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Actu Maroc

Tourisme : le sort inconnu de la saison estivale


Rédigé par Anass Machloukh le Lundi 17 Mai 2021

A l’approche de l’été, le secteur du tourisme peine à se relever, malgré les mesures de sauvetage. À court d’une stratégie claire pour la saison estivale, le gouvernement a essuyé les critiques des députés qui lui reprochent son laxisme et son soutien peu audacieux aux professionnels du secteur touristiques.




À quelques semaines du début de la saison d’été, le doute plane toujours sur le sort du secteur touristique, pris en otage par l’état d’urgence sanitaire et la fermeture des frontières internationales. Même si les restrictions de déplacements ne sont plus appliquées aussi durement qu’auparavant, les flux touristiques internes sont loin de reprendre malgré les efforts du ministère du Tourisme ; Celui-ci mise sur le tourisme domestique pour sauver le secteur d’une faillite annoncée en cas d’une saison estivale décevante, sachant que le nombre des touristes étrangers a chuté de 78% selon les chiffres présentés par la ministre de la Solidarité et du Développement social Jamila Moussali, qui s’exprimait au nom de la ministre du Tourisme Nadia Fettah Alaoui, à la Chambre des représentants, lors de la séance des questions orales.

Dans ce contexte, le sort des opérateurs touristiques et des professionnels du secteur demeure incertain, nonobstant les efforts modestes du gouvernement pour indemniser les salariés des établissements touristiques. Artisans, hôteliers, transporteurs touristiques et restaurateurs, tous manquent de visibilité sur leur sort. Interrogé sur ce sujet, Jamila Moussali s’est contentée de lister les mesures déjà prises par l’Exécutif dans le cadre du contrat programme pour la relance du tourisme ayant apporté des indemnités forfaitaires aux employés du secteur, dont le nombre des bénéficiaires avoisine les 79.000 personnes.

Au moment où le département de Nadia Fettah Alaoui tente, en collaboration de l’Office national du Tourisme, de convaincre les Marocains de passer leurs vacances dans leur pays, la ministre a également annoncé quelques nouvelles mesures de soutien du tourisme interne telles que la réhabilitation des établissements hôteliers dans plusieurs régions et la mise en place des chèques vacances, dont l’exécution sera actée prochainement par décret. Des mesures qui s’imposent faute de visibilité sur l’ouverture des frontières internationales, sachant que le trafic aérien ne reprendra son niveau antérieur à la crise du covid-19 qu’en 2024, à en croire Jamila Moussali.

Ces efforts demeurent insuffisants aux yeux des députés, qui considèrent que le secteur touristique est trop informel pour supporter les ravages de la crise actuelle. Ce qu’a reconnu la ministre Moussali, promettant un vaste plan de régularisation des professionnels tels que les artisans et les guides touristiques dans le régime de sécurité sociale. Plusieurs députés, dont l’Istiqlalien Tarik Kadiri, ont dénoncé l’absence d’une stratégie claire du gouvernement pour accueillir les touristes étrangers tandis que les pays européens se préparent à réouvrir leurs frontières. Même la tenue de l’opération Marhaba est encore incertaine. Ils ont également souligné la persistance des restrictions de déplacement qui nuisent terriblement aux activités des catégories les plus fragiles des professionnels du tourisme. M. Kadiri a aussi critiqué la tendance du gouvernement à imposer les mesures restrictives de manière arbitraire.