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Monde

Soudan : Pompeo n’obtient pas la normalisation Khartoum-Tel-Aviv


le Mercredi 26 Août 2020

Pompeo a quitté Khartoum pour Manama sans obtenir la normalisation du Soudan avec Israël. Hamdok lui a signifié que ce n’est pas du ressort de la transition.



Soudan : Pompeo n’obtient pas la normalisation Khartoum-Tel-Aviv
Le Soudan a douché mardi les espoirs des Israéliens et des Américains d’une reconnaissance rapide d’Israël, en écartant une éventuelle normalisation avec l’Etat hébreu avant la fin de la transition politique en 2022, lors d’une visite à Khartoum du secrétaire d’Etat Mike Pompeo.

Au Soudan, où Pompeo est arrivé à bord du «premier vol officiel direct Tel-Aviv-Khartoum», le Premier ministre Abdallah Hamdok, qui dirige un gouvernement de transition, lui a expliqué qu’une éventuelle normalisation n’était pas de son ressort.

«La phase de transition est dirigée par une large coalition avec un agenda spécifique visant à achever le processus de transition (...) jusqu’aux élections libres (en 2022). Le gouvernement de transition n’a pas de mandat au-delà de ces tâches pour décider de la normalisation avec Israël», a-t-il dit selon un communiqué.

Hamdok a aussi tenu à souligner devant Pompeo «la nécessité de dissocier la sortie du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme de la question de la normalisation avec Israël».

Pression de la coalition civile

La coalition des partis et de la société civile, qui a dirigé la contestation ayant renversé l’autocrate Omar al-Béchir en 2019, a affirmé mardi que le gouvernement n’avait pas de mandat pour normaliser les relations entre le Soudan et Israël. «Le gouvernement actuel est un gouvernement de transition qui gouverne en vertu d’un document constitutionnel n’ayant pas de mandat» sur la question de la normalisation des relations avec Israël, affirme le communiqué des Forces de la Liberté et du changement (FLC), soulignant «le droit des Palestiniens à leur terre et à une vie libre et digne».

Un responsable du département d’Etat américain a indiqué que «personne ne doit s’attendre à un accord de paix du jour au lendemain», se disant «très satisfait» des discussions avec les dirigeants soudanais. Il a néanmoins ajouté qu’»il va de soi qu’une normalisation avec Israël débloquerait d’immenses opportunités économiques et (créerait) des emplois au peuple du Soudan».

Le Soudan et Israël n’ont jamais entretenu de relations diplomatiques. Ils sont même techniquement en guerre et les Etats-Unis lui ont imposé des sanctions et l’ont placé sur leur liste des pays soutenant le terrorisme dans les années 1990.

Depuis le départ de M. Béchir sous la pression de la rue en 2019, les nouvelles autorités de transition en place cherchent à retirer le Soudan de la liste noire américaine pour relancer leur économie en crise, les sanctions américaines bloquant tout investissement au Soudan. L’inflation atteint 143% en glissement annuel et la monnaie ne cesse de se déprécier face au dollar, sans oublier les répercussions de la pandémie de nouveau coronavirus.