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Actu Maroc

Refinancement des banques : Pressant besoin en liquidité


Rédigé par N. BATIJE le Mardi 21 Juillet 2020

La conjoncture actuelle de l’activité bancaire se caractérise par une accentuation du besoin en liquidité impactée, entre autres, par une tendance haussière de la circulation fiduciaire et une baisse des dépôts.



Refinancement des banques : Pressant besoin en liquidité
L’année 2020 serait une année difficile et l’économie nationale aurait à composer avec un certain nombre de contraintes dont une baisse importante des flux nets financiers, notamment les recettes touristiques, des exportations, des transferts des MRE, et des flux nets des investissements directs étrangers.

Cette baisse se traduirait par un net repli des stocks en devises et maintiendrait la pression sur le marché monétaire dont les besoins en liquidité sont en nette progression.

Cette progression ne date pas d’aujourd’hui et dure depuis un certain temps déjà.

Et c’est d’ailleurs ce qui avait poussé les autorités monétaires, en cette période de vaches maigres, à opter pour des mesures d’assouplissement dans la double perspective de juguler la sous-liquidité et soutenir la relance via le financement de l’économie.

Cet assouplissement consistait essentiellement à procéder à des réductions successives du taux directeur de 50 points de base, le ramenant le 16 juin 2020 à 1,5%, après la baisse de 25 points de base de 2,25% à 2% en mars de la même année. Et ce, parallèlement à la libéralisation intégrale du compte de réserve monétaire, ramenant son taux de 2% à 0%, libérant 10 milliards de dirhams de liquidités qui, normalement, serviraient à améliorer les conditions de refinancement des banques et les ressources monétaires dont elles disposent.

Tendance haussière de la monnaie fiduciaire

Force est de constater qu’au terme du mois de juin, le besoin en liquidité des banques demeure accentué et la circulation fiduciaire maintient sa tendance haussière.

A en juger par des chiffres de la Banque Centrale, ce besoin est porté, en moyenne hebdomadaire, à 100,4 milliards de dirhams contre 96,5 milliards un mois auparavant, reflétant une tendance haussière de la monnaie fiduciaire. Et c’est d’ailleurs ce qui a fait que les interventions de Bank Al-Maghrib ont porté sur un encours global situé à hauteur de 105,4 milliards, incluant principalement 38,1 milliards à travers les avances à 7 jours, 40 milliards sous forme d’opérations de pension livrée, 25,4 milliards dans le cadre du programme de soutien au financement de la TPME et 2,9 milliards de dirhams au titre d’opération de swap de change.

Pour simple rappel, les dépôts à terme des ménages et des entreprises privées, poursuivant leur tendance baissière, avaient enregistré au mois de mai un repli de 8,1%, plus accentué que celui de 7,6% en avril et les créances en souffrance, ramenées au crédit bancaire, affichaient un ratio situé à 8%.

N. BATIJE

 

Repères

Tendance baissière des taux
En juin 2020, le taux interbancaire est revenu à une moyenne de 1,80%. La Banque Centrale attribue ce résultat à l’effet assouplissement induit par la décision de ramener le taux directeur de 2% à 1,50% prise par le Conseil de la Banque lors de sa réunion du 16 juin.La même tendance est observée au niveau des autres marchés dont les taux des bons du Trésor qui se sont orientés à la baisse aussi bien sur le compartiment primaire que secondaire. Pour les taux de rémunération des dépôts à terme, ils ont, eux aussi, diminué en mai de la même année de 2 points de base à 2,62% pour ceux à 6 mois et ont augmenté de 4 points à 3,03% pour ceux à un an.
Aperçu sur les taux débiteurs
Traitant des taux débiteurs, Bank Al-Maghrib précise dans sa toute dernière note de conjoncture que les résultats de son enquête auprès des banques relatifs au premier trimestre 2020 font ressortir un repli du taux moyen global de 4 points de base à 4,87%. Par secteur institutionnel, les taux assortissant les prêts aux entreprises privées ont marqué une baisse de 7 points, recouvrant une diminution de 5 points pour les grandes entreprises et une hausse de 15 points pour les TPME. Et ce, au moment où les taux appliqués aux particuliers ont augmenté de 9 points de base, avec un recul de 9 points pour les prêts à l’habitat et un accroissement de 9 points pour les crédits à la consommation.