient de noter que Western Union suspendra son activité en Russie dès le début du mois d’avril, selon l’Agence Reuters. 

Un autre problème vient compliquer les choses pour les Marocains. Il s’agit des leaders mondiaux des cartes bancaires Mastercard et Visa qui viennent de suspendre leurs opérations en Russie, ce qui veut dire que les cartes étrangères ne seront plus opérationnelles dans ce pays. Cependant, la date d’entrée en vigueur de cette mesure n’est pas encore connue et, entre-temps, les retraits sont permis. 

Les banques russes ont envisagé de passer vers un système de paiement alternatif. Il s’agit du système de paiement UnionPay qui a été accepté par le Maroc. Jusqu’à présent, la Banque centrale russe a rassuré les usagers que les cartes Visa et Mastercard émises par les banques russes resteront opérationnelles jusqu’à leur date d’expiration. La Banque centrale a également annoncé le passage vers le système de paiement NSPK, minimisant ainsi les effets des sanctions. 

Rappelons que la Russie a fait l’objet de sanctions sévères qui lui ont été infligées par les pays occidentaux suite au déclenchement de la guerre en Ukraine.