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Monde

Syrie : Biden entre en guerre


le Dimanche 28 Février 2021

Les USA ont bombardé des positions syriennes. Une première opération militaire du mandat Biden, pour rappeler la présence US dans la région.



Syrie : Biden entre en guerre
Il n’aura fallu qu’un mois pour que l’Administration Biden décide de frapper la Syrie. Dans la nuit du 25 au 26 février, les États-Unis ont bombardé des infrastructures à la frontière syro-irakienne appartenant à ce que le Pentagone a présenté comme une milice soutenue par l’Iran. Washington Post rapporte, en se référant à une source au sein de l’administration américaine, qu’il pourrait y avoir des morts. Il s’agit de la première opération militaire du nouveau Président américain.

John Kirby, porte-parole du ministère de la Défense américain, a qualifié ces frappes de «défensives», avant de préciser qu’elles avaient «été autorisées en réponse aux attaques récentes contre le personnel américain et de la Coalition en Irak, et à des menaces toujours en cours contre ce personnel.» Il fait ici référence aux tirs de roquettes des milices des Hachd el Chaabi contre ses bases militaires étrangères en Irak à Erbil, à Balad ou proche de l’ambassade américaine à Bagdad.

L’attaque a été perçue en Syrie comme une «lâche agression américaine ciblée».

« Cette attaque est contraire au droit international et à la Charte des Nations unies. La Syrie avertit que cette démarche entraînera des conséquences qui, à leur tour, provoqueront une escalade des tensions dans la région», a déclaré le ministère syrien des Affaires étrangères.

Le lieu des bombardements est loin d’être anodin. «L’armée américaine a coopéré avec le gouvernement irakien pour savoir où frapper», précise le directeur de recherche. Bombarder la frontière irako-syrienne, selon lui, est un message éloquent adressé aux Iraniens: malgré leur désengagement progressif de la région, les États-Unis ne laisseront pas les Iraniens s’implanter durablement en Syrie.

Le bombardement est stratégique, et a visé le corridor terrestre iranien qui doit relier l’Iran à la Méditerranée en passant par l’Irak et la Syrie. Un corridor par lequel transiter tout le matériel militaire iranien à destination de la Syrie ou du Hezbollah.

Une présence US « illégitime »

Moscou a condamné fermement les frappes aériennes américaines effectuées dans la nuit de jeudi à vendredi dans l’est de la Syrie, a déclaré vendredi le ministère russe des Affaires étrangères.

«Nous condamnons fermement de telles actions», a dit la porteparole du ministère, Maria Zakharova. «Nous appelons au respect inconditionnel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie».

La Russie intervient militairement aux côtés du régime de Bachar al Assad depuis 2015. Le Kremlin a dit surveiller étroitement la situation, ajoutant ignorer si les Etats-Unis avaient averti la Russie avant de mener leurs frappes, ces contacts opérationnels s’effectuant sur le terrain entre militaires.

Pour sa part, le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov, dénonce la présence américaine en Syrie, la qualifiant d’«illégitime» et appelle au « respect inconditionnel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie ».