Dans ce contexte de profondes transformations, le Maroc entre dans une phase charnière de son parcours énergétique en lançant une réforme globale du système de tarification de l’électricité, dont la mise en œuvre progressive est prévue à l’horizon de la fin de l’année 2027.
Cette réforme ne se limite pas à un simple ajustement technique des prix. Elle constitue une transformation structurelle majeure de la gouvernance du secteur électrique, visant à aligner les tarifs sur les coûts réels du système énergétique, à en assurer la viabilité financière, à renforcer l’équité sociale, tout en créant un environnement réglementaire attractif pour l’investissement et propice à la transition vers une économie bas carbone.
Ce chantier stratégique est conduit sous l’égide de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE), dans un contexte marqué par l’engagement du Maroc en faveur des normes internationales de bonne gouvernance et de durabilité énergétique, au moment même où les économies émergentes et développées s’emploient à moderniser leurs systèmes électriques pour faire face aux défis de demain.
Si le discours officiel place l’équité sociale et la protection du pouvoir d’achat au cœur de cette réforme, ses implications vont bien au-delà. Elle soulève des questions fondamentales relatives à la répartition des coûts de la transition énergétique et se heurte à deux défis stratégiques indissociables : Au centre de cette transformation se pose une question cruciale, largement débattue dans les milieux économiques et médiatiques, notamment à la fin de l’année 2025 : qui supportera le coût de l’énergie propre ? Le citoyen, l’entreprise ou l’État ?
1. Une tarification plus équitable et socialement responsable
La réforme envisagée repose sur le principe de justice sociale, l’électricité étant un facteur déterminant de la dignité de vie, de la stabilité des ménages et du dynamisme de l’économie nationale. À cet égard, les autorités s’orientent vers un système de tarification progressive et intelligente, tenant compte des niveaux de consommation et des capacités financières différenciées.
Ce système vise notamment à : L’ANRE a d’ores et déjà engagé la mise en œuvre concrète de cette orientation en instaurant, pour la première fois, un tarif unifié d’utilisation des réseaux de distribution moyenne tension (TURD), fixé à 5,92 centimes par kilowattheure pour la période 2025–2027, avec la possibilité d’ajustements ultérieurs en fonction de l’évolution de l’inflation et de la conjoncture économique.
Les analyses économiques et médiatiques soulignent que cette mesure marque le début d’une redistribution des charges entre l’État, les consommateurs et les investisseurs, dans un système qui reposait jusque-là largement sur le budget général, sans intégration explicite des coûts réels dans les prix finaux.
Cette approche s’articule autour de trois piliers fondamentaux :
2. Protection du pouvoir d’achat et renforcement de la compétitivité économique
La préservation du pouvoir d’achat des ménages constitue l’un des piliers majeurs de la réforme, notamment dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et la volatilité des prix internationaux de l’énergie. Le nouveau modèle mise ainsi sur la progressivité des ajustements tarifaires et sur la clarté des règles qui les encadrent, afin de permettre aux consommateurs d’anticiper et de planifier leurs dépenses énergétiques dans un cadre prévisible et transparent.
Cette orientation s’inscrit dans la vision de l’ANRE visant à passer d’une tarification administrative classique à une tarification fondée sur les coûts réels et la transparence. Elle s’est traduite concrètement par l’annonce préalable et explicite des tarifs d’utilisation des réseaux, renforçant ainsi la confiance des acteurs économiques et réduisant l’incertitude réglementaire.
Par ailleurs, ce système est appelé à devenir un levier de compétitivité pour les entreprises, en favorisant :
Impact estimatif de la réforme selon les catégories
Le tableau ci-dessous met en évidence les différences attendues entre la situation actuelle et l’après-réforme, selon les catégories sociales et économiques :
Commentaire analytique :
Ce tableau montre que la réforme ne vise pas tant une hausse généralisée des prix qu’une correction progressive des déséquilibres existants, un ciblage plus juste des soutiens publics et l’utilisation du signal-prix comme levier de changement des comportements énergétiques et d’amélioration de l’efficacité économique.
3. La réforme comme levier stratégique de la transition énergétique
La réforme de la tarification de l’électricité dépasse sa seule dimension socio-économique pour devenir un instrument stratégique majeur d’accélération de la transition énergétique nationale. L’adoption de signaux tarifaires reflétant le coût réel de l’énergie constitue une condition essentielle au développement des énergies renouvelables, à la facilitation de leur intégration dans le réseau et à l’encouragement de l’innovation technologique.
Dans cette perspective, la mise en place d’un Tarif d’Utilisation des Réseaux de Distribution (TURD) unifié représente une première étape vers la simplification de la structure tarifaire et l’amélioration de la prévisibilité réglementaire, facteur déterminant pour attirer des investissements durables dans les projets solaires, éoliens et de stockage.
Cette réforme s’inscrit également dans la continuité des préparatifs en cours pour l’instauration de la taxe carbone prévue à l’horizon 2026, renforçant ainsi la cohérence entre les politiques énergétiques et climatiques et accélérant la transition vers un modèle économique moins intensif en carbone.
Ainsi, le Maroc amorce progressivement le passage d’un modèle fondé sur la subvention et la régulation administrative à un modèle où le prix devient un outil de pilotage intelligent des comportements de consommation, de stimulation de l’innovation et de renforcement de la durabilité. Cette évolution requiert toutefois une coordination étroite, continue et cohérente entre le gouvernement, l’autorité de régulation et les acteurs économiques.
Comparaison entre la situation actuelle et l’horizon 2030 selon les scénarios de transition énergétique
Commentaire analytique
Cette comparaison met en évidence que la réforme de la tarification de l’électricité constitue un véritable point de bascule stratégique : soit elle devient un levier pour bâtir une économie verte, compétitive et durable, soit son retard contribue à l’aggravation des déséquilibres financiers et environnementaux.
4. L’accompagnement de la réforme : une condition de réussite
Aucune réforme énergétique ne peut atteindre ses objectifs sans un accompagnement social et communicationnel efficace. Cela implique notamment :
5. Vers un nouveau contrat énergétique national
Au fond, la réforme de la tarification de l’électricité jette les bases d’un nouveau contrat énergétique national reposant sur trois piliers interdépendants :
Cette réforme ne se limite pas à un simple ajustement technique des prix. Elle constitue une transformation structurelle majeure de la gouvernance du secteur électrique, visant à aligner les tarifs sur les coûts réels du système énergétique, à en assurer la viabilité financière, à renforcer l’équité sociale, tout en créant un environnement réglementaire attractif pour l’investissement et propice à la transition vers une économie bas carbone.
Ce chantier stratégique est conduit sous l’égide de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE), dans un contexte marqué par l’engagement du Maroc en faveur des normes internationales de bonne gouvernance et de durabilité énergétique, au moment même où les économies émergentes et développées s’emploient à moderniser leurs systèmes électriques pour faire face aux défis de demain.
Si le discours officiel place l’équité sociale et la protection du pouvoir d’achat au cœur de cette réforme, ses implications vont bien au-delà. Elle soulève des questions fondamentales relatives à la répartition des coûts de la transition énergétique et se heurte à deux défis stratégiques indissociables :
- garantir un accès équitable, stable et continu à l’électricité en tant que service public essentiel ;
- stimuler l’investissement dans les énergies propres et les solutions innovantes permettant de réduire l’empreinte carbone.
1. Une tarification plus équitable et socialement responsable
La réforme envisagée repose sur le principe de justice sociale, l’électricité étant un facteur déterminant de la dignité de vie, de la stabilité des ménages et du dynamisme de l’économie nationale. À cet égard, les autorités s’orientent vers un système de tarification progressive et intelligente, tenant compte des niveaux de consommation et des capacités financières différenciées.
Ce système vise notamment à :
- alléger la charge pesant sur les ménages à faibles revenus en protégeant les premiers paliers de consommation ;
- faire supporter aux gros consommateurs, en particulier industriels, une part plus importante du coût réel de l’énergie ;
- consacrer le principe du « paiement équitable en fonction de la consommation », en substitution aux mécanismes de subventions généralisées et peu ciblées.
Les analyses économiques et médiatiques soulignent que cette mesure marque le début d’une redistribution des charges entre l’État, les consommateurs et les investisseurs, dans un système qui reposait jusque-là largement sur le budget général, sans intégration explicite des coûts réels dans les prix finaux.
Cette approche s’articule autour de trois piliers fondamentaux :
- la protection des populations vulnérables à travers des tarifs sociaux ciblés ;
- l’incitation des industries à améliorer leur efficacité énergétique et à se tourner vers les énergies propres ;
- la mise en place de mécanismes nationaux de solidarité permettant aux acteurs les plus solvables de contribuer au financement de la transition énergétique.
