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Culture

Témoignage : Kacimi conté par El Baz*


Rédigé par *Mohamed El Baz le Dimanche 9 Janvier 2022



Témoignage : Kacimi conté par El Baz*
Que dire de Mohamed Kacimi, si ce n’est qu’il a tout dit jusque la mort elle-même. Le mort dans la représentation. Le mort dans la vie. La vie avant tout. La mort avant. Conscient de partir, il fait cadavre avec la peinture. L’artiste est mort. L’incursion d’un monde commun où rien ne ressemble à notre histoire commune. L’expérience de Kacimi a un intérêt, elle est invérifiable, elle a passé le cap de la parole. Nous parlons d’un monde dans lequel il s’est perdu. Pour nous dire à quoi nous sert-il de vivre dans ce monde s’il ne nous renvoie rien. «Le monde ne me veut pas et moi j’aime le monde…» (Rouicha).

Peut-être que le monde selon Kacimi est en décomposition ? Evidemment, seule la peinture permet cela. Avant de revenir à la vie. Troublant de regarder les Artefacts, troublant de regarder les matières, troublant de voir les sujets… Nous sommes bien devant une table de dissection humaine. Nous sommes face à un compte à rebours. Kacimi est à l’oeuvre, nous en sommes la matière.

Comment dire le vertige ? Entre les séquences quasi sculpturales, entre les envolées qu’il réconcilie avec la vie et ses avantages, le corps, la beauté, les paysages. Cette idée géniale inhérente aux grands esprits, mon corps n’est pas, seul le vôtre vaut la peine d’être salué. La beauté de cet homme est salutaire. Elle indique un principe de réalité. Être beau dans ce monde, un principe de réalité. Cet homme est resté beau dans la tristesse absolue. Dans la déconstruction de ce monde autour de lui. Bouleversant, ce tant de conscience. J’aime l’idée d’ouvrir des portes, j’aime ses principes comme autant de chemins salutaires. Vers quoi nous sommes prêts ? Vers l’Autre et les différents territoires. Une sorte de Chaman moderne, il est le Lieu. Le lieu absolu du doute, il est le lieu… Quand une conception échappe à son créateur, il devient un Lieu, une conception d’un monde. Celui de Kacimi est un enjeu terrible. Le monde ne me veut pas et moi j’aime le monde…

L’artiste, un sujet

Le monde est incessible, le monde est monde et je n’y peux rien. Comment donner à voir ses vertiges ? La danse, les masques, les corps, l’Histoire. Est-ce que les tableaux sont capables de cela ? Est-ce que les tableaux sont capables de raconter cela ? Est-ce que les oeuvres sincères peuvent nous parler de cela ? L’artiste est un sujet, sa production est un sujet, les objets sont un sujet, la rencontre avec autrui est un sujet. En permanence, sommes-nous dans quelques définitions du monde, de notre esprit même ? Est-il une définition ? Oui. Je vous renvoie à Édouard Glissant, maltraité par certains pour falsifications intellectuelles, à Stéphane Mallarmé maltraité de la même manière pour ses incohésions, à Abdelkrim Khattabi pour ses fulgurances… Nous sommes un territoire et on n’y peut rien.


*Mohamed El Baz, artiste plasticien



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