2. Protection du pouvoir d’achat et renforcement de la compétitivité économique
La préservation du pouvoir d’achat des ménages constitue l’un des piliers majeurs de la réforme, notamment dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et la volatilité des prix internationaux de l’énergie. Le nouveau modèle mise ainsi sur la progressivité des ajustements tarifaires et sur la clarté des règles qui les encadrent, afin de permettre aux consommateurs d’anticiper et de planifier leurs dépenses énergétiques dans un cadre prévisible et transparent.
Cette orientation s’inscrit dans la vision de l’ANRE visant à passer d’une tarification administrative classique à une tarification fondée sur les coûts réels et la transparence. Elle s’est traduite concrètement par l’annonce préalable et explicite des tarifs d’utilisation des réseaux, renforçant ainsi la confiance des acteurs économiques et réduisant l’incertitude réglementaire.
Par ailleurs, ce système est appelé à devenir un levier de compétitivité pour les entreprises, en favorisant :
- une meilleure gestion des charges énergétiques ;
- l’investissement dans l’autoproduction d’énergie renouvelable ;
- la réduction de la consommation durant les périodes de pointe ;
- l’adoption de solutions d’efficacité énergétique et de stockage.
Impact estimatif de la réforme selon les catégories
Le tableau ci-dessous met en évidence les différences attendues entre la situation actuelle et l’après-réforme, selon les catégories sociales et économiques :
| Catégorie | Situation actuelle | Effets attendus après réforme (2027–2030) | Impact socio-économique |
|---|---|---|---|
| Ménages à faibles revenus | Subventions peu ciblées, inégalités d’accès | Tarifs sociaux ou protection des faibles consommations | Protection du pouvoir d’achat et réduction de la précarité énergétique |
| Ménages à revenus intermédiaires | Prix quasi uniformes ne reflétant pas la consommation réelle | Tarification progressive incitant à la sobriété | Meilleure maîtrise de la facture et conscience énergétique accrue |
| PME | Faibles incitations à l’efficacité énergétique | Signaux tarifaires clairs et incitations à réduire les pointes | Amélioration de la compétitivité à moyen terme |
| Grandes industries | Tarifs partiellement subventionnés ou déconnectés des coûts | Contribution accrue au coût réel des réseaux | Accélération de la transition vers les énergies renouvelables |
| État | Charge budgétaire élevée liée aux subventions | Allègement de la pression sur les finances publiques | Réorientation des ressources vers l’investissement social |
| Investisseurs ENR | Cadre réglementaire incomplet | Prix transparents et prévisibles | Attractivité accrue et accélération des projets verts |
Commentaire analytique :
Ce tableau montre que la réforme ne vise pas tant une hausse généralisée des prix qu’une correction progressive des déséquilibres existants, un ciblage plus juste des soutiens publics et l’utilisation du signal-prix comme levier de changement des comportements énergétiques et d’amélioration de l’efficacité économique.
3. La réforme comme levier stratégique de la transition énergétique
La réforme de la tarification de l’électricité dépasse sa seule dimension socio-économique pour devenir un instrument stratégique majeur d’accélération de la transition énergétique nationale. L’adoption de signaux tarifaires reflétant le coût réel de l’énergie constitue une condition essentielle au développement des énergies renouvelables, à la facilitation de leur intégration dans le réseau et à l’encouragement de l’innovation technologique.
Dans cette perspective, la mise en place d’un Tarif d’Utilisation des Réseaux de Distribution (TURD) unifié représente une première étape vers la simplification de la structure tarifaire et l’amélioration de la prévisibilité réglementaire, facteur déterminant pour attirer des investissements durables dans les projets solaires, éoliens et de stockage.
Cette réforme s’inscrit également dans la continuité des préparatifs en cours pour l’instauration de la taxe carbone prévue à l’horizon 2026, renforçant ainsi la cohérence entre les politiques énergétiques et climatiques et accélérant la transition vers un modèle économique moins intensif en carbone.
Ainsi, le Maroc amorce progressivement le passage d’un modèle fondé sur la subvention et la régulation administrative à un modèle où le prix devient un outil de pilotage intelligent des comportements de consommation, de stimulation de l’innovation et de renforcement de la durabilité. Cette évolution requiert toutefois une coordination étroite, continue et cohérente entre le gouvernement, l’autorité de régulation et les acteurs économiques.
Comparaison entre la situation actuelle et l’horizon 2030 selon les scénarios de transition énergétique
| Indicateur | Situation actuelle (2024–2025) | Horizon 2030 – Scénario de réforme réussie | Horizon 2030 – Scénario de retard de la réforme |
|---|---|---|---|
| Structure de la tarification | Partiellement administrative et pas totalement indexée sur les coûts | Tarification fondée sur les coûts réels et la transparence | Persistance de l’opacité et des distorsions tarifaires |
| Part des énergies renouvelables | Croissance progressive mais limitée par le cadre réglementaire | Forte expansion grâce à des signaux tarifaires incitatifs | Croissance lente et faible confiance des investisseurs |
| Pouvoir d’achat | Pression croissante sur les ménages | Protection ciblée des populations vulnérables | Risque de hausse incontrôlée des prix |
| Compétitivité de l’économie | Coûts énergétiques instables pour l’industrie | Industrie plus efficiente et moins carbonée | Perte de compétitivité sur les marchés internationaux |
| Émissions de carbone | Réduction limitée | Baisse significative conforme aux engagements climatiques | Difficulté à atteindre les objectifs de neutralité carbone |
| Soutenabilité financière du secteur | Forte dépendance à l’intervention de l’État | Équilibre financier et autonomie accrue du secteur | Pression persistante sur les finances publiques |
Commentaire analytique
Cette comparaison met en évidence que la réforme de la tarification de l’électricité constitue un véritable point de bascule stratégique : soit elle devient un levier pour bâtir une économie verte, compétitive et durable, soit son retard contribue à l’aggravation des déséquilibres financiers et environnementaux.
4. L’accompagnement de la réforme : une condition de réussite
Aucune réforme énergétique ne peut atteindre ses objectifs sans un accompagnement social et communicationnel efficace. Cela implique notamment :
- le lancement de programmes de sensibilisation expliquant les objectifs et les impacts concrets de la réforme ;
- l’aide aux citoyens pour comprendre leurs nouvelles factures et adopter des pratiques de sobriété ;
- des formations dédiées aux entreprises en matière de management énergétique ;
- le développement de plateformes numériques interactives et d’outils de simulation de la consommation.
- la mise en place de mécanismes indépendants d’évaluation et de révision périodique des tarifs.
5. Vers un nouveau contrat énergétique national
Au fond, la réforme de la tarification de l’électricité jette les bases d’un nouveau contrat énergétique national reposant sur trois piliers interdépendants :
- des réseaux modernes et flexibles garantissant la sécurité d’approvisionnement et la qualité du service ;
- une économie énergétique innovante fondée sur les énergies renouvelables et les technologies propres ;
- une justice sociale protégeant le pouvoir d’achat et assurant l’inclusion.
Conclusion : une réforme structurelle pour un avenir énergétique durable
La réforme de la tarification de l’électricité constitue une étape décisive dans la modernisation du système énergétique national. En conjuguant transparence, équité et efficacité économique, elle corrige progressivement les déséquilibres structurels, améliore le ciblage des soutiens publics, encourage des comportements énergétiques responsables et stimule l’investissement dans les énergies propres, tout en protégeant le pouvoir d’achat des citoyens.
Elle apporte également une réponse claire à la question du coût de l’énergie propre : celui-ci ne sera supporté ni par le citoyen seul, ni exclusivement par l’entreprise, ni uniquement par l’État, mais reposera sur un partage équilibré des charges, fondé sur la justice sociale, la responsabilité économique et la soutenabilité budgétaire. Les ménages vulnérables sont ainsi protégés, les grands consommateurs contribuent à hauteur de leur usage réel, et l’État se repositionne comme régulateur et garant de l’équité.
L’énergie cesse dès lors d’être un simple fardeau budgétaire pour devenir un investissement collectif et un levier stratégique du développement durable, au cœur d’un projet national associant le citoyen, l’entreprise et l’État, au service d’un avenir énergétique plus juste, plus compétitif et plus durable.
Elle apporte également une réponse claire à la question du coût de l’énergie propre : celui-ci ne sera supporté ni par le citoyen seul, ni exclusivement par l’entreprise, ni uniquement par l’État, mais reposera sur un partage équilibré des charges, fondé sur la justice sociale, la responsabilité économique et la soutenabilité budgétaire. Les ménages vulnérables sont ainsi protégés, les grands consommateurs contribuent à hauteur de leur usage réel, et l’État se repositionne comme régulateur et garant de l’équité.
L’énergie cesse dès lors d’être un simple fardeau budgétaire pour devenir un investissement collectif et un levier stratégique du développement durable, au cœur d’un projet national associant le citoyen, l’entreprise et l’État, au service d’un avenir énergétique plus juste, plus compétitif et plus durable.





